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Covid-19 : ces rémèdes urgents à appliquer

Une baisse de la croissance est attendue cette année.

Des touristes en moins, des recettes d’exportation en baisse, des coûts d’importation en hausse, des problèmes d’approvisionnement. Les symptômes qui guettent le pays dans le sillage de la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19) ne sont pas des moindres. Comment s’en immuniser ?

« En tant qu’économie ouverte, Maurice sera frappé de plein fouet par le coronavirus. Nous sommes déjà dans un état de crise, car la situation est incertaine », préviennent les économistes. Le pays a notamment du souci à se faire, notamment au niveau de ses importations. «Les coûts vont augmenter. Par exemple, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEC) compte réduire sa production de pétrole. Ce qui risque de faire grimper les prix », souligne un observateur économique sous le couvert de l’anonymat. Les importations seront également perturbées en termes d’approvisionnement.

« La vraie question est est-ce qu’on pourra continuer à importer ? Est-ce que nous aurons suffisamment de réserves alimentaires, en médicaments et en produits pétroliers ? Les compagnies maritimes risquent de ne plus affréter des bateaux dans les régions les plus affectées. Loin de moi de créer la panique, mais il nous faut être conscients de ce qui nous attend.  Ce n’est qu’alors qu’on peut se préparer », explique-t-il.

Jouer la carte diplomatique

Pour pallier à tout manque de produits, Maurice doit, insiste notre interlocuteur, jouer la carte de la diplomatie. Ceci, afin que nos partenaires stratégiques tels que l’Australie, l’Inde et l’Afrique du Sud puissent nous venir en aide en cas de situations d’urgence médicales ou alimentaires.

« Outre des perturbations des échanges du côté de l'offre, nous nous attendons à ce que le ralentissement des voyages internationaux affecte principalement l'industrie du tourisme. Nos projections du scénario de base pour les arrivées de touristes cette année suggèrent une baisse d'environ 3,15% à 4,75%. Le secteur manufacturier pourrait également être touché. Nous prévoyons une réduction de 10 à 25 points de base (0,10% - 0,25%) de la croissance pour 2020 », souligne Amit Bakhirta, Founder et CEO d’Anneau.

Mais, à chaque problème ses solutions. Dans l’immédiat, plusieurs observateurs économiques prônent des actions monétaires. Dans une analyse publiée cette semaine, Swan Securities recommande une baisse des taux d’intérêt en vue de soutenir l’économie. Amit Bakhirta est du même avis. « Les autorités devraient considérer des mesures monétaires accommodantes dans l’éventualité d’un prolongement de l’effet multiplicateur du coronavirus. Cela en maintenant quand même un équilibre indépendant du ‘libre-marché’ », conseille-t-il.

Le pays doit également prendre d’autres actions. « Il faudra se parer au choc, car qui dit ralentissement économique, dit baisse des dépenses, des investissements et du développement des entreprises. Il faudra aussi se préparer à l’après-crise », avance un économiste.

Il est important, insiste-t-il, que le pays et les opérateurs économiques affinent leurs stratégies pour se préparer à rebondir après le choc. «L’avantage quand il y a un ralentissement économique mondial, c’est ce que cela libère le temps. Au lieu de stresser, mettons ce temps à bon escient. Il faut se réunir et dégager des stratégies de relance pour se positionner et se consolider après la crise », recommande-t-il.  Pour notre interlocuteur, le coronavirus doit aussi nous servir de leçon. « Nous sommes trop dépendants. Nous devons miser sur l’autosuffisance, le recyclage et l’énergie renouvelable. On en a toujours parlé, mais on ne les a pas donnés suffisamment d’importance », conclut-il.


Ces données  qui interpellent

Croissance
Une réduction de 0,1 et 0,3 % de la croissance est attendue cette année, selon les estimations du gouvernement. Au niveau de Business Mauritius, on prévoit une baisse de 0,2 % en raison du coronavirus. Le taux de croissance s’élevait à 3,6 % en 2019.

Exportations
Au niveau de la Mauritius Export Association, on prévoit une baisse de 10 % des recettes d’exportation générées par l’Europe en cas de propagation accélérée du coronavirus.

Tourisme
En fermant ses frontières à plusieurs pays, Maurice se retrouve confronté avec un manque à gagner en termes d’arrivées et des recettes touristiques.


Le facteur de peur

« Nous restons conscients du ‘facteur de peur’ qui affecte en particulier les perturbations de la chaîne d'approvisionnement à ce stade, les principaux marchés développés, émergents et frontières (y compris Maurice). Toutefois, seuls 58 pays sur 195 (soit à peine 30% de la planète) ont détecté l'infection par le coronavirus (Covid-19). ;   89 000 personnes auraient contracté cette maladie (ce qui représente 0,0011% des 7,8 milliards de personnes dans le monde). Par conséquent, les chiffres ne sont pas encore incontrôlables », tient à rassurer Amit Bakhirta. Si les cas signalés atteignaient un pinacle vers avril /mai, le deuxième semestre devrait, poursuit-il, être un point d'inflexion dans le commerce mondial et les flux de capitaux. Et de conclure : « Il faut empiriquement noter que la grippe saisonnière et les décès ‘réguliers’ dans le monde produisent des chiffres nettement plus conséquents que ceux du coronavirus. »

Pays qui n’ont plus accès à Maurice Nombre d’arrivées en 2018 Nombre d’arrivées en 2019
Chine  65 736  42 740 
Italie  38 361  41 991 
Iran  258 136
République de Corée-du-Sud  7 204  7 072 

Source : Statistics Mauritius.

 

 

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