Interview

David Isaacs, CEO de Courts-Mammouth : «Difficile d’avoir certaines matières premières à Maurice»

David Isaacs

Le showroom de Courts-Mammouth à Bell-Village, qui était en rénovation, a rouvert ses portes. David Webber Isaacs, Chief Executive Officer de Mammouth Trading Co. Ltd, souligne l’importance d’innover et d’investir pour conserver sa place, voire l’améliorer dans ce secteur.

Vous parlez de l’importance d’innover pour conserver son statut de leader sur le marché. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Maurice est un marché hautement compétitif, avec beaucoup de grosses pointures dans le domaine. Pour rester en tête, il est impératif de faire la différence, tout en étant aventureux et téméraire. L’une des façons de le faire est d’investir massivement dans de nouveaux produits et d’améliorer constamment les showrooms. Ce sont des projets d’envergure.

L’an dernier, nous avons modernisé le showroom de Mahébourg et celui de Port-Mathurin, à Rodrigues. Nous avons cette année rénové le showroom de Bell-Village. L’année prochaine, des rénovations auront lieu à Curepipe et à Flacq. Les travaux dans la succursale de Curepipe débuteront vers février ou mars 2019.

Quels sont les montants qui ont été injectés dans les rénovations entreprises jusqu’ici ?
Cette année, nous avons injecté pas moins de Rs 17 millions dans la rénovation du showroom de Bell-Village. En 2016, nous avions investi Rs 20 millions dans celui de Phœnix. Nos investissements dans la construction et la rénovation des showrooms depuis 2015 s’élèvent à près de Rs 100 millions.

Depuis 2015, nous avons investi Rs 100 millions dans la construction et la rénovation des showrooms.

Qu’en est-il de vos fournisseurs ? Tentez-vous de promouvoir les petites et moyennes entreprises (PME) et la main-d’œuvre locale ?
La beauté réside dans le fait que les meubles mauriciens et ceux importés ont tendance à se complémenter. Pour répondre à la question, je dis oui. Nous travaillons en prenant le soin de promouvoir les PME. Pour ce qui est des canapés, le nombre de produits locaux est égal à celui de produits importés. Toutefois, nous ne pouvons pas en faire de même pour tous les produits. Il est difficile de trouver à Maurice des fabricants de chaises, de tables, de lits en métal ou en bois. De toute façon, s’il y en avait, cela nous coûterait cher. C’est pour cette raison que nous importons beaucoup de mobilier de salle à manger et divers autres produits présents dans nos succursales.

Comment expliquer que les produits fabriqués localement sont bien plus chers que ceux importés ?
Il y a deux choses : le coût de l’importation des matières premières et celui de la main-d’œuvre. En Malaisie, par exemple, avec toutes les plantations d’hévéa, les usines ont facilement accès aux matières premières, ce qui n’est pas le cas à Maurice. Cela a plus de sens que les produits soient fabriqués en Malaisie et que nous les importions par la suite. Nous travaillons donc en étroite collaboration avec des fabricants de meubles en provenance de Malaisie, de Chine, d’Allemagne et de France. J’estime que l’importation n’a pas de répercussion sur les bourses mauriciennes, car les produits vendus sur le marché local sont loin d’être chers. C’est la concurrence à Maurice qui maintient les prix bas.

Vous venez d’annoncer de nouvelles facilités de paiement pour les clients. De quoi s’agit-il ?
Dans notre souhait d’innover et de toujours proposer de nouvelles prestations à la clientèle mauricienne, nous lui donnons dès maintenant, avec l’aide de CIM Finance, la possibilité d’acheter et de faire le premier paiement après cinq mois. Auparavant, nous accordions un délai de trois mois suivant l’achat, mais pour cette période de fin d’année, nous avons décidé d’étendre le moratoire.

Puisque le marché mauricien est compétitif, envisagez-vous une implantation ailleurs ?
Pas pour le moment. Peut-être plus tard dans la région. Notre objectif est de nous concentrer pleinement ici parce que nous avons d’énormes projets pour nos 20 succursales à Maurice et les deux autres que nous comptons à Rodrigues. Les rénovations s’enchaînent. Il y a donc beaucoup à faire.