Coopératives : un plan stratégique en préparation
Par
Fabrice Laretif
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Fabrice Laretif
Réunis à Port-Louis, acteurs publics et privés ont identifié des priorités afin d’élaborer une feuille de route pour l’avenir coopératif national.
Un atelier consacré à l’élaboration d’un plan stratégique pour le secteur coopératif s’est tenu, le 9 juillet, au Caudan Arts Centre, à Port-Louis. Cette rencontre a rassemblé des représentants des sociétés coopératives, des parties prenantes, des partenaires de développement, des spécialistes du secteur ainsi que des responsables de la division des coopératives.
Les discussions se sont articulées autour de six axes considérés comme prioritaires : la sécurité alimentaire, les services financiers, l’artisanat, la promotion des exportations des produits coopératifs, la numérisation et l’énergie. Les recommandations formulées au terme des travaux serviront de base à la rédaction d’un plan stratégique destiné à orienter le développement du secteur au cours des prochaines années.
Intervenant lors de l’ouverture de l’atelier, Aadil Ameer Meea, ministre de l’Industrie, des PME et des Coopératives, a rappelé que le modèle coopératif occupe depuis longtemps une place importante dans le développement économique et social de Maurice. Selon lui, il a permis à de nombreux citoyens de mutualiser leurs ressources, de créer des activités économiques et d’améliorer leurs conditions de vie grâce à des principes fondés sur la solidarité, la participation démocratique, l’entraide et le partage des bénéfices.
Le ministre a toutefois estimé que les coopératives évoluent dans un environnement marqué par l’incertitude économique, les effets du changement climatique, les mutations technologiques et l’évolution des attentes des consommateurs. Dans ce contexte, il a avancé qu’elles doivent adapter leurs modes de fonctionnement afin de préserver leur compétitivité et de continuer à répondre aux besoins de leurs membres. Les enjeux liés au secteur de la pêche ont également été évoqués par le Dr Soobaschand Sweenarain, de la Commission de l’océan Indien.
Il a fait observer que le lagon mauricien fait face à une surexploitation et que les pêcheurs pourraient évoluer vers une approche davantage orientée vers l’entrepreneuriat afin de générer davantage de revenus. Il a indiqué que le pays compte environ 7 500 pêcheurs, dont plusieurs sont regroupés au sein de coopératives. Il a précisé qu’un nombre important d’entre eux n’est pas enregistré, ce qui les prive notamment de certains dispositifs de protection sociale.
Selon lui, la petite pêche représente un chiffre d’affaires d’environ Rs 2 milliards, alors que Maurice importe près de Rs 20 milliards de produits de la pêche. Il a estimé qu’un nouveau modèle économique est nécessaire pour moderniser le secteur, tout en rappelant les défis liés à l’adaptation des embarcations aux effets du changement climatique et à l’amélioration de la sécurité en mer. Le secrétaire général de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry, Drishtysingh Ramdenee, est intervenu. Il a mis en avant que la réussite d’un plan stratégique passe également par des réflexions sur les économies d’échelle, la qualité des produits et l’accès aux marchés.
Dans un environnement concurrentiel, a-t-il ajouté, la maîtrise du calendrier de mise sur le marché demeure un facteur déterminant. De son côté, le CEO de Mauritius Network Services, Rajnish Hawabhay, a mis en avant le potentiel de la transformation numérique pour renforcer les performances des coopératives. Il a indiqué que le programme de numérisation déployé par le gouvernement représente une occasion d’accélérer cette évolution. Le rôle que les coopératives sont appelées à jouer dans le développement économique du pays a aussi été évoqué. Selon lui, la priorité ne devrait plus être uniquement le nombre de coopératives créées, mais leur capacité à remplir efficacement leur mission économique. Eu égard à la question de la sécurité alimentaire, il a été indiqué que celle-ci ne pourra être renforcée par des initiatives isolées. Une augmentation de la production reste nécessaire, mais elle doit être accompagnée d’une meilleure planification ainsi que d’une gouvernance coopérative renforcée.
« C’est une bonne initiative. Depuis quatre ans, je suis dans les coopératives. Ce qui me permet d’avoir des privilèges et des soutiens. Je suis fière en tant que femme entrepreneure. C’est à travers les coopératives que je peux écouler les produits faits maison. Les formations sont également très utiles. Plus de visibilité pourrait aussi nous aider. J’encourage d’autres femmes à nous rejoindre. »
Quel est l’objectif de cet atelier ?
Cet atelier vise à célébrer la Journée internationale des coopératives. Nous avons apporté beaucoup de changements à la division des coopératives depuis que je suis en poste. Nous avons mis l’accent sur la relance du secteur des coopératives dans notre programme gouvernemental. Ce secteur ne fait pas partie du passé, bien au contraire. Nous nous adaptons à travers les changements qui seront apportés dans les lois. Nous allons inclure la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme par exemple. La Cooperative Act sera également bientôt modifiée. Celle-ci va refléter les défis dans le secteur. Il y aura des consultations avec les parties prenantes. Nous voulons une loi qui sera d’actualité pour les dix, voire quinze prochaines années.
Le scheme que nous avons lancé permettra à ceux qui sont éligibles de bénéficier à hauteur de Rs 300 000 pour développer leur production. L’appel est lancé pour que les personnes concernées saisissent cette opportunité.
Quid des critères d’éligibilité ?
Il faut faire attention avant de débloquer de l’argent lorsqu’il s’agit de l’argent public. Lorsque j’ai pris mes fonctions, j’ai constaté qu’il y a des schemes qui ont été lancés à la veille des dernières élections générales. Tous les bénéficiaires n’étaient pas éligibles. Nous avons revu ce système. On parle dans le cas présent d’un scheme permettant aux coopératives de bénéficier d’un montant à hauteur de Rs 300 000. Une personne ne peut pas lancer une coopérative aujourd’hui et toucher cette somme. Il faut qu’elle ait un projet et qu’elle ait existé, entre autres, pour être éligible. C’est tout à fait normal d’avoir des critères. Il faut un contrôle et une discipline.
Quand est-ce que ce scheme entre en vigueur ?
Les bénéficiaires pourront en bénéficier dès cette année financière. Les critères d’éligibilité seront publiés et seront communiqués incessamment.