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Cri du coeur : les malheurs de Sophie

Sophie Sophie souffre tous les malheurs du monde et compte sur la générosité des Mauriciens.

Sophie, une habitante de Goodlands âgée de 30 ans, vit avec une prothèse à la colonne vertébrale depuis un an. Keira, sa fille, est née prématurée avec une paralysie cérébrale. Vivant dans le total dénuement, la mère raconte son chemin de croix et lance un SOS.

Sophie (prénom modifié),a d’abord connu une vie de couple très difficile. Pourtant, c’est après mûres réflexions qu’en juin dernier, elle se met avec Samuel, un plombier de 39 ans. L’homme est un divorcé et père d’un enfant de 12 ans. Tous deux, Sophie et Samuel, ont voulu redonner une nouvelle chance à l’amour. De cette union est né Jamel, il y a cinq mois.

Depuis un an, Sophie ne peut plus travailler. Souffrant du syndrome de la queue de cheval, elle a dû subir une opération de la colonne vertébrale. Il s’agit d’une pathologie déclenchée par sa grossesse et qui se traduit par une compression des nerfs des vertèbres lombaires. Depuis, Sophie vit avec une prothèse au dos. Elle s’assoit avec peine sur une chaise. « Pour dormir, c’est un véritable calvaire », dit-elle.

Il y a cinq ans naissait Keira, bébé prématuré de moins d’un kilo. La petite fille est placée dans une couveuse dans un hôpital. Le médecin demande à voir le compagnon et la mère de Sophie. Cette dernière apprend à Sophie que Keira ne tiendra pas le coup. Sophie peine à accepter cette éventualité. En tant que mère, elle décide de placer toute sa foi en Dieu. Malgré les séquelles de la césarienne, elle fera le va-et-vient pour voir sa fille reliée à divers appareils. Elle ne peut la voir qu’à travers les vitres de la couveuse. Sophie prend son mal en patience. Mais elle est finalement au bout du rouleau. « Mo pas ti pe kapav guett li. Monn ziska mem envisaz dir dokteur debrans li. Zott inn dire moi garde lespoir », explique la jeune mère.

Toutefois, Dieu en aura décidé autrement. Deux mois plus tard, pour la première fois, Sophie tenait Keira dans ses bras.  

La naissance prématurée de ce deuxième enfant n’a pas été de tout repos pour la jeune mère. Outre les séquelles de la césarienne, Sophie doit affronter le refus de Mathias, son compagnon d'alors, d’assumer ses responsabilités de chef de famille. Sophie va alors s’installer chez sa mère. Mais sept mois plus tard, Mathias lui demande de retourner. Elle finit par accepter. Mais les choses vont vite dégénérer. Sophie et ses enfants vont se retrouver à la rue. « Tout kass ki ti pe gagne mo ramasse mo donne li pou paye loyer. Mai apre monn apran ki zamai linn paye proprietaire. »

Rs 500 la journée

Travailler pour Rs 500 par jour ne suffit pas à Samuel pour faire bouillir la marmite.
Travailler pour Rs 500 par jour ne suffit pas à Bernard pour faire bouillir la marmite.

C’est au même moment que Sophie apprendra l’infidélité de son compagnon. Elle en a ras-le-bol et part se réfugier avec Kylan et Keira chez son père Bernard (57 ans). Son père avait pourtant tenté de la dissuader de se mettre en couple avec Mathias. Elle n’a pas écouté. «Mo tifi sa, mem si linn fer latet dir, mo pa kapav rezett li. »

Depuis, les enfants habitent chez leur grand-père, un maçon, au cœur tendre. Il avouera avec peine qu’il a du mal à nourrir la famille, car il n’a pas de travail fixe. Sa femme, 55 ans, n’a pas de revenus et s’occupe de la maison. C’est à elle que revient la responsabilité de conduire son petit-fils à l’école. Quant à Sophie, elle veille sur Keira à longueur de journée. « Je ne peux la laisser sans surveillance un seul instant», dit-elle. Samuel peine à trouver du boulot. S’il en trouve, c’est pour avoir moins de Rs 500 la journée, donc une somme nettement insuffisante pour nourrir la famille. On est contraint de vivre au jour le jour. Cependant, le trentenaire ne veut pas baisser les bras et multiplie les démarches pour se trouver un boulot fixe qui lui permettra de subvenir aux besoins de la famille. Mais difficile à en trouver : « Certains employeurs me réclament des certificats, des attestations dans certains domaines, or moi je n’ai que l’expérience », explique Samuel.

Actuellement, c’est le petit frère de Sophie qui subvient aux besoins de cette famille composée de cinq adultes et de trois enfants. Samuel et Bernard tentent de leur mieux pour gagner des sous, mais ils reviennent souvent bredouilles. L’argent fait défaut, même si Keira perçoit une pension d’invalidité. Sophie avait l’esprit tranquille durant une période d’une année. Tout a basculé lors de son examen devant un Medical Board. Les médecins avaient alors décidé de ne pas renouveler son allocation. Elle s’est retrouvée dans de beaux draps. C’est pourquoi, n’ayant nul autre recours, elle a décidé de faire appel à la « générosité légendaire » des Mauriciens.

Cette famille a besoin de couches pour Keira (5 ans), des aliments pour bébé, du matériel scolaire et des uniformes (short navy et chemise bleu ciel) pour un enfant de 7 ans. Elle a aussi besoin de vivres et un coup de main d’une personne généreuse qui pourrait procurer du travail de plomberie ou de maçonnerie à Samuel et Bernard afin qu’ils puissent rapporter de la nourriture à la maison.