Deal Maurice-UK : les Maldives travaillent sur un recours légal

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 2 mars 2026 à 13:00
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Mohamed Muizzu, Président des Maldives.
Mohamed Muizzu, Président des Maldives.

L’accord envisagé entre Royaume-Uni et Maurice sur l’archipel des Chagos pourrait être contesté par les Maldives, qui examinent un recours juridique pour bloquer le transfert de souveraineté.

Un article publié dimanche par le quotidien britannique The Telegraph indique que l’accord envisagé par Londres et Maurice concernant l’archipel des Chagos fait face à une possible contestation juridique de la part des Maldives. Selon le journal, le gouvernement maldivien « explore des options » en vue d’un recours contre le projet du Premier ministre britannique, sir Keir Starmer, de céder la souveraineté de l’archipel à Maurice.

D’après les informations rapportées par The Telegraph, les autorités maldiviennes estiment que leur revendication territoriale sur les Chagos prévaudrait sur celle de Maurice. Un porte-parole du gouvernement des Maldives a ainsi déclaré au quotidien britannique que les plans du Royaume-Uni n’étaient pas « suffisamment fondés sur les principes du droit international ».

Le ministère des Affaires étrangères des Maldives a confirmé avoir lancé une révision juridique complète de l’accord en préparation. Aucune action formelle n’a encore été engagée, mais le gouvernement affirme examiner « toutes les voies légales disponibles » afin de tenter de bloquer le transfert de souveraineté.

Dans une déclaration relayée par The Telegraph, un porte-parole de ce ministère a précisé : « Le gouvernement de la République des Maldives reste engagé à protéger et à faire avancer les droits souverains et les intérêts maritimes des Maldiviens conformément au droit international. »

Il a également indiqué que, pour l’instant, aucune procédure n’avait été formellement introduite devant la Cour internationale de justice contre un État concernant la souveraineté de l’archipel des Chagos. « Nous explorons actuellement nos options. Nous menons un examen juridique approfondi et des consultations avec des experts juridiques internationaux ainsi qu’avec les autorités nationales compétentes sont en cours », a-t-il ajouté.

Initiatives diplomatiques

Toujours selon le journal, les Maldives n’excluent ni des démarches juridiques ni des initiatives diplomatiques, à condition qu’elles soient « conformes au droit international ».

Au niveau de Maurice, le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful souligne que la souveraineté mauricienne a été confirmée par les plus hautes instances légales, c’est-à-dire la Cour internationale de Justice, par le biais d’un avis consultatif, et que les Maldives ont perdu une affaire devant le Tribunal de la Mer sur la délimitation des eaux territoriales dans les environs des Chagos, et aussi que l’Assemblée générale des Nations Unies a massivement statué en faveur de laisser Maurice exercer sa pleine souveraineté, qui lui revient de plein droit, sur les Chagos.

« Il est inimaginable que le Président actuel, qui a fait campagne sur le dossier des Chagos et formulé de nombreuses promesses à sa population, puisse aujourd’hui revenir sur tout ce qui a été engagé et remettre en question ce processus visant à permettre à Maurice d’exercer sa souveraineté sur l’archipel. Après tout ce qui s’est passé, un tel revirement serait, sur le plan diplomatique, tout simplement inconcevable », a déclaré Ritish Ramful.

Dans ce contexte, le Conseil des ministres a décidé de suspendre avec effet immédiat les relations diplomatiques avec les Maldives.

Le Royaume-Uni maintient son engagement à 100 % malgré la confusion et les tensions 

Le gouvernement britannique a réaffirmé, vendredi, que le transfert de souveraineté des îles Chagos à Maurice se fera « à 100 % », malgré les incertitudes suscitées par des divergences à Londres et l’opposition américaine fluctuante. La ministre britannique Alison McGovern a déclaré sur Times Radio : « Oui. Ma collègue, la secrétaire aux Affaires étrangères Yvette Cooper, a été en discussion avec Marco Rubio, son homologue aux États-Unis. La politique étrangère n’est jamais facile. Nous allons faire progresser l’accord sur les Chagos ». Pressée de confirmer si le processus était « catégoriquement certain », elle a répondu : « Oui ».

Cet accord prévoit que Maurice puisse exercer pleinement sa souveraineté sur l’archipel, tout en permettant aux Britanniques d’avoir une location de 99 ans du site militaire stratégique de Diego Garcia. Récemment Keir Starmer, Premier ministre britannique, a indiqué qu’il s’agit de « la seule manière de sécuriser le statut de la base militaire selon le droit international ».

Déclarations contradictoires

Mercredi, il y a eu des déclarations contradictoires au Parlement britannique. Le ministre des Affaires étrangères Hamish Falconer avait annoncé que le projet de loi relatif à Diego Garcia et au territoire britannique de l’océan Indien était « suspendu », provoquant une vague de confusion. Des sources gouvernementales ont toutefois précisé que le ministre avait « mal parlé » et que le processus législatif ne faisait l’objet d’aucune pause officielle.

Au Royaume-Uni, certains responsables politiques, dont Kemi Badenoch, ont profité de cette confusion pour demander au Labour de « rejeter la reddition des Chagos ». Malgré ces tensions, le gouvernement britannique assure que les discussions avec les États-Unis se poursuivent et qu’un accord définitif sera finalisé.

Du côté mauricien, le Cabinet s’est réuni vendredi et a examiné la situation. Dans un communiqué, il a indiqué avoir « pris note, avec préoccupation, que le processus législatif concernant la base militaire de Diego Garcia et le projet de loi relatif au territoire britannique de l’océan Indien au Royaume-Uni a été retardé et sera activé dès qu’un accord entre le Royaume-Uni et les États-Unis sera conclu. Le gouvernement suit de près cette affaire. »

Le Cabinet a également réagi à la position des Maldives, qui ont récemment cessé de reconnaître la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos et contestent l’accord avec le Royaume-Uni. « En conséquence, le Cabinet a décidé de suspendre immédiatement toutes relations diplomatiques avec la République des Maldives », précise le communiqué.
Enfin, le gouvernement mauricien suit également l’injonction déposée par les citoyens des BIOT, avec pour prochaine audience fixée au 13 mars 2026.

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