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Cybercriminalité : comment mieux vous protéger ?

Cybercriminalité La cybercriminalité prend de l’ampleur à travers le monde.

L’inspecteur Robin Bhundoo qui traque le cybercrime à Maurice, était l’invité de Gilbert Bablee et Deven Anacootee dans l’émission thématique du jeudi 2 août.

Quel est le rôle de la Cyber Crime Unit ?

L’objectif premier de cette unité spécialisée de la police et d’enquêter sur tous les cas où un ordinateur a été utilisé pour commettre un délit. Et cela, de plusieurs façons : harcèlement, menaces, sextorsion, Phishing. Il y a énormément de cas où la cybercriminalité entre en jeu. Ce n’est pas simplement un phénomène limité à Maurice, car à travers le monde, il prend une ampleur extraordinaire, comme le souligne l’inspecteur Robin Bhundoo.

L’inspecteur Robin Bhundoo.
L’inspecteur Robin Bhundoo.

Pour rapporter un cas, la victime peut se rendre dans l’un des postes de police à travers l’île ou celui de sa région. Si le problème est complexe, le cas sera référé à la Cyber Crime Unit de Port-Louis. « Notre unité prend des actions en faisant référence à deux législations principales notamment la Computer Mis-use & Cybercrime Act de 2003 et l’Information and Communication Technologies Act (ICTA Act) adoptée en 2001 », précise l’Inspecteur Robin Bhundoo.

« Nous collaborons aussi avec Interpol pour retracer le profil des auteurs/agresseurs de ces délits, notamment à l’étranger », ajoute-t-il.


Comment se passe la formation des enquêteurs ?

« Les formations des enquêteurs ont démarré il y a deux ans. Elles sont dispensées dans une école de fornation qui a été lancée par le commissaire de police. Nous avons des classes où l’on enseigne aux futurs enquêteurs comment faire face à un cas de cybercriminalité et les principes à adopter. Lors des examens, ils doivent interpréter et résoudre des petits-scénarios », explique l’inspecteur. La formation se fait de manière interactive, pour trouver les moyens de résoudre les problèmes posés.


Ce que dit la loi

Celui qui est trouvé coupable d’agissements criminels ou portant préjudices à quelqu’un d’autre, risque une amende dont le montant varie de Rs 50 000 à Rs 1 million. Il est aussi passible d’une peine d’emprisonnement ne dépassant pas cinq ans. « Dernièrement, un accusé a écopé d’une amende de Rs 192 000 après que la cour l’a jugé coupable d’avoir téléchargé une photo pour l’utiliser sur un site de rencontre. La victime a porté plainte et la sentence est tombée », précise l’inspecteur Bhundoo.


Fraude bancaire

Un conseil : ne jamais divulguer son code bancaire sur Internet. Même la banque ne peut vous demander votre code bancaire. Il faut faire très attention, car parfois, les cybercriminels créent des sites dont le profil de présentation est similaire à ceux des véritables sites bancaires. Il ne faut en aucun cas divulguer des informations personnelles relatives à son compte, ajoute l’inspecteur Bhundoo.


Phishing

Le Phishing est une forme d’escroquerie par e-mail. Elle consiste à prendre l’identité d’une entreprise connue et reconnue sur un e-mail pour inciter les destinataires à changer ou mettre à jour leurs coordonnées bancaires, sur des pages Internet imitant celles de l’entreprise dont l’image a été utilisée pour l’escroquerie.


Revenge Porn

Il s’agit ici d’un chantage qui se passe dans une relation établie en général entre ex-amoureux. Des images ou des vidéos révélatrices ou sexuellement explicites d’une personne sont postées sur Internet, généralement par un ancien partenaire sexuel dépité, sans le consentement de la victime, dans le but inavoué de causer de la détresse ou de l’embarras chez son ex-partenaire.


C’est quoi la Sextorsion ?

L’auteur d’une sextorsion est, dans la plupart des cas, un utilisateur de Facebook qui envoie des demandes d’amis. Ensuite commence une conversation, où cet individu met sa victime en confiance. Cette même personne enverra par la suite une photo dénudée d’elle (ou supposée d’elle), sans montrer son visage. Elle demandera à sa victime d’en faire de même, mais en montrant son visage. Par la suite, s’installe un processus de chantage (d’argent) ou une demande d’autres photos pour le plaisir personnel. La victime s’exécute souvent, de peur que les photos qu’elle a déjà envoyées ne soient divulguées sur la place publique, sur Internet. Elle se sentira contrainte de faire d’autres photos. L’inspecteur Bhundoo explique que dans ce cas, il vaudrait mieux bloquer un tel utilisateur de sa liste d’amis, avant même d’entamer une conversation avec lui. Malheureusement, dans certains cas avérés, la Cyber Crime Unit est impuissante à prendre des sanctions.


