Contrat pétrolier à Mercantile & Maritime Group : les communications du trio Padayachy-Callichurn-Neisius à la loupe
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Des échanges WhatsApp étaient en cours lors du processus d’appel d’offres et auraient cessé après le changement de gouvernement en novembre 2024.
Les échanges téléphoniques et les messages entre les anciens ministres Renganaden Padayachy et Soodesh Callichurn, ainsi que Kareena Neisius, représentante locale de Mercantile & Maritime Group (MMG), font l’objet d’un examen approfondi de la Financial Crimes Commission (FCC).
Les enquêteurs analysent actuellement les communications couvrant la période 2022-2024, soit avant et pendant le processus ayant conduit à l’attribution du contrat pétrolier à MMG. Les appareils électroniques, relevés téléphoniques et conversations WhatsApp récupérés dans le cadre de l’enquête sont passés au crible par le Digital Forensic Laboratory de la FCC. D’autres développements sont attendus à mesure que les analyses progressent.
Cette nouvelle phase de l’enquête intervient dans la foulée de l’arrestation des deux anciens ministres. Renganaden Padayachy et Soodesh Callichurn ont été arrêtés par la FCC mardi soir dans le cadre de cette affaire. Après une nuit en détention policière, ils ont retrouvé la liberté sous caution à la suite de leurs inculpations devant le tribunal de Port-Louis.
Selon les informations recueillies par les enquêteurs, les analyses effectuées sur les appareils saisis ont permis de retracer de nombreux échanges entre la directrice de la filiale mauricienne de MMG et les deux membres de l’ancien gouvernement. Les communications identifiées concernent principalement des conversations distinctes entre Kareena Neisius et Renganaden Padayachy d’une part, ainsi qu’entre Kareena Neisius et Soodesh Callichurn d’autre part.
Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à la nature de ces communications, intervenues alors que le processus d’appel d’offres et de validation du contrat pétrolier était en cours. Selon les éléments examinés par la FCC, plusieurs messages porteraient sur des questions liées aux affaires et au secteur pétrolier. Toutefois, la commission anticorruption estime que certains échanges pourraient relever de « private dