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Coopération indo-mauricienne : Maurice se dote d’une unité de transplantation rénale

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 11 avril 2026 à 14:00
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Le Premier ministre Navin Ramgoolam et le Dr Subrahmanyam Jaishankar, ministre indien des Affaires étrangères, lors de l'inauguration de la Renal Transplant Unit.
Le Premier ministre Navin Ramgoolam et le Dr Subrahmanyam Jaishankar, ministre indien des Affaires étrangères, lors de l'inauguration de la Renal Transplant Unit.

L’inauguration de la Renal Transplant Unit au Jawaharlal Nehru Hospital de Rose-Belle marque un tournant dans l’histoire sanitaire de Maurice. Le Premier ministre Navin Ramgoolam et le ministre indien des Affaires étrangères, le Dr Subrahmanyam Jaishankar, ont salué un partenariat ancré dans l’histoire et tourné vers l’avenir.

C’est dans un contexte chargé d’émotion et de symbolisme que la Renal Transplant Unit du Jawaharlal Nehru Hospital de Rose-Belle a été officiellement inaugurée. La cérémonie a réuni, le vendredi 10 avril 2026, le Premier ministre Navin Ramgoolam et le ministre indien des Affaires étrangères, le Dr Subrahmanyam Jaishankar, tous deux porteurs d’un même message : ce projet dépasse le cadre médical pour incarner la profondeur des liens entre les deux nations.

Dans son allocution, Navin Ramgoolam n’a pas esquivé les pages sombres de l’histoire sanitaire du pays. Reprenant les propos du ministre de la Santé Anil Bachoo, il a rappelé qu’« il y a eu un moment dans notre histoire, un chapitre sombre et douloureux, où les Mauriciens ne pouvaient pas accepter la dialyse. En réalité, ils étaient condamnés à mourir. C’est une vérité qu’il ne faut jamais oublier. »

Face à ce passé, l’inauguration de cette unité représente, selon lui, bien plus qu’un simple équipement médical. « C’est un symbole de résilience, un symbole de partenariat et, surtout, un symbole d’espoir renouvelé et tangible », a-t-il affirmé. Le Premier ministre a également rappelé que les maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques et rénales, continuent d’exercer une pression considérable sur le système de santé, ajoutant que « derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes, des pères et des mères, des fils et des filles dont les familles portent le poids émotionnel et financier du long terme. »

Un modèle de soins intégrés

Sur le plan opérationnel, Navin Ramgoolam a détaillé la vocation globale de cette nouvelle unité : prévention, détection, dialyse, transplantation, suivi postopératoire, ainsi que des services spécialisés en néphrologie, neurologie, soins vasculaires et endoscopiques, le tout réuni sous un même toit. « Ce n’est pas seulement une infrastructure, c’est un modèle de soins intégrés alignés sur les normes internationales », a-t-il fait ressortir.

Il a aussi insisté sur la dimension économique et humaine du programme : « La transplantation offre une solution durable, permettant aux patients de retrouver une vie active et productive, tout en réduisant les dépenses de soins de longue durée. » Mais au-delà des chiffres, il a souligné qu’il y a quelque chose d’encore plus important : la restauration de la dignité humaine, la capacité à vivre sans dépendance, à travailler, à voyager, à profiter de la vie et à rêver de nouveau.

Dons d’organes

Le Premier ministre a également lancé un appel à la solidarité nationale, estimant qu’« aucun programme de transplantation ne peut réussir sans la participation des citoyens ». Il a plaidé pour « la construction d'une culture nationale du don d’organes », précisant que « chaque organe donné est une vie sauvée et chaque décision de donner est un acte extraordinaire de générosité », en citant l’exemple indien comme modèle à suivre.

De son côté, le Dr Jaishankar a tenu à ancrer cette inauguration dans la longue histoire de la coopération indo-mauricienne. « Chaque visite ici ressemble vraiment à un retour dans une autre maison », a-t-il confié. Se faisant le porte-parole du Premier ministre Narendra Modi, il a précisé que « l’Inde n’entretient pas qu'une relation diplomatique, c’est une relation d’esprit — une relation qui ne se réfère pas seulement aux mots, mais aussi aux actions significatives. »

Concernant la nouvelle unité, il a insisté sur son impact concret : « Ce n’est pas seulement un milieu médical, c’est un moment d’espoir pour les patients », qui pourront désormais se faire soigner à Maurice, « avec moins d’anxiété, moins de pression financière et plus de confort pour les familles. Et, le plus important, c’est une deuxième chance pour la vie. »

Le ministre a également dressé l’inventaire du soutien indien dans d’autres domaines — éducatif, scientifique, numérique, avec notamment le Métro Express, les logements sociaux et des infrastructures institutionnelles majeures — en affirmant : « Nous ne voulons pas simplement construire des institutions, nous voulons construire des gens. »

Il a aussi annoncé le lancement prochain d’un satellite commun indo-mauricien dédié à l’observation de la Terre, couvrant l’agriculture, la météorologie et la surveillance côtière. Sur la question sécuritaire, il a été sans ambiguïté : « Votre sécurité est notre sécurité. » Concluant sur une note d'engagement durable, il a déclaré : « Dans le monde, qui est une famille, Maurice aura une place spéciale dans le cœur de l’Inde. »

Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a pour sa part remercié l’Inde pour toute son assistance envers Maurice dans le traitement des patients, que ce soit en Inde ou à Maurice, notamment pour les traitements spécialisés.

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