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Crise au Moyen-Orient : les 10 pays les plus touchés depuis février 2026

Par Defimedia.info
Publié le: 4 May 2026 à 06:33
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Crise au Moyen-Orient  les 10 pays les plus touchés depuis février 2026

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février 2026, l’onde de choc ne s’est pas limitée aux lignes de front. Hausse des prix du pétrole, inflation importée, recul du produit intérieur brut, dépréciation des monnaies et chute du pouvoir d’achat ont frappé de plein fouet les pays les plus fragiles. Les données des Nations unies montrent que le conflit pourrait faire basculer 32 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté dans 162 pays, avec un impact particulièrement sévère au Levant, dans les États arabes fragiles et dans plusieurs économies importatrices nettes d’énergie.

No 1 – Gaza / Territoires palestiniens

Gaza arrive en tête, car elle cumule destruction physique, blocage de l’économie et effondrement du niveau de vie. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime que 1,74 million de personnes supplémentaires pourraient tomber dans la pauvreté dans les territoires palestiniens, portant le taux de pauvreté à 58,4%.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) avertit que, si l’accès humanitaire reste bloqué, 1,3 million de personnes pourraient survivre avec des rations ramenées à 25% des besoins quotidiens, ce qui traduit une explosion concrète du coût de la vie alimentaire. Ici, la crise n’est pas seulement inflationniste : elle détruit directement la capacité de consommer, de produire et de se nourrir.

No 2 – Liban

Le Liban suit de très près, parce qu’il combinait déjà crise monétaire, inflation structurelle et dépendance aux importations. Selon la Central Administration of Statistics relayée par Credit Libanais, l’inflation annuelle a atteint 17,26% en mars 2026. Ce chiffre signifie une dégradation rapide du pouvoir d’achat des ménages, notamment sur les carburants, les produits importés et l’alimentation. Avec la guerre, le pays replonge dans un scénario de stagflation, mêlant activité en berne et prix en hausse.

No 3 – Iran

L’Iran figure au troisième rang en raison du poids direct de la guerre sur son territoire et de son rôle central dans le choc énergétique mondial. Les Nations unies et l’OMS ont documenté de nombreuses attaques contre des infrastructures civiles et de santé, avec des centaines de morts dès les premiers jours de l’escalade. La fermeture du détroit d’Ormuz, passage majeur pour les hydrocarbures mondiaux, a contribué à faire grimper le baril vers 100 dollars, contre un peu plus de 60 dollars auparavant selon plusieurs estimations relayées dans la presse économique française. Cette hausse renchérit les carburants, les importations et les biens de base, tout en aggravant les déséquilibres internes.

No 4 – Syrie

La Syrie reste l’un des pays les plus vulnérables, car elle abordait déjà cette nouvelle guerre avec une économie brisée, des infrastructures délabrées et une dépendance forte aux importations essentielles. Le PNUD souligne que la hausse de la pauvreté dans les États arabes se concentre au Levant et dans les pays fragiles.

Dans un tel contexte, chaque hausse du coût de l’énergie ou du transport se répercute immédiatement sur les prix des denrées et sur le niveau de vie des ménages. La Syrie est donc parmi les pays où la perte de bien-être est la plus forte à revenu égal.

No 5 – Irak

L’Irak subit un choc paradoxal : pays pétrolier, il reste très exposé à la désorganisation régionale et au renchérissement des importations. Les scénarios du PNUD anticipent pour le Levant et le Golfe une contraction du PIB de 3,7% à 6%, soit une perte comprise entre 120 et 194 milliards de dollars. Pour l’Irak, cela signifie moins de recettes stables, plus de coûts logistiques et une pression accrue sur les biens de consommation importés. La hausse des prix à la pompe et sur les produits de première nécessité réduit mécaniquement le revenu réel des ménages.

No 6 – Jordanie

La Jordanie, importatrice nette d’énergie, encaisse l’un des chocs les plus nets sur le coût de la vie. Le PNUD insiste sur le fait que la moitié de l’augmentation mondiale de la pauvreté concerne les pays importateurs nets d’énergie, précisément parce qu’ils absorbent de plein fouet la hausse des prix du pétrole et des denrées. Pour la Jordanie, cela se traduit par une facture énergétique alourdie, des tensions budgétaires accrues et une baisse du pouvoir d’achat des foyers modestes. Le mécanisme est simple : plus l’énergie importée coûte cher, plus les transports, l’électricité et les produits de base renchérissent.

No 7 – Yémen

Le Yémen devrait figurer dans ce top 10, même s’il n’est pas toujours compté dans le seul Levant, parce qu’il est cité par le PNUD parmi les pays fragiles où les pertes de bien-être sont les plus sévères. Dans un pays déjà ravagé par la guerre et l’insécurité alimentaire, toute hausse du prix du carburant ou des denrées importées a un effet démultiplié. Les ménages y consacrent une part très élevée de leurs revenus à l’alimentation et au transport, si bien qu’une inflation importée même modérée se traduit immédiatement par une perte massive de pouvoir d’achat.

No 8 – Soudan

Le Soudan figure dans ce classement. Les Nations unies le citent explicitement parmi les pays fragiles où la hausse de la pauvreté se concentre avec le Levant. En Afrique, 29 monnaies se sont déjà dépréciées depuis le choc, ce qui renchérit le service de la dette extérieure ainsi que les importations de carburant, d’aliments et d’engrais. Pour le Soudan, qui cumule conflit interne, dépendance commerciale et vulnérabilité sociale, la guerre au Moyen-Orient agit comme un accélérateur du coût de la vie et de l’appauvrissement des ménages.

No 9 – Égypte

L’Égypte apparaît dans ce classement en raison de sa très forte sensibilité au prix de l’énergie, à l’alimentation importée et au trafic régional. Les perturbations énergétiques du Golfe menacent aussi l’accès à l’ammoniac et à l’urée pendant la saison des semis, ce qui peut peser sur les coûts agricoles et alimentaires dans les pays dépendants des importations. Pour un pays densément peuplé comme l’Égypte, toute hausse des carburants et des produits de base se traduit rapidement par une érosion du pouvoir d’achat et par une tension plus forte sur les finances publiques si l’État choisit d’amortir le choc par des subventions.

No 10 – France
La France ferme ce classement non parce qu’elle est directement en guerre, mais parce qu’elle illustre l’effet international de la crise sur les économies importatrices. L’Insee a constaté une accélération de l’inflation à 1,7% sur un an en mars 2026, contre 0,9% en février, principalement sous l’effet de l’énergie. La consommation des ménages a reculé de 1,4% en février, tandis que la remontée du baril vers 100 dollars, contre un peu plus de 60 dollars auparavant, a pesé sur les carburants, le chauffage et les transports. Le cas français montre que même les économies avancées voient leur pouvoir d’achat attaqué lorsque le pétrole se transmet à toute la chaîne des prix.

Ce que disent les chiffres

Le point commun de ce top 10 est clair : la guerre agit par trois canaux. D’abord, elle réduit ou menace l’offre d’énergie, en particulier via le Golfe, ce qui fait monter le prix du pétrole. Ensuite, elle renchérit le transport, les engrais, l’alimentation et les importations de biens essentiels. Enfin, elle fragilise les monnaies et les budgets publics, surtout dans les pays pauvres ou très dépendants des achats extérieurs. Au total, le PNUD estime que près de 4 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber dans la pauvreté dans les États arabes dans les scénarios de forte intensité, tandis que la région CCG-Levant pourrait perdre entre 120 et 194 milliards de dollars de PIB.

•    Le classement dit une vérité brutale : dans cette guerre, les bombes détruisent sur place, mais les prix détruisent à distance. À Gaza, au Liban, en Syrie, au Yémen ou au Soudan, la crise se mesure déjà dans l’assiette, dans le réservoir et dans la monnaie du quotidien ; ailleurs, jusqu’en Europe, elle rappelle qu’un choc pétrolier au Moyen-Orient peut encore, en quelques semaines, faire fondre le pouvoir d’achat de millions de familles.

Sources :

Programme des Nations unies pour le développement 
•    UN News 
•    Programme alimentaire mondial (PAM) 
•    Direction générale du Trésor (France) 
•    Central Administration of Statistics (Liban) 
•    Insee (France) 
•    La Tribune 
•    Agence internationale de l’énergie (AIE) 
•    EconomieMatin 
•    BAD / Union africaine / PNUD / CEA 
•    Les Clés du Moyen Orient 
•    France 24

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