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David Serret : « Possible de se faire tatouer lorsqu’on a le vitiligo »

Damien Laventure, mannequin vitiligo, s’est fait tatouer chez lui.
Damien Laventure, mannequin vitiligo, s’est fait tatouer chez lui.

Le tatouage ne se résume pas uniquement à un dessin sur le corps, il doit pouvoir refléter l’identité ou le vécu de celui qui le porte. En mettant en place The Vitiligo, sa petite entreprise de tatouage, il y a trois ans, David Serret, lui-même atteint de cette maladie, s’était fixé un objectif : sensibiliser le public sur le sujet. Il envisage de proposer une technique de micropigmentation à l’encre.

« Pour moi, le vitiligo n’est pas une maladie, c’est une bénédiction », lance David Serret. Ce tatoueur de 40 ans a réussi à puiser de cette condition une énergie positive lui permettant d’avancer dans la vie. Il a découvert ses premières taches de vitiligo il y a trois ans. David passait alors par un moment de remise en question dans sa vie. Une période durant laquelle il a pris conscience de ce qu’il voulait vraiment faire : tatouer.

Il a découvert le tatouage il y a 18 ans. « Lors d’un voyage professionnel en Afrique du Sud, j’ai eu l’occasion d’acheter mes premiers équipements et j’ai commencé à pratiquer ». Il laissera pourtant tomber cette passion pendant trois ans et se met alors à faire des recherches sur les nouvelles technologies au niveau international. 

C’est lorsque ses taches de vitiligo sont apparues trois ans de cela que David décide de s’y remettre de plain-pied et lance The Vitiligo, un home studio de tatouage à Curepipe. The Vitiligo, parce que ce nom permet d’identifier qui il est. « Mes taches m’ont permis de découvrir qui j’étais vraiment, de connaître mon vrai moi. Le vitiligo m’a aussi fait réaliser ce que j’aime vraiment ». Il investit dans de nouveaux équipements et commence à développer son style. 

David Serret ne se considère pas comme un tatoueur comme les autres. Il a su se différencier grâce à sa singularité et son authenticité. Une authenticité qui se reflète surtout dans son approche avec ceux qui le sollicitent pour un tatouage. « Je prends le temps de discuter avec eux pour savoir ce qu’ils recherchent : un événement marquant, une force, un objectif. C’est un grand pas vers l’acceptation de soi. On voit souvent des gens porter des tatouages qu’ils n’aiment plus. Le tatouage en lui-même n’est pas seulement de l’encre, c’est beaucoup plus profond que cela », lance le tatoueur qui ne souhaite pas tomber dans la facilité. 

David Serret a découvert ses premières taches de vitiligo il y a trois ans.
David Serret a découvert ses premières taches de vitiligo il y a trois ans.

Pour lui, à Maurice, le vitiligo est encore tabou par manque de bonnes informations sur le sujet. « Les gens pensent que c’est une maladie contagieuse », avance David. 

Le tatoueur confie envisager une technique de micro-pigmentation à l’encre. Un projet qui nécessite du financement et sur lequel il travaille déjà. « Cela pourrait permettre de soulager certaines personnes qui sont mal dans leur peau », souligne-t-il. Car le mal-être est bel et bien là. David a d’ailleurs été approché par des personnes atteintes du vitiligo pour des tatouages. « Il s’avère souvent que ces personnes changent d’avis après une conversation et préfèrent au final valoriser leurs taches plutôt que de les cacher », indique-t-il. Étant bien placé pour les conseiller, il les met en confiance. Il est d’ailleurs très présent sur les plateformes internationales en ligne et répond aux questions de ceux qui veulent des informations sur le tatouage lorsqu’on a cette condition. « Il est tout à fait possible de se faire tatouer lorsqu’on a le vitiligo », affirme-t-il.

 

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