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Les transactions financières illicites sont nombreuses.

Comment bloquer les appels internationaux suspects ?

« Il faut enregistrer le numéro de téléphone et le bloquer par la suite pour éviter de recevoir encore des appels de ce contact », explique l’inspecteur Bhundoo.


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Les auditeurs étaient nombreux à vouloir des précisions concernant les délits commis via Internet.

Ittoo de Chamouny :

« Arnaque sur Face book. Souvent nous voyons des publications des produits en vente ou d’autres ‘posts’ incitant les internautes à faire des emprunts bancaires. Lorsque nous faisons une déclaration, nous ne sommes pas pris en considération ».
« Tout d’abord, un officier a le devoir de considérer toute plainte quelle que soit la raison. Cependant, il est temps, une fois pour toutes, que les internautes arrêtent de croire ce genre de publication. Il ne faut pas faire confiance, on ne peut investir ou donner de l’argent, effectuer des transactions bancaires sans avoir les détails de la compagnie », souligne l’inspecteur Bhundoo.

Kevin de Piton :

« Je me suis fait arnaquer sur Facebook, concernant des emprunts bancaires. »
« Nous menons des campagnes de sensibilisation pour éviter aux gens de se faire arnaquer. Il faudrait lire les pages où sont mentionnées les termes et conditions d’usage pour être davantage informés », indique l’inspecteur Bhundoo.

Yohann :

« Quelqu’un a créé un faux profil sur Facebook au nom de mon ami. Cette personne m’a menacé, nous avons reporté le compte et avons fait une déposition. Y a-t-il un moyen de remonter le profil ? »
« Pour connaître la marche à suivre, je vous conseille d’appeler au 211 9114 pour ne pas porter préjudice à l’enquête. Les victimes peuvent aussi appeler au 210 5520 pour rapporter un cas de faux profil pour qu’il soit retiré du site », indique l’inspecteur de la Cyber Crime.

Navin de Montagne Blanche :

« Concernant les appels internationaux, lorsque nous décrochons notre crédit s’épuise vite. Y-a-t-il un système pour nous protéger de ces appels non sollicités? »
« Il existe d’autres autorités qui ont le droit d’intervenir dans ce cas, mais pour le moment, il est très difficile de résoudre ce problème, même à travers le monde », déclare l’inspecteur.

Dylan de Pereybère :

« Je me fais harceler au téléphone par Facebook et par WhatsApp, par un chauffeur de taxi qui menace de me tuer. Je me suis rendu au poste de police de Grand-Baie et j’ai même reçu un ‘OB number’ mais aucune action n’a été prise et ce problème continue ».
L’inspecteur a conseillé au plaignant de se rendre immédiatement au poste de police pour qu’il reçoive des informations.

Gérard de Pointe-aux-Sables :

« Est-ce vrai que nous risquons de divulguer nos propres informations lorsque nous décrochons un appel étranger ?».
Ce n’est pas seulement lorsque nous décrochons un appel, cela dépend de l’appel. Le pays d’origine de ces appels peut être déterminé. Si cet appel ne vous est pas familier, il est préférable de ne pas y répondre.


Money muling

Tout commence par une demande d’ami et par un message qui incite à une transaction financière. Le money Muling consiste à faire transiter de l’argent sur un compte bancaire. Une offre qui intéresse généralement la victime à qui on a fait miroiter qu’il/elle touchera une rémunération pour cette transaction. Par exemple, lorsque l’argent transite sur son compte, la victime retient disons Rs 10 000 et ensuite renvoie la somme créditée vers une autre instance. « Sans le savoir, l’internaute commet un délit. Il ne faut surtout pas accepter ce type d’offre. Chaque fois que l’argent est crédité à son compte, l’acte est considéré comme un délit. Le montant de l’amende qu’il risque est multiplié par celui de la transaction qui a été effectué », explique l’inspecteur Bhundoo.

Utilisation de Facebook

Tant à Maurice qu’ailleurs dans le monde, les internautes ont tendance à publier des photos personnelles ou des informations d’eux sur leur compte. « C’est une mauvaise habitude de publier ses moindres faits et gestes, par exemple pour les sorties. En divulguant des informations sur ses sorties, cela peut inciter les malfrats à commettre un cambriolage en l’absence des occupants. L’auteur de cet acte peut être l’un de vos proches. Les cambrioleurs évoluent avec le temps. Ils utilisent beaucoup Facebook de nos jours », dit l’inspecteur Bhundoo. De telles publications peuvent porter préjudice à l’internaute. Il vous faut rester responsable et garder un minimum d’intimité et éviter d’exposer sa vie sur les réseaux sociaux. Il faudrait lire les conditions avant de s’inscrire sur la plateforme, chose que beaucoup de personnes ne font pas.