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Contrats publics et corruption - Khushal Lobine : «Depi pa mal de tan mo pe lager pou sanz sistem»

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 15 May 2026 à 11:40
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khushal
Khushal Lobine et Laura Jaymangal étaient les invités de l’émission Au cœur de l’info.

Les débats sur les contrats publics, la transparence et la corruption continuent d’alimenter les inquiétudes. Khushal Lobine et Laura Jaymangal, les invités d’Au cœur de l’info, ont plaidé pour des réformes structurelles.

Alors que Maurice fait face à une conjoncture économique difficile, les interrogations concernant la gestion des fonds publics et des soupçons de favoritisme continuent de nourrir le débat public. Ces enjeux étaient au centre de l’émission Au cœur de l’info, animée par Murvind Beetun, le jeudi 14 mai.

Invité de l’émission, Khushal Lobine, député et leader des Nouveaux démocrates, a estimé qu’« à Maurice il y a un système dans un système ». Selon lui, certaines personnes opèrent « en toute impunité » des investissements et des transactions, contrairement aux politiciens qui, eux, sont « sanctionnés à chaque élection ».

Le député avance qu’il milite depuis longtemps pour une transformation du modèle économique. « Depi pa mal de tan mo pe lager pou sanz sistem. Se pou sa sanzman la ki la popilation inn vote. » Il a toutefois précisé qu’il ne fallait « pas blâmer les institutions ou les fonctionnaires ».

Khushal Lobine a également dénoncé l’opacité entourant l’attribution des contrats publics. Selon lui, le problème réside dans le fait que « le public est privé de l’information dans la manière dont les contrats sont accordés ». Il a soutenu qu’un système dans lequel les informations sont accessibles à tous permet davantage de transparence et de légalité.

Revenant sur l’affaire Molnupiravir, il a affirmé que « le peuple mauricien a tiré ses conclusions ». Il a aussi plaidé pour une révision de la loi sur le procurement, jugeant le cadre actuel dépassé. Il s’est aussi interrogé sur la formation des fonctionnaires en matière de passation de marchés publics.

Ingérences politiques

De son côté, Laura Jaymangal, Acting CEO de Transparency Mauritius a estimé que certaines situations alimentent « la perception de la corruption même si elle n’existe pas ». Selon elle, le problème ne réside pas forcément dans le fait que « les mêmes personnes obtiennent des contrats », mais plutôt dans « la façon dont les contrats sont accordés » et le manque de transparence.

Elle a ajouté que « dans un petit pays, il est utopique de dire que l’information ne fuite pas ». Il a évoqué une culture dans laquelle certaines personnes considèrent normal d’informer des connaissances de postes vacants avant leur publication officielle.

Laura Jaymangal a aussi mis en garde contre l’ingérence politique dans les organismes. « Quand la politique entre dans les organismes, elles sont paralysées et ne peuvent opérer en toute indépendance », a-t-elle indiqué.

Évoquant les procédures de l’emergency procurement, elle a rappelé que Transparency Mauritius avait émis des lignes directrices en la matière. Selon elle, même dans des situations d’urgence, « l’éthique est importante » et « tout passe par la formation ».

Elle a enfin insisté sur la nécessité d’une volonté politique pour changer les pratiques. « Il faut agir et il faut un changement de ‘mindset’. Ce qui commence par le gouvernement. » Elle s’interroge sur les conséquences d’un éventuel passage de la Financial Crimes Commission vers une National Crime Agency dans la lutte contre la corruption.

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