Mise à jour: 20 janvier 2026 à 22:56

A Davos, Macron dit préférer "l'état de droit" et le "respect" à la "brutalité"

Par Defimedia.info
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20.1.26 Macron

Emmanuel Macron a dit mardi préférer "le respect" et "l'état de droit" aux "brutes" et appelé à ne pas "perdre son temps avec des idées folles", lors de son discours au Forum économique mondial de Davos qui sonnait comme une réponse à la diplomatie de Donald Trump.

Le président français a aussi déclaré qu'aucune "réunion" du G7 n'était prévue jeudi à Paris, un rendez-vous qu'il avait initialement proposé à Donald Trump - dans un SMS rendu public par ce dernier - pour tenter d'aplanir la crise transatlantique. Il y a à ce stade seulement "une disponibilité" français à en organiser une, a-t-il précisé à des journalistes.

"N'acceptons pas un ordre mondial qui serait décidé par ceux qui prétendent avoir la voix la plus forte, ou le bâton le plus fort", a martelé Emmanuel Macron en anglais, arborant des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire.

"Nous préférons le respect aux brutes (...), l'état de droit à la brutalité", a-t-il renchéri. "Ne perdons pas du temps avec des idées folles. N'ouvrons pas la boîte de Pandore", a-t-il ajouté, dénonçant à nouveau "un nouvel impérialisme ou nouveau colonialisme".

Emmanuel Macron a aussi déploré la "concurrence des Etats-Unis via des accords commerciaux qui minent nos intérêts à l'export, demandent des concessions maximales et visent ouvertement à affaiblir et subordonner l'Europe".

Le président américain martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, et menace de taxes douanières accrues les Etats européens qui s'y opposent.

Son homologue français a pointé une situation "folle" où l'Union européenne pourrait avoir à utiliser son arme commerciale anticoercition "pour la première fois" contre Washington.

Cet instrument permet de limiter les importations provenant d'un pays, l'accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements quand ce dernier essaie d'imposer ses vues par la coercition économique.

AFP

"L'Europe a maintenant des outils très forts et nous devons les utiliser quand nous ne sommes pas respectés et quand les règles du jeu ne sont pas respectées", a insisté Emmanuel Macron.

Otan "fragilisée"

Donald Trump veut aussi créer un "Conseil de paix" à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l'ONU.

"La France et l'Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l'indépendance, et aux Nations unies et à leur charte", a souligné le président français.

Il a dit vouloir refaire du G7, que la France préside cette année, un "forum pour un dialogue franc" et pour des "solutions collectives et coopératives".

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé qu'il rentrerait comme prévu mardi soir à Paris et ne rencontrerait donc pas Donald Trump qui arrive mercredi à Davos.

Alors qu'on lui demandait si le dirigeant américain était encore un allié, le président français a refusé de se prononcer. "C'est à lui d'apporter la réponse. C'est pas tout à fait les comportements qui vont avec, en effet, cette qualification", a-t-il toutefois lancé.

"On ne doit pas être agressé ou attaqué", a-t-il asséné. "Il ne faut pas céder à la loi du plus fort."

Le chef de l'Etat a aussi estimé qu'en raison des tensions transatlantiques, l'Otan était une instance "fragilisée".

Devant un partenaire d'hommes d'affaires, Emmanuel Macron a par ailleurs plaidé pour "plus d'investissements directs chinois" dans les secteurs hightech en Europe pour "soutenir notre croissance et transférer des technologies".

"Cette déclaration est emblématique du ‘en même temps’ (..) L'autonomie stratégique ne se bâtit pas en suppliant la Chine", a fustigé  le chef du Rassemblement national (parti français d'extrême droite), Jordan Bardella, dans un message sur la plateforme X.

 

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