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Coronavirus : la gestion de la crise

Le coronavirus, ce virus qui fait peur, s’étend dans le monde et l’économie mondiale est sérieusement affectée– les bourses, la crise au sein de l’OPEP avec l’effet d’effondrement du cours du pétrole.

Ça y est ! À Maurice, on n’est plus dans l’impact de -0.1 à -0.3% de la croissance annoncée par le ministre des Finances fin février. Le PM parle de - 0.9 % de croissance en 2020 et de sérieuses difficultés économiques pour les trois prochaines années. Le ministre du Tourisme, après être trop vite tombé dans la facilité de la formule Maurice destination refuge, commence à se rendre compte de la gravité de l’impact sur le tourisme mauricien. Ne parlons pas du ministre Sunil Bholah qui, même après la conférence de presse du PM, trouve moyen de déclarer que le coronavirus est une opportunité pour nos PME ! Nous l’avions écrit ici même le 2 mars que ce n’est pas que le tourisme qui sera affecté, tous les secteurs, en raison de l’architecture de notre économie ouverte, le seront y compris le BPO.

Ceci nous amène à une question fondamentale qui va être dorénavant extrêmement importante dans la gestion de la crise du coronavirus : la crédibilité. À ceux qui invoquaient la confiance comme ingrédient-panacée pour l’État et les perspectives de l’économie nationale, il leur faut revoir leur copie. La confiance est liée à la crédibilité, elle-même liée à la défiance/méfiance ambiante. La gestion de la crise va être d’abord psycho-sociologique.

C’est abord et avant tout aux responsables des autorités publiques de faire preuve de responsabilité, non seulement dans les discours mais aussi dans les actionS/initiatives concrètes. La crise est là et ne fait que commencer. Il faut se préparer à commencer à dégager les scenarios en fonction de son ampleur et de sa durée sur le front sanitaire et économique.

La crise économique au niveau international provoquée par le corona virus est plus grave que la crise financière de 2008. La crise actuelle concerne l’économie réelle – la production, la consommation et le flux des importations et d’exportations du commerce international de biens stratégiques avec la Chine comme l’atelier du monde. Rama Sithanen, le ministre des Finances de l’époque, avait évoqué en 2008 dans un premier temps la résilience de notre économie pour ne pas prendre des mesures. Finalement, il a dû venir avec un ‘stimulus package’.

Le Dr Padayachy, notre ministre des Finances actuel, travaille sur un ‘stimulus package’ pour les entreprises des différents secteurs impactés par la crise actuelle. D’abord, la sagesse voudrait que l’on tire les leçons du ‘stimulus package’ de 2008 pour éviter certains graves abus de l’époque. Par ailleurs, nous attendons le contenu de la réduction des dépenses de 10% des différents ministères. Oui, il faut veiller à tailler dans le gras et non dans la chair tant dans les entreprises publiques que privées. Nous n’insisterons jamais assez que le fardeau doit être porté de manière équitable par tous.

Sur le front sanitaire à ce jour, les autorités sanitaires mauriciennes semblent avoir bien géré la situation. Il ne faut toutefois pas ignorer des critiques sérieuses sur certains aspects du plan d’action présenté par le ministre de la Santé. Il faut de l’écoute active pour arriver à mobiliser toutes les compétences d’où qu’elles viennent pour lutter contre ce virus. Sur la base des données existantes, il convient de mettre au point un plan proactif avec les ressources et logistiques appropriées afin de protéger et soigner ceux qui seraient contaminés.

C’est simple : l’enjeu n’est pas partisan mais national. Partant de là, prenons conscience le plus rapidement possible que l’idéologie de la com n’a pas sa place dans la situation actuelle. L’heure est plus que jamais à la raison communicative. La gestion de la crise va être très délicate et les autorités, dont ses communicants, doivent en prendre la pleine mesure. Le virus arrive dans une société sous fortes tensions manifestes et latentes avec une dose de défiance vis-à-vis des autorités et institutions publiques et privées. Les réseaux sociaux sont très révélateurs des dynamiques négatives qui travaillent une partie de la population avec un déficit du sens et du civisme. La défiance devient vite méfiance. Cette crise va relever les fragilités de notre tissu social. Déjà, nous avons eu la colère à Quatre-Sœurs lors d’une réunion d’explications pour l’implantation d’une quarantaine. Il faut à tout prix éviter la panique qu’on voit dans d’autres pays

Nous devons tous, chacun d’entre nous, assumer notre part de responsabilité et apporter notre collaboration pour une gestion la plus efficace et saine possible. Une chose est sûre : il ne faut pas jeter l’huile sur le feu, soit pour tirer un capital politique soit pour régler des comptes. Personne n’a le droit de politicailler sur le coronavirus. La déclaration de Navin Ramgoolam à l’effet qu’il existerait des cas de coronavirus à Maurice est tout simplement scandaleux. Cette position contraste singulièrement avec celle d’Arvin Boolell qui, tout en étant vigilant et critique, fait preuve de la responsabilité qu’exige la situation.

Le défi de l’heure et des jours à venir consiste à créer l’environnement nécessaire pour réunir tous les ingrédients d’une mobilisation nationale. Soyons vigilants et préparons-nous activement sur le front sanitaire et économique. Soyons tous et chacun d’entre nous à la hauteur de l’enjeu.

Par : Malenn Oodiah

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