Crise énergétique - Michael Sik Yuen : «Des stocks de carburant assurés jusqu’au 4 avril»
Par
Le Défi Quotidien
Par
Le Défi Quotidien
Face aux tensions au Moyen-Orient et à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, Maurice surveille de près sa sécurité énergétique. Le gouvernement assure que les stocks de carburant suffiront jusqu’au 4 avril, tout en cherchant à diversifier ses sources d’approvisionnement.
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, la question du carburant s’impose comme un enjeu stratégique pour Maurice. Le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, a tenu à rassurer en affirmant que les stocks actuels permettront de couvrir les besoins du pays jusqu’au 4 avril.
Dans le même temps, une nouvelle cargaison de plus de 20 000 tonnes métriques est en route vers Maurice à bord du MT Beaufort, conformément aux contrats établis par la State Trading Corporation (STC).
Cette situation intervient alors que plusieurs pays d’Asie, notamment l’Inde, font face à des tensions sur leur approvisionnement, allant jusqu’à envisager des mesures de rationnement dans certaines régions. Conscient de ces défis, le ministre du Commerce a indiqué que le gouvernement explore activement de nouveaux marchés afin de diversifier ses sources d’approvisionnement et ainsi réduire les risques liés à une dépendance excessive envers un seul partenaire.
Sur le plan local, cette dépendance suscite des inquiétudes. Jayen Chellum, de l’Association des consommateurs de l’île Maurice, estime que le pays doit impérativement revoir sa stratégie. Selon lui, « l’Inde puise elle aussi ses ressources dans le détroit d’Ormuz. Plus la guerre s’allonge, plus nous sommes à risque. La STC fait de son mieux, mais il faut chercher d’autres secteurs prometteurs. Tout est question de géopolitique. L’Inde s’est rangée du côté d’Israël et nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir. Certes, les bateaux indiens peuvent passer, mais rien n’est sûr ». Une analyse qui met en lumière la vulnérabilité des petits États insulaires face aux bouleversements internationaux.
Face à ces incertitudes, les autorités mauriciennes adoptent une posture prudente. Un comité de crise, présidé par le Premier ministre, se réunira ce mercredi 1er avril afin d’évaluer la situation et de définir les mesures à prendre pour garantir la continuité de l’approvisionnement. Cette réunion intervient dans un climat où la gestion des stocks et l’anticipation deviennent cruciales pour éviter toute rupture.
Du côté des partenaires sociaux, le discours se veut toutefois rassurant. Suttyhudeo Tengur se montre confiant quant à la capacité du pays à surmonter cette période délicate. Il souligne que Maurice bénéficie de contrats à long terme avec plusieurs fournisseurs et que des cargaisons sont déjà en cours d’acheminement. « Maurice est à l’abri pour le moment. Nous avons un stock suffisant et, avant même que nous soyons dans la crise, des cargaisons arrivent. Il ne faut pas céder au panic buying, il faut rester raisonnable », insiste-t-il.
À l’échelle internationale, la crise énergétique a déjà contraint plusieurs pays à adapter leur mode de fonctionnement. En France, les autorités ont encouragé le télétravail et limité la vitesse sur certaines routes afin de réduire la consommation de carburant. En Inde, des restrictions sur les livraisons et des mesures de rationnement ont été mises en place dans certaines régions. Au Sri Lanka, un système de quotas hebdomadaires a été instauré pour les particuliers, tandis qu’au Royaume-Uni, les autorités ont multiplié les campagnes en faveur du covoiturage et de la réduction des déplacements non essentiels. Au Pakistan, certaines stations-service ont dû adapter leurs horaires, voire suspendre leurs activités à certains moments, pour faire face à la pénurie.
Dans ce contexte mondial tendu, Maurice tente de maintenir un équilibre fragile entre sécurité énergétique et stabilité économique. Si les assurances gouvernementales permettent d’écarter, à court terme, le spectre d’une pénurie, la situation actuelle rappelle néanmoins l’urgence pour le pays de renforcer sa résilience énergétique et de diversifier durablement ses sources d’approvisionnement.