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Débats sur le Domestic Abuse Bill - Véronique Leu-Govind : «Combien de fois j’ai vu ma maman crouler sous les coups ?»

Par Patrick Hilbert
Publié le: 8 July 2026 à 11:20
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Véronique Leu-Govind a dédié son engagement à sa mère.
Véronique Leu-Govind a dédié son engagement à sa mère.

Lors des débats sur le Domestic Abuse Bill, la Junior Minister Véronique Leu-Govind a livré un témoignage bouleversant sur les violences subies par sa mère. Elle a également défendu les avancées majeures prévues par le projet de loi.

Les débats parlementaires sur le « Domestic Abuse Bill » se sont poursuivis mardi à l’Assemblée nationale avec une intervention poignante de la Junior Minister des Arts et de la Culture, Véronique Leu-Govind. Prenant la parole en tant qu’enfant ayant grandi dans un foyer marqué par la violence, elle a livré un témoignage personnel saisissant : « Combien de fois j’ai vu ma maman crouler sous les coups ? Combien de fois je l’ai vue dans une mare de sang ? ». 

La députée de Savanne et Rivière-Noire a décrit l’absence de refuge et de suivi psychologique durant son enfance. Elle a évoqué sa fuite de Plaisance à Rivière-Noire pour trouver protection auprès de proches, mais s’est heurtée à des portes qui se refermaient avec cette phrase : « Mo mari pa le... zot papa pou vinn fer dezord kot nou ».

Véronique Leu-Govind a vivement critiqué l’absence de réformes substantielles entre 2014 et 2024, déplorant que les gouvernements précédents n’aient procédé qu’à des « rapiéçages » là où une refonte complète s’imposait. Elle a souligné que de 2019 à 2024, aucun amendement n’avait été déposé au Parlement sur ce sujet, malgré les affirmations du Leader de l’Opposition. S’adressant à ses contradicteurs, elle a lancé : « Qu’ils arrêtent cette hypocrisie et aillent se regarder dans le miroir avant ! », puis a invoqué Bob Marley : « Who the cap fit, let them wear it ».

Innovations majeures

Les chiffres cités par Véronique Leu-Govind illustrent l’urgence de la situation : 2 222 cas rapportés en 2019, 5 381 en 2022 et 5 758 en 2024. Elle a souligné que près de 40 % des cas en 2024 relevaient de violences psychologiques ou économiques, des formes que la loi précédente ne reconnaissait pas. « Nous avons enterré trop de nos sœurs. Neuf l’année dernière, au moins 24 depuis 2020. Chacune était la fille de quelqu’un. Plusieurs étaient la mère de quelqu’un », dit-elle
Le texte présenté apporte des avancées significatives, notamment l’élargissement de la définition des victimes au-delà du seul cadre conjugal. La Junior Minister a expliqué que le projet de loi reconnaît également les violences économiques, l’humiliation, l’isolement et le chantage comme des formes de violence.

Parmi les mesures concrètes : la possibilité pour le tribunal d’ordonner à l’agresseur de quitter le domicile, la gratuité des procédures de protection, et un suivi systématique des victimes tous les trois mois par un officier. Le texte prévoit aussi une procédure d’urgence pour les situations de danger immédiat.

Souffrir en silence

Le projet de loi a été présenté en première lecture le 23 juin et les débats se poursuivent cette semaine. L’adoption du texte est attendue au terme de son examen en deuxième lecture. La reconnaissance du viol conjugal et du féminicide comme infractions pénales constitue l’une des avancées majeures saluées par les associations.

En conclusion de son intervention, Véronique Leu-Govind a dédié son engagement à sa mère, qu’elle qualifie de « survivante » et de « grande dame ». Elle a ensuite réaffirmé son soutien total au projet de loi, porteur, selon elle, de « la voix de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui, trop longtemps, ont souffert en silence derrière des portes closes ».

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