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De Baie-du-Tombeau à Mumbai: l’aventure culinaire du chef Eric

Eric Ho Chun Tai
Comment devient-on chef dans un hôtel 5-étoiles avec un diplôme en soudure ? Par la persévérance, la patience et surtout l’amour du métier, répond Eric Ho Chun Tai. De soudeur au cordon bleu. Rencontre. L’année prochaine, cela fera 10 ans que ce Mauricien, âgé de 37 ans, originaire de Baie-du-Tombeau vit une fabuleuse aventure gastronomique aux fourneaux du Thaï Pavillon au Vivanta Taj President sur Cuffe Parade à Mumbai. Le groupe Taj gère une centaine d’hôtels à travers la Grande péninsule, dont son fleuron le Taj Mahal Palace Hotel à Mumbai. Récemment en vacances au pays, le chef Eric raconte son cheminement qui l’a mené en Inde dans un des plus grands groupes hôteliers. « Je n’aurais jamais pensé devenir chef un jour, encore moins embrassé une carrière dans l’hôtellerie. Je suis le premier à avoir fait ce choix dans ma famille, où je fais maintenant figure de pionnier », confie-t-il non sans fierté. Après son Higher School Certificate (HSC), Eric Ho Chun Tai s’inscrit à un cours sur la soudure. Il décroche son diplôme et trouve un travail facilement. « Mais je ne suis resté qu’un jour. La soudure n’était pas pour moi. Je voulais devenir cordon bleu. » Une fois sa décision prise, il se met à la recherche d’une situation. Il travaillera pendant six mois dans un snack, à Coromandel. Il se rend compte qu’il n’ira pas bien loin sans expérience et formation appropriée ». Il fait une demande à l’école hôtelière Sir Gaëtan Duval, mais celle-ci est rejetée. « Je ne me suis pas découragé. J’ai attendu deux ans et après je me suis inscrit à un cours privé ». Son diplôme en poche, Eric Ho Chun Tai envoie des lettres de motivation à plusieurs hôtels, comme Hilton et Oberoi. Mais là encore, il fait chou blanc. Tenace, il ne baisse pas les bras. La chance lui sourit en l’an 2000. « C’est à ce moment que Belle Mare Plage Hotel sollicite mes services. Le chef François Leung Kai me prend sous son aile. Beaucoup de perspectives me sont ouvertes », souligne Eric. À partir de là, il ne s’épargnera aucun effort pour apprendre les rudiments du métier. Il commencera au bas de l’échelle et ne rechignant pas à la tâche. « Plus que l’argent, je voulais acquérir de l’expérience. Je m’efforçais d’honorer la confiance placée en moi. » Il aura l’occasion plus tard de travailler au Lemuria Resort aux Seychelles. « J’ai eu la chance de côtoyer le Chef étoilé du guide Michelin, Robert Lallman qui m’a beaucoup appris. » Tout comme il ne peut oublier la contribution du chef Bruno Le Gac de Belle Mare Plage Hotel dans sa carrière. « Il m’a encouragé à accepter le poste au Vivanta. Il m’avait dit que si jamais je ne parvenais pas à travailler, je pouvais toujours revenir à Belle Mare Plage Hotel ». Par contre, l’aventure indienne a débuté en février 2006. Depuis, il s’occupe du Thai Pavillion au Taj Vivanta sans regarder en arrière. Sous la férule de son Corporate Chef, Ananda Solomon, Eric a l’occasion de former le personnel à chaque ouverture d’un nouveau restaurant ou d’un hôtel du groupe. « Je ne regrette pas mon choix. J’avais beaucoup d’appréhensions quand j’avais accepté ce poste. Je devais relever ce défi personnel. Sinon, je serais resté dans le précédent métier de soudeur », lance-t-il dans un grand éclat de rire.

Quid de son expérience indienne ?

« Quand j’ai débarqué pour la première fois, j’ai vu des gens dormir sur les trottoirs. Neuf ans après, il y en a toujours, mais cela ne me dérange plus. L’Inde est un grand pays. Il n’y a pas que la pauvreté. Il ne faut pas s’arrêter à ces détails. Elle a une richesse culturelle immense ». À Baie-du-Tombeau où habite la famille, son père Roland et sa mère Marie-Clency sont très fiers de lui. La fratrie, composée de deux sœurs et d’un frère, ne se lasse pas de ses petits plats mijotés avec amour et une touche indienne. Ses  plus grands fans sont ses neveux Jaden, 13 ans et Roan, 10 ans. Il aborde l’avenir avec sérénité. « Je ne sais où me mènera ma passion. Ce qui est sûr, c’est que là où je travaillerai, je donnerai le meilleur de moi-même, comme me l’a appris tous mes supérieurs ». Parole de Chef.
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