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Crise au MMM portant sur son retrait au GM Daniella Bastien : « Paul Bérenger respecte les instances »

Par Defimedia.info
Publié le: 20 mars 2026 à 10:31
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Partira, partira pas ? Paul Bérenger convoque la presse ce vendredi à 11 h

Après plusieurs réunions de consultation au sein du MMM, Paul Bérenger s’apprête à trancher, le lundi 23 mars, sur son avenir politique. Entre respect des instances du parti et engagement personnel envers le pays, le leader mauve est à la croisée des chemins.

Les « gesticulations » de Paul Bérenger divisent. Pour certains, elles ressemblent à du mauvais cinéma, celles d’un homme « incapable » de prendre une décision. Pour d’autres, il joue avec les nerfs de la population en tenant le pays en otage, alors qu’il aurait des révélations à faire. D’autres encore estiment qu’il a perdu non seulement sa crédibilité, mais aussi sa légitimité en tant que leader du Mouvement militant mauricien (MMM) – et ce, après avoir dû ravaler ses propres propos : il avait affirmé que, contraint de choisir entre son parti et son pays, c’est le pays qu’il choisirait.

Pourtant, à l’issue de la réunion du comité central (CC) tenue au Hennessy Park, à Ébène, le mercredi 18 mars, c’est bien le souhait de la « grande majorité » des militants qu’il a finalement suivi, en décidant que le MMM resterait au gouvernement. A-t-il mis de l’eau dans son vin, ou a-t-il au contraire fait preuve de sagesse en démontrant qu’il sait écouter ?

Pour comprendre cette succession de rencontres, il faut saisir le fonctionnement des instances du MMM. Avec les réunions de « consultation » à répétition – tantôt le CC, tantôt le bureau politique (BP), tantôt, éventuellement, l’Assemblée des délégués –, il y a de quoi en perdre son latin. Daniella Bastien apporte un éclairage sur sa page Facebook :

« Nos instances n’ont jamais cessé de fonctionner malgré deux décennies au sein de l’opposition. Ces instances sont représentatives de notre base. Il y a les branches, les comités régionaux, le comité central, le bureau politique et l’assemblée de délégués. Ce que le bureau politique décide doit être validé dans le comité central, où il y a des représentants de chaque circonscription. »

Le site du parti détaille lui aussi ce fonctionnement. Les instances du MMM sont construites à partir de la base : dans chaque circonscription, une ou deux branches sont organisées autour de chaque école – convertie en salle de vote lors des élections. Si une circonscription compte 14 écoles, par exemple, elle comptera autant de branches. Chacune d’elles a pour rôle de rassembler les gens de la localité autour du parti et est dotée d’un président et d’un secrétaire, chargés de collecter informations et réflexions de leur quartier.

Ces présidents et secrétaires de branche siègent ensuite dans le comité régional, qui regroupe ainsi les représentants de toutes les branches d’une circonscription. Le président et le secrétaire du régional, auxquels s’ajoutent un représentant de l’aile jeune et une représentante de l’aile féminine, siègent à leur tour au comité central – instance nationale composée de l’ensemble des comités régionaux du pays. C’est là que, selon les règlements du parti, toutes les décisions du MMM sont prises. Il faut d’ailleurs être élu au comité central pour pouvoir siéger au bureau politique, lequel gère le quotidien du parti et est, de ce fait, « accountable » devant le comité central.

Le circuit de l’information est ainsi clairement défini : les remontées de la base parviennent au sommet de la pyramide, puis redescendent vers elle. Le secrétaire de chaque comité régional présent au comité central est d’ailleurs tenu d’organiser, dans la semaine suivant chaque réunion, une rencontre avec son comité régional pour partager les informations émanant du sommet.

C’est précisément cette mécanique institutionnelle qui explique la succession de rencontres observée ces dernières semaines. Mais ce lundi 23 mars, Paul Bérenger sera face à lui-même. S’il doit annoncer sa décision de se retirer du gouvernement, le BP et le CC ne pourront que prendre acte de son choix personnel. Car si le CC a décidé, le 18 mars, que le MMM devait rester au gouvernement, la décision de lundi relèvera, elle, de sa responsabilité individuelle.

Daniella Bastien le résume ainsi sur sa page : « Paul Bérenger est un homme de Parti, mais il est avant tout un patriote. Il respecte les instances. Ce qu’il fera, en son nom personnel, c’est autre chose et tout le monde devra l’accepter. »

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