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Crise Humanitaire à Gaza : Maurice peut-elle se permettre de rompre avec Israël?

Plus de 500 000 personnes menacées par la famine dans la bande de Gaza.

Dans un appel lancé dimanche matin sur sa page Facebook, le député travailliste Ehsan Juman a exhorté le gouvernement à suspendre toutes relations diplomatiques avec Israël en signe de solidarité avec la population de Gaza, plongée dans une grave crise humanitaire. Mais une telle mesure, bien que symboliquement forte, soulève des questions sur sa faisabilité et sur ses répercussions pour la diplomatie mauricienne.

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La guerre à Gaza continue de bouleverser la scène internationale, suscitant condamnations, appels à la paix et gestes de solidarité. À Maurice, la voix du député travailliste Ehsan Juman s’est ajoutée à ce plaidoyer en demandant au gouvernement d’aller plus loin que de simples déclarations, en suspendant toutes relations diplomatiques avec Israël tant que le blocus de Gaza persiste et que les droits des Palestiniens ne sont pas respectés. Une position ferme qui met en avant l’urgence humanitaire — plus de 500 000 personnes menacées par la famine — mais qui pose aussi une question cruciale : Maurice peut-elle réellement se permettre une telle rupture, et à quel prix sur le plan international ?

Répondant aux questions du Défi Quotidien, le député Juman affirme qu’Israël a franchi la ligne rouge. « Nous assistons aujourd’hui à une autre forme de guerre : priver les enfants, les femmes, les personnes âgées et les malades de nourriture et de médicaments. C’est totalement inacceptable. Au nom de l’humanité, nous devons montrer l’exemple. Je suis convaincu qu’une telle démarche représenterait une avancée majeure pour Maurice. »

Ehsan Juman estime que si tous les pays, et en particulier les grandes puissances, adoptaient une telle démarche, le Premier ministre israélien serait contraint d’y réfléchir à deux fois avant d’agir ou de prendre de telles décisions. Mais Maurice, petit État insulaire, a-t-il réellement la marge diplomatique pour adopter une position aussi radicale ? Pour le député travailliste, la réponse ne fait aucun doute. « Cela a déjà été fait par le passé, notamment en 1976 sous le mandat de sir Seewoosagur Ramgoolam et en 2009 sous celui du Premier ministre Navin Ramgoolam », rappelle-t-il.

Interrogé sur le risque que cette rupture avec Israël puisse nuire aux intérêts économiques ou stratégiques de Maurice, Ehsan Juman reste ferme. Pour lui, l’urgence humanitaire prime sur toute autre considération. « À mon avis, pour le peuple mauricien, la vie humaine ne peut pas être évaluée uniquement en termes de richesse économique ou d’intérêts commerciaux. Certes, une telle décision peut avoir des répercussions, positives ou négatives, mais il faut mettre cela de côté et avant tout répondre à la crise humanitaire. Quel que soit le peuple ou le pays confronté à une telle situation, nous devons montrer l’exemple. En tant que père de famille et citoyen du monde, je ne peux rester insensible face à la tragédie qui se déroule à Gaza. La valeur de la vie humaine dépasse de loin toute perte économique ou commerciale, » avance-t-il.

Il affirme qu’au lieu d’isoler Maurice sur la scène internationale vis-à-vis des alliés occidentaux proches d’Israël, une telle décision mettrait en évidence la détermination du pays. « Ce serait la preuve de notre grandeur, de notre force, de notre maturité et de nos valeurs. »

Le Conseil des ministres a approuvé vendredi dernier l’adhésion de Maurice à la « Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de la Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États », adoptée lors de la Conférence internationale de haut niveau au siège des Nations unies, à New York. 

Pour sa part, Rajen Narsinghen, Junior Minister aux Affaires étrangères, réaffirme la position de Maurice en faveur d’un règlement pacifique et d’un cessez-le-feu immédiat. « Nous y adhérons pleinement et nous l’avons souligné à plusieurs reprises, y compris par la voix du Premier ministre. Nous ne voulons aucune perte humaine, que ce soit du côté palestinien ou israélien. Nous espérons que les grandes puissances, notamment les États-Unis et l’Union européenne, joueront un rôle de conciliateur pour aboutir à une solution. Dans un second temps, il faudra situer les responsabilités des deux parties : les actions du Hamas d’une part, et les décisions d’Israël, dont certaines mesures sont clairement disproportionnées, d’autre part. » 

Réagissant à l’éventualité d’une rupture avec Israël, Rajen Narsinghen estime qu’une telle décision doit être prise avec sang-froid et après mûre réflexion..
 

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