Crise au MMM : tensions et incertitudes
Par
Defimedia.info
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La démission de Paul Bérenger comme Deputy Prime Minister a ouvert une période de turbulences au sein du MMM. Entre recomposition interne, soutiens stratégiques et malaise grandissant dans le camp de ceux qui ont choisi de rester, le parti traverse une zone d’incertitude dont l’issue pourrait se jouer lors de la conférence de presse annoncée ce mercredi.
Au lendemain de la démission de Paul Bérenger comme Deputy Prime Minister, les lignes continuent de bouger au sein du MMM. Une réunion s’est tenue dimanche 22 mars à Riverwalk avec des proches du Bureau politique, dont Joanna Bérenger et Daniella Bastien, ainsi que plusieurs fidèles lieutenants. Cette rencontre confirme une phase de recomposition interne encore incertaine.
Selon les informations recueillies, l’un des éléments marquants reste le maintien, par Paul Bérenger, de soutiens stratégiques, notamment au sein de l’aile jeune et de l’aile féminine du parti. Un signal fort qui laisse entendre que, malgré son départ du gouvernement, il conserve une influence certaine sur les structures militantes du MMM.
Par ailleurs, certaines figures historiques, comme le Dr Satish Boolell et le Dr Parmessur Ramloll, graviteraient également autour de cette dynamique, laissant entrevoir la possibilité d’un repositionnement plus large. Toutefois, derrière cette apparente cohésion, des fissures subsistent.
En effet, plusieurs sources évoquent un malaise grandissant au sein du « gang des 16 », ce groupe de cadres ayant pris part au point de presse de vendredi dernier. Certains d’entre eux ne seraient pas totalement alignés avec la tournure des événements. « Ena inn vini, me pa ti kone ki pou dir… aila kot sitiasion ete… », confie une source proche du dossier, traduisant un certain flottement dans la communication et la stratégie.
Dans ce contexte, la conférence de presse annoncée pour mercredi 25 mars à 11 heures est très attendue. Elle pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir du MMM et clarifier les intentions de son leader historique dans une conjoncture politique particulièrement mouvante.
La démission de Paul Bérenger comme Deputy Prime Minister a provoqué une onde de choc. Si ses ex-collaborateurs l’ont critiqué, militants et internautes, eux, lui ont témoigné une sympathie massive, dénonçant une trahison sans précédent.
La démission de Paul Bérenger du poste de Deputy Prime Minister (DPM) continue de faire des vagues. Si certains membres du gouvernement, pourtant pas du même bord politique que lui, ont déploré son départ avec tact et diplomatie, ceux qui étaient hier encore ses plus proches collaborateurs ont adopté, depuis le mercredi 18 mars, une posture de défiance.
Tout en qualifiant de « triste » sa décision de se retirer, ils n’ont pas hésité à critiquer vertement les agissements de leur « ancien » leader, mettant en lumière « ses travers », sans doute pour l’affaiblir politiquement. Cette offensive n’a visiblement pas produit l’effet escompté. Sur les réseaux sociaux, Paul Bérenger a au contraire récolté une vague de sympathie.
De nombreux internautes peinent à imaginer le MMM exister sans lui. Pour eux, les élus qui ont choisi de rester au gouvernement sans leur leader l’ont trahi, tournant le dos aux principes et valeurs fondateurs du parti. Ce « hold-up » politique est d’ailleurs qualifié de sans précédent par certains.
Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Fabrice M., pour qui « L’histoire retiendra qu’une bande de vautours inn trahir enn MONUMENT ». Dans le même registre, Jameel D. interpelle directement les parlementaires restants : « In life there is something that is called loyalty towards someone who held your hand when you were still a baby in that field. Never forget that, sir, at least a little respect for that. »
D’autres internautes élargissent la réflexion à l’avenir politique du pays. Roshaan K. écrit ainsi : « Let us hope there is hope Mauritian brain will awaken and will know how to vote for next election. Yesterday the leader was god to them and today what I listen, how they treat and talk about their leader, you then realize even with education Mauritian politicians have not evolved. But I liked the way Hon. Reza Uteem talked. Anyway, it is up to us Mauritians to think. Maybe high time for a troisième force to emerge. But bye bye Rajesh Bhagwan, Ajay Gunness, Ariane Navarre. Indeed shocking. »
C’est précisément le sentiment de trahison qui revient avec le plus de force. Killer-D. R. n’y va pas par le dos de la cuillère, estimant que les parlementaires mauves ayant choisi de rester au gouvernement sont « aveuglés par le pouvoir et l’intérêt personnel » et qu’ils « trahissent les valeurs qu’ils prétendent défendre ».
Une conviction partagée par Sach R., qui résume : « MMM c’est Paul Bérenger, et Paul Bérenger c’est le MMM. Tous les militants le savent. Par conséquent, vous devez vos mandats de députés et de ministres à Paul Bérenger. »
Sollicité dimanche, Rajesh Bhagwan n’a pas souhaité faire de commentaires.