Crise au sommet de l’État : le PMO invite les partis politiques à forcer la présidente à partir

Ameenah Gurib-Fakim Ameenah Gurib-Fakim

Inconcevable. Face à la crise au sommet de l’État, l’Hôtel du gouvernement invite les différentes formations politiques à accentuer la pression sur la présidente de la République afin qu’elle démissionne.

Le mot d’ordre est clair au niveau du Prime Minister’s Office (PMO) : « Il faut que tous les partis politiques se mettent d’accord pour faire en sorte que la Présidente parte le plus vite possible. » Ameenah Gurib-Fakim était absente au coup d’envoi des célébrations dans le cadre des 50 ans de l’indépendance, mardi. La cellule de communication du Premier ministre insiste sur le fait que rien ni personne ne devrait entacher ce moment solennel. Et si pour l’heure on préfère se montrer optimiste et continuer à croire qu’une solution à l’amiable peut encore être trouvée, un des proches collaborateurs du chef du gouvernement ne manque pas de rappeler que le Premier ministre dispose toujours d’un recours constitutionnel. Celui-ci implique la présentation d’une motion à l’Assemblée nationale qui peut être votée à une majorité simple. Et une fois cette motion votée, il appartiendra à un tribunal indépendant de décider du sort de la Présidente. « Mais nous sommes conscients que cela risque de prendre une, voire deux années. C’est pour cela que nous espérons que le bon sens finira par prévaloir et que la Présidente se décidera à partir », explique-t-on au Bâtiment du Trésor.

Quoi qu’il en soit, l’heure doit être à l’unité nationale. Un appel est, de ce fait, lancé aux différents partis politiques. « Il nous faut être above petty politics. Il nous faut rassembler nos forces, tous partis politiques confondus, pour que la Présidente puisse partir dans le calme », explique un membre de la cellule de communication du PMO.

La rencontre d’hier entre le Premier ministre, le No 2 du gouvernement, Ivan Collendavelloo, et Ameenah Gurib-Fakim n’a toutefois rien donné. Car la Présidente se serait montrée intransigeante sur la question. Malgré les arguments présentés par les deux  responsables  du gouvernement, Ameenah Gurib-Fakim n’a rien voulu entendre. « Elle a été catégorique et estime qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle prenne la porte de sortie », confie quelqu’un familier du dossier.  Dans l’entourage de la Présidente c’est le même son de cloche. Les éléments qui nous sont parvenus indiquent que le gouvernement devra prendre son mal en patience. « Plantez une tente devant la State House et attendez 2020 », laisse échapper un habitué de la State House. « Elle n’a nullement fauté », ajoute-t-il.

La suite des événements sera en tout cas intéressante, avec les différentes célébrations et cérémonies protocolaires qui se profilent. Outre la fête de l’indépendance, il y aussi le 8 mars, Journée internationale de la femme. Le discours que compte prononcer le Premier ministre, Pravind Jugnauth, est à suivre avec attention. Le chef du gouvernement compte-t-il opter pour une confrontation directe ? D’autres sources à l’Hôtel du gouvernement se demandent si la Présidente y sera invitée ou pas, d’autant qu’elle est généralement installée au premier rang lors de tels évènements.


Pravind Jugnauth : «Il y a divergence»

Mardi soir, le Premier ministre a souligné la position du gouvernement par rapport à l’affaire impliquant la présidente de la République. « Il y a eu consensus au sein du gouvernement et c’est à la suite de cela que nous sommes allés rencontrer la présidente pour lui faire part de l’opinion du gouvernement. Nous avons parlé de plusieurs aspects concernant les articles parus dans les médias. Elle a aussi donné son point de vue, mais elle ne partage pas mon opinion. Il y a donc divergence », a indiqué Pravind Jugnauth.

Barlen Vyapoory en pole position 

Dans l’éventualité d’un départ avant terme d’Ameenah Gurib-Fakim, c’est le vice-Président, Barlen Vyapoory, qui est donné comme favori pour accéder à la présidence. Tout au moins ce qui se chuchotait dans les couloirs de l’Hôtel du gouvernement. D’autres noms sont cependant cités, notamment ceux de l’ancien ministre Sam Lauthan et de l’ancien Deputy Prime Minister, Rashid Beebeejaun.  Ce dernier n’a cependant pas souhaité faire de commentaires, mardi après-midi. Il dit suivre cette affaire de près.

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