Faits Divers

Dans une école privée : une fille de 5 ans insère un feutre dans les parties intimes de sa camarade

Jenna, la mère souffre autant que la petite victime.

C’est une affaire qui choque et fait beaucoup de bruit dans l’école pré-primaire que fréquentent les deux fillettes impliquées dans cette affaire d’agression sexuelle. Quant aux parents, ces derniers s’interrogent sur la surveillance des enfants. Comment une fillette de 5 ans a-t-elle pu agresser sexuellement une camarade de classe avec un feutre ? Le cas a été rapporté à la police et la Child Development Unit (CDU). 

Jeux de mains, jeux de vilains. Les enfants en bas âge ne sont pas aptes à comprendre de telles expressions. Certains parents vous diront qu’il arrive que les enfants jouent et se blessent. Après tout, ce sont des enfants et il ne faut pas dramatiser… des clichés qu’on entend souvent et qui sont censés vous apaiser, mais pas pour Jenna (prénom modifié). En effet, la mère de la petite victime souffre autant que cette dernière. Visiblement bouleversée, elle raconte : « Ma fille n’a que 5 ans. Je me prive pour l’envoyer dans une école privée persuadée qu’elle y est en sécurité et mieux encadrée. Je pensais qu’avec moins d’enfants à leur charge, les enseignantes et surveillantes seraient plus attentives, mais tel n’est pas le cas. Je me suis lourdement trompée et je suis révoltée ! »

C’est en ces termes que Jenna a expliqué son désarroi lorsqu’elle a rencontré la direction de l’école pour dénoncer l’agression subie par son enfant dans cette école pré-primaire située à la rue Edgar Laurent, Port-Louis. 

Dans sa déposition faite à la police en date du vendredi 3 mai 2019, Jenna explique que sa fille Laurine (prénom modifié) lui a raconté que les faits se seraient produits dans les toilettes de l’établissement scolaire le lundi 29 avril. Si aujourd’hui, la mère se décide à en parler, c’est parce que les séquelles sont toujours présentes et elle estime que l’école doit répondre de cette agression. « Ce jour-là, je suis allée récupérer ma fille à l’école. Jusque-là rien d’anormal. Ce n’est qu’à l’heure du coucher, vers 23 heures, que Laurine  m’a informée qu’elle avait mal aux parties intimes, car une camarade de classe du même âge y avait inséré un feutre », explique Jenna. La jeune mère a alors pris la peine d’examiner elle-même son enfant. Lorsque elle a vérifié les parties intimes de sa fille - qui s'est montrée récalcitrante à cause des douleurs - elle a remarqué des rougeurs, mais pas de saignement. C’est pourquoi elle n’a pas paniqué tout de suite indique la maman.

Je ne peux blâmer entièrement un enfant"

Le lendemain, mardi 30 avril, la petite fille n’est pas allée à l’école et le surlendemain non plus, car c’était un jour férié à l’occasion de la fête du Travail. Le jeudi 2 mai, la fillette est partie à l’école. Jenna et son époux sont allés demander des explications et ils ont aussi demandé à rencontrer la directrice pour savoir ce qui s’était passé. Vu qu’elle n’était pas disponible, on leur a demandé de retourner le lendemain. Entre-temps, comme la petite fille avait toujours mal, la maman l'a emmenée à l’hôpital Jeetoo pour qu'elle se fasse examiner. Une fois sur place, les médecins généralistes l'ont informée qu’ils n’avaient pas le droit de consulter la fille et qu’il faudrait d’abord rapporter le cas à la police ou de s’arranger avec la direction de l’école avant qu’elle puisse se faire consulter, puisque c’est à la CDU d’intervenir dans un cas pareil, explique Jenna.

Jenna ajoute que lorsqu’elle a rencontré la responsable de l’école le vendredi 3 mai cette dernière a nié ce qui s’est passé dans son école. « Pour se défendre, elle aurait accusé un membre de ma famille d’avoir agressé ma fille parce qu’elle n’est pas venue à l’école le 30 avril. Comment ma fille aurait-elle pu inventer une telle chose ? C’est inadmissible ! J’ai retiré ma fille de l’école, car j’estime qu’il y a eu un grand manquement de la part de la direction dans l’agression de mon enfant », dit Jenna. Cette dernière s’est rendue au poste de police de Pope Hennessy le jour même pour y faire une déposition. L’unité médicale de la police s’est chargée de l’affaire et Laurine a été examinée par un médecin de la police le samedi 4 mai.

Jenna indique qu’elle n’a rien contre l’élève qui aurait agressé sa fille, mais que cette dernière doit être suivie comme c’est le cas pour Laurine. « Je ne peux blâmer entièrement un enfant de 5 ans. Laurine est actuellement suivie par un psychologue de la CDU. Il faudrait aussi qu’un enfant devrait aussi bénéficier d'un tel accompagnement. Un autre élève pourrait subir la même chose. De plus, ce qui m’inquiète c’est que l’enfant en question intégrera la même école primaire que ma fille l’an prochain.  À part le suivi psychologique, je n’ai aucune information sur la marche à suivre », déplore Jenna.

Contactée pour connaître sa version des faits, la directrice de l’école explique qu’elle ne peut se prononcer sur cet incident, mais elle précise toutefois qu’une assistance est fournie aux enfants quand ils se rendent aux toilettes. Il y a une enquête de la police en cours.  La directrice déclare qu'il est faux de dire qu’il n’y avait pas d’assistante avec les filles lorsqu’elles se sont rendues aux toilettes. « Il faut un document de la police qui prouve qu’il y a vraiment eu agression à l’école. Il se peut que cela se soit produit ailleurs. Si les choses se sont produites comme elle le dit, l’enfant a souffert. Nous, on sait seulement qu’elle n’est pas venue à l’école. La mère de Laurine réclamait que des actions soient prises contre les enseignants. Comment pourrais-je prendre des actions sans savoir si ce qu’elle dit est vrai ou pas ? Il faut attendre le rapport de la police. Nous avons un avocat pour nous défendre », a conclu la directrice qui a aussi précisé que sont équipe et elle œuvrent pour l’éducation et les droits des enfants et qu’ils sont des professionnels.  


Les deux enfants suivis par des psychologues du ministère

Annabelle Volbert, attachée de presse de ce ministère, que nous avons contactée, explique qu’à leur niveau, tout a été fait pour encadrer les enfants impliqués. « La petite Laurine est suivie par un psychologue du ministère. Il y a eu deux rencontres et tout dernièrement les officiers ont contacté Jenna pour confirmer comme convenu de la date de leur prochaine rencontre. Un suivi est fait également auprès de 'la présumée coupable', c’est-à-dire l’enfant ayant agressé sa camarade à l’école », a-t-elle déclaré.Quel est le droit de regard du ministère de l'Éducation sur les écoles privées ?

Sollicité à ce sujet, le responsable de communication au ministère de l'Éducation explique que toutes les écoles en opération à Maurice possèdent un permis et qu'elles doivent répondre à certains critères pour être autorisées à opérer. Les enfants doivent être encadrés dans l'établissement scolaire. Si des anomalies sont rapportées, le ministère avertit le responsable de l'école et si elles sont répétitives, des sanctions peuvent être prises. La Early Childhood Care Education Authority (ECCEA) entre alors en action par rapport aux règlements prévus dans la loi. 

Responsabilité légale de l’école 

Dans pareille situation, l'avocat Bala Mukan, que nous avons contacté pour des conseils légaux, explique que la maman a le droit de réclamer des dommages à l’école: « Jenna doit se tourner vers un avoué pour entrer une plainte au civil contre l'école en question. La mère peut effectivement réclamer des dommages par rapport aux préjudices causés par cet incident. L'école est tenue responsable si l'enfant a été blessée dans l'enceinte de l'établissement. »

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