Débordements sur la plage de Palmar : neuf suspects arrêtés en moins de 24 heures
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Le Défi Quotidien
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Neuf individus ont été arrêtés à la suite de débordements survenus dimanche sur la plage de Palmar, dans l’Est. Les jeunes fêtards, visés pour nuisance sonore, se sont opposés aux policiers, dépêchés sur place.
Dimanche 25 janvier, vers 18 h 30, la police est alertée pour nuisance sonore sur la plage de Palmar. Plusieurs véhicules font jouer de la musique à fort volume. Sur place, les agents repèrent une voiture équipée de plusieurs haut-parleurs. Alors qu’ils tentent d’identifier le propriétaire du véhicule, un groupe de badauds se rassemble autour des policiers et refuse de coopérer.
Au cours de l’intervention, un homme arrache le téléphone portable d’un sergent pour le jeter sur le sable. Le policier parvient toutefois à récupérer son appareil. La tension monte lorsque près de 250 personnes encerclent les forces de l’ordre. Des bouteilles vides et du sable sont lancés en direction des agents et de leurs véhicules. L’un des suspects, Maheshwarnath Mungurah, 28 ans, aurait proféré des menaces : « Wi pou mwa sa, mo enn gard l’Adsu mwa… Mo pou desann kot twa demin, to pou kone ki apel mwa. »
Face au risque d’escalade, la police préfère se retirer. Plusieurs enregistrements vidéo réalisés sur place circulent désormais en interne afin d’identifier d’éventuels complices et de retracer les responsabilités dans ces actes de vagabondage et de rébellion.
Dans la journée du lundi 26 janvier, neuf suspects ont été interpellés par la CID de l’Eastern Division, dont Maheshwarnath Mungurah, Jean Désiré Laval Thomas, 34 ans, Nikhil Gadadhar, 19 ans, Rajiv Gadadhar, 22 ans, Ittish Jowrah, 20 ans, Tissan Kumar Goonjur, 23 ans, et Akshay Keerpah, 25 ans. Tous sont résidents de l’Est du pays. Deux d’entre eux ont été relâchés sur parole dans l’après-midi. Les autres seront provisoirement inculpés ce mardi devant le tribunal de Flacq pour vagabondage et rébellion.
Les enquêteurs de la CID de Trou-d’Eau-Douce, assistés par le Field Intelligence Office, poursuivent les investigations afin d’identifier d’autres suspects. Plusieurs groupes de jeunes repérés dès lundi matin font l’objet d’opérations ciblées pour de nouvelles interpellations.
L’affaire est suivie de près par les Casernes centrales.
La Beach Authority a réagi à l’incident survenu dimanche 25 janvier, sur la plage publique de Belle-Mare. Dans un communiqué publié lundi, elle dénonce les perturbations causées par un groupe de personnes, et annonce un renforcement de la vigilance.
La Beach Authority rappelle que selon l’Environmental Protection (Control of Noise) Regulations 2008 et l’Environmental Protection (Environmental Standards for Noise) Regulations 2022, « tout bruit constituant une nuisance est prohibé ». Les contrevenants s’exposent à des amendes, et l’autorité met en garde contre les impacts plus larges : « De tels incidents nuisent à l’image de notre pays et perturbent les moments de détente des usagers. »
Dans ce cadre, la Beach Authority annonce un renforcement de la coordination avec la police, y compris la police de l’Environnement, pour « renforcer sa vigilance afin de prendre toutes les mesures qui s’imposent en vue d’assurer le respect des règlements ». Elle appelle les usagers à adopter un comportement responsable : « La Beach Authority appelle chacun à faire preuve de civisme, à respecter les limites sonores prescrites par la loi et à contribuer à préserver le cadre paisible et accueillant des plages publiques qui fait la fierté de notre île ».
La Police Fighters Union est montée au créneau à la suite des incidents survenus à la plage publique de Palmar. Selon le sergent Ajeet Fokeer, représentant de la Police Fighters Union, les images largement relayées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence de la situation. « Lorsque l’on visionne les vidéos circulant en ligne, on constate que des policiers ont été bousculés et violemment injuriés en public », déplore-t-il.
Face à cette situation jugée préoccupante, le sergent Fokeer plaide pour l’introduction, dans la mesure du possible, de caméras corporelles (bodycams) pour les policiers, ainsi que pour l’installation de caméras à bord des véhicules de police. Selon lui, ces dispositifs contribueraient à renforcer la sécurité des agents tout en assurant une plus grande transparence lors des interventions policières.