Décédé à l’hôpital : le petit Alexander a reçu la mauvaise injection

Alain Dintu et Sanah Crouche Il avait fallu plusieurs années de traitement et d’attente pour que le couple Alain Dintu et Sanah Crouche aient un enfant.

Le verdict du Fact-Finding Committee est tombé : il y a eu négligence médicale dans le décès du petit Alexander. Le bébé de six jours est mort le 26 février 2018 après avoir reçu une injection de Benzathine Penicillin au lieu de Benzyl Penicillin. Le comité recommande que l’affaire soit confiée à la police.

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La Midwife s’est trompée de médicament. Au lieu d’administrer de la Benzyl Penicillin au petit Alexander, elle lui a donné de la Benzathine Penicillin. C’est ce qu’indique le rapport du Fact-Finding Committee (FFC) chargé de faire la lumière sur le décès du nourrisson.

L’enquête a établi qu’il y a bel et bien un « prima facie evidence » de négligence, précisant que c’est ce qui a conduit à la mort de l’enfant d’Alain Dintu et Sanah Crouche et à la mise en péril de la vie du nourrisson du couple Lallbahadour. Le FFC conclut que l’affaire doit être confiée à la police à des fins d’enquête.

Les parents ont rencontré le ministre Anwar Husnoo.

Convié au ministère de la Santé le vendredi 27 avril 2018, Alain Dintu et Sanah Crouche ont été « soulagés » d’apprendre qu’ils ne sont pas responsables de la mort de leur enfant et que la faute revient à l’auteur de l’injection. C’est aussi un sentiment mitigé qu’éprouvent les parents à l’issue de leur rencontre avec le ministre Anwar Husnoo.

« C’est un soulagement mêlé à la tristesse d’avoir perdu notre enfant à cause d’une erreur humaine », disent-ils. Sous le coup de l’émotion après l’annonce du verdict du FFC, ils envisagent de solliciter un avocat pour savoir s’ils engageront des poursuites contre le ministère de la Santé. Pour Sanah Crouche, « quoi que nous fassions, cela ne nous rendra pas notre enfant. Il était en bonne santé, maintenant il n’est plus là ».

Le petit Alexander devait faire la joie du couple. Après plusieurs années de traitement médical, Sanah Crouche est tombée enceinte alors qu’elle s’y attendait le moins. Lasse des protocoles médicamenteux, elle s’est réfugiée dans la prière. C’est une joie incommensurable que le couple et la famille ont éprouvée à la naissance du bébé le 21 février.

Mais atteint d’une infection, le nourrisson devait recevoir des injections d’antibiotiques. Si tout s’est bien passé au début, l’injection reçue le 26 février lui a été fatale. Au lieu du Benzyl Penicillin, la Midwife de service lui a administré de la Benzathine Penicillin.

En dépit de sa douleur, Alain Dintu est satisfait que la lumière soit faite sur la mort de son enfant. « J’espère qu’un tel incident ne se reproduira pas. Il y a trop d’erreurs médicales dans les hôpitaux », a-t-il martelé à l’issue de sa rencontre avec le ministre Husnoo. « J’ai attendu neuf ans pour enfin pouvoir avoir un enfant », ajoute Sanah Crouche. « Mo ti krwar mwa ki perdi lavi kan ti fer sezaryenn. Se finalman mo zanfan kinn mor akoz enn erer », dit-elle avec tristesse.

Les associations d’infirmiers veulent une enquête approfondie

Une enquête plus approfondie doit être menée pour déterminer dans quelles circonstances la Midwife s’est trompée de médicament. Tel est le souhait de Nasser Essa, président de la Nurses Union et Pradeep Taucoor, porte-parole de la Senior and Other Nursing Staff Association. Bien qu’ils déplorent cet incident et compatissent avec les parents, ils réclament une enquête sur les conditions dans lesquelles a travaillé le personnel ce jour-là. Pradeep Taucoor envisage même de contester le rapport. Il espère en obtenir une copie. Le Défi Plus a tenté d’avoir un commentaire de l’Union des sages-femmes, mais en vain.

Un comité pour améliorer le système

Un comité a été institué par le ministère de la Santé afin de passer en revue les recommandations du Fact-Finding Committee présidé par Me Carol Green Jokhoo. Le comité se penchera sur le système en place à l’hôpital pour comprendre dans quelles circonstances un tel incident s’est produit, comment le bébé a reçu une injection inappropriée et des précautions à prendre pour éviter ce type d’erreurs. « Nous devons revoir notre système pour qu’un tel incident ne se reproduise pas. Nous devons en tirer des leçons », indique le ministre Anwar Husnoo. Le comité a démarré son travail. Il comprend le Director of Medical Services, le Director of Nursing et le Principal Pharmacist. Le ministre espère avoir les conclusions du comité d’ici le lundi 30 avril.

 

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