Coopération légale entre Madagascar et Maurice : La ministre malgache de la Justice à Maurice
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Le Défi Quotidien
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La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, sera en visite à Maurice ce mercredi 4 février 2026. Cette mission vise à renforcer la coopération légale entre Madagascar et Maurice, notamment dans la lutte contre l’évasion fiscale et la corruption économique. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de protéger durablement la souveraineté économique ainsi que l’intérêt général de la population malgache.
Dans cette optique, la ministre prévoit de rencontrer l’Attorney General, Gavin Glover, la Financial Crimes Commission (FCC), ainsi que d’autres organismes concernés. Parmi les dossiers clés à l’ordre du jour figure celui de l’homme d’affaires Maminiaina (Mamy) Ravatomanga.
D’autre part, des délégations malgaches sont à Maurice depuis le 31 janvier 2026. Elles comprennent Tsaraleha Jean Arsène, directeur de cabinet au ministère malgache de la Justice ; Onitia Ramanana, directeur de la communication dudit ministère ; ainsi que Harry Laurent Rahajason (Rolly Mercia) ancien ministre de la Communication et de la Culture, actuellement directeur de la communication de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar. Il était aussi l’ancien directeur général de la societé Sodiat, une entreprise de Mamy Ravatomanga.
Âgé de 57 ans, le magnat malgache répond à deux accusations provisoires de blanchiment d’argent et à une accusation d’entente délictueuse devant le tribunal de Port-Louis. Il a été arrêté le 24 octobre 2025, par la Financial Crimes Commission (FCC).
Selon les deux premières accusations, il lui est reproché d’avoir détenu respectivement Rs 6 456 055 996,29 et Rs 858 489 298,21 dans plusieurs banques, des fonds soupçonnés de provenir d’activités illicites.
Concernant la troisième accusation, Mamy Ravatomanga est soupçonné d’avoir conclu un accord avec David Jean Christian Thomas, Nasser Osman Beekhy et Me Junaid Haroon Fakim, ex-commissaire de la FCC, en vue de commettre un délit de trafic d’influence lié à une enquête de la commission, le 14 octobre 2025.
Actuellement, il est en détention provisoire à la prison de Melrose. Il a demandé la libération sous caution le 30 décembre 2025. La BRC a refusé et il fait appel de cette décision. Cette requête vise la BRC, le directeur des poursuites publiques (DPP) ainsi que la FCC. L’affaire sera appelée le 16 février 2026.
La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, est juriste, magistrate et femme politique. Elle a exercé diverses fonctions au sein du système judiciaire de Madagascar avant de s’engager dans le syndicalisme, puis dans la vie politique. Depuis octobre 2025, elle occupe le poste de ministre de la Justice et garde des Sceaux de Madagascar.
Selon un communiqué émis par la justice malgache, Mamy Ravatomanga a commis des crimes nationaux à Madagascar de 2009 à 2025, lesquels auraient débouché sur des opérations de blanchiment de capitaux et de complot à Maurice.
Le communiqué revient également sur la nuit du 11 octobre 2025, au cours de laquelle l’homme d’affaires malgache a atterri à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam à bord de son jet privé.
Depuis lors, souligne le ministère de la Justice, une série de révélations judiciaires n’a cessé d’émerger, tant à Madagascar qu’à Maurice.
D’autre part, le communiqué indique que Mamy Ravatomanga a déjà fait l’objet de poursuites judiciaires à Madagascar, notamment dans les affaires relatives aux cinq Boeing 777 destinés à l’Iran, aux trafics d’or, de bois de rose, aux fraudes dans l’exportation de litchis, aux flux illicites de fonds colossaux dans le commerce, ainsi qu’aux trafics d’influence, entre autres infractions pénales graves.
Ces éléments ont conduit les autorités judiciaires malgaches à lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre du magnat malgache et à saisir Interpol afin de procéder à son arrestation, où qu’il se trouve, en vue de son transfert à Madagascar pour y répondre devant la justice.
Il ressort également du document que Mamy Ravatomanga aurait été impliqué dans des transactions commerciales portant sur le blé, la farine ainsi que les litchis. Il est précisé que la justice malgache a déjà procédé à la saisie de l’ensemble des biens meubles et immeubles de l’homme d’affaires, ainsi que de tous ses comptes bancaires ouverts dans différents établissements, par l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI), entité relevant du dispositif national de lutte contre la corruption. Ces mesures restent en vigueur dans l’attente du dénouement définitif des poursuites judiciaires engagées à son encontre.
Selon le panel légal de Mamy Ravatomanga composé d’avocats locaux et internationaux, l’homme d’affaires malgache fait actuellement face à des accusations provisoires devant la justice mauricienne. C’est dans ce contexte que ces procédures ont prévalu. Pour la défense, ces accusations reposent uniquement sur des « allégations », que le panel qualifie de « non fondées » et « dépourvues de preuves concrètes ».
Les hommes de loi avancent que Mamy Ravatomanga entend établir son innocence devant la justice mauricienne, qu’il considère comme un « État de droit » et en laquelle il dit avoir pleinement confiance afin que justice lui soit rendue. Ils précisent que cette affaire lui a causé d’importants préjudices, portant atteinte à sa réputation ainsi qu’à celle de sa famille.
D’autre part, le panel légal de Mamy Ravatomanga ajoute que leur client a totalement coopéré avec les autorités mauriciennes et a nié l’ensemble des accusations portées contre lui.
Un autre point mis en avant par le panel légal du magnat malgache concerne la situation politique actuelle à Madagascar. Selon eux, le pays a fait face à un coup d’État et il est actuellement dirigé par des militaires. En outre, Madagascar a été suspendu par l’Union africaine ainsi que par la Southern African Development Community (SADC), lesquelles lui ont accordé un délai de vingt-quatre mois pour rétablir la démocratie et l’État de droit.
Concernant les « allégations » visant Mamy Ravatomanga à Madagascar, le panel indique qu’elles pourraient entraîner des conséquences juridiques, notamment des actions civiles pour préjudices causés et pour diffamation. Ces démarches seront engagées en temps voulu. Les hommes de loi de Mamy Ravatomanga maintiennent que leur client est une victime de « considérations politiques » à Madagascar.