Décédé en Inde dimanche - Ras Natty Baby : une distinction officielle était prévue en mai
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Le Défi Quotidien
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Saluant la mémoire d’une « voix sincère et engagée », le ministre Mahendra Gondeea révèle qu’une cérémonie officielle devait honorer l’artiste le mois prochain. Navin Ramgoolam a également rendu hommage à sa résilience.
Le monde de la musique locale est en deuil après la disparition de l’icône du seggae, Ras Natty Baby, de son vrai nom Joseph Nicolas Emilien, le dimanche 26 avril en Inde. Le ministre des Arts et de la Culture, Mahendra Gondeea, a tenu à saluer la mémoire d’un artiste dont l’engagement a marqué l’histoire de la musique mauricienne. Il a également révélé qu’une distinction pour honorer sa contribution à la musique locale était déjà en préparation avant son décès.
Pour le ministre Mahendra Gondeea, le départ de Ras Natty Baby laisse un immense vide. Plus qu’un simple interprète, l’artiste était le porte-drapeau d’une réalité sociale profonde. « Ras Natty Baby n’était pas seulement un artiste ; il était une voix sincère et engagée. À travers le seggae, il a su porter la réalité, la lutte et l’espoir de notre pays », a dit le ministre.
Selon lui, la force de l’homme résidait dans sa capacité à transformer ses mélodies en récits de vie : « Je garde de lui le souvenir d’un homme qui ne se contentait pas de chanter : il racontait, il dénonçait et, surtout, il rassemblait. » Le ministre des Arts et de la Culture a tenu à apporter une précision concernant la reconnaissance du travail de l’artiste. Une décision officielle visant à honorer sa contribution à la musique locale avait déjà été entérinée par son ministère bien avant ce triste dénouement. « Cette distinction faisait partie de notre volonté d’honorer son travail et sa place légitime dans le patrimoine culturel de notre pays. Une cérémonie était d’ailleurs prévue le mois prochain. » À noter que d’autres acteurs du monde artistique recevront également des distinctions lors de cette cérémonie de reconnaissance.
Par ailleurs, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a tenu à rendre hommage à l’artiste en postant un message sur sa page officielle, où l’on peut lire ceci : « C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le départ de Ras Natty Baby. Je garde en mémoire notre échange du 8 avril dernier, alors qu’il était à l’hôpital. Malgré la souffrance, il dégageait une force et une sérénité rares. Ras Natty Baby était bien plus qu’un artiste. Il était une voix, une conscience, un symbole de paix, de résilience et d’unité. À travers sa musique et ses convictions, il a marqué toute une génération et continuera d’inspirer longtemps encore. Mes pensées les plus sincères vont à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont aimé. »
De sources sûres, nous avons appris que la Mauritius Society of Authors (MASA) a versé une somme totale de Rs 203 000 à Ras Natty Baby au cours du mois d’avril. Ce montant comprend Rs 153 000 d’arriérés sur sa pension mensuelle d’artiste, ainsi qu’une contribution de solidarité de Rs 50 000 de la part de l’organisme. La décision, entérinée par la MASA le 9 avril, a été suivie d’un virement sur le compte bancaire du chanteur. Selon nos informations, ce dénouement fait suite à un accord à l’amiable conclu entre l’artiste et la MASA.
Le gouvernement a enclenché les procédures officielles pour le rapatriement de la dépouille de la légende du seggae. Les autorités précisent qu’aucune contribution financière du public n’est sollicitée pour cette opération.
« Toutes les démarches ont été initiées pour rapatrier la dépouille de Ras Natty Baby dans les meilleurs délais. Nous demandons d’ailleurs au public de ne pas lancer ou contribuer à des collectes de fonds pour le rapatriement », explique Véronique Leu-Govind, Junior Minister au ministère des Arts et de la Culture.
Selon Véronique Leu-Govind, la priorité des autorités est désormais de permettre à la nation de lui rendre un dernier hommage. La réussite de cette démarche repose sur une étroite collaboration entre plusieurs services de l’État. La Junior Minister indique que d’autres ministères (Santé et Affaires étrangères) apportent leur soutien, tout comme le Bureau du Premier ministre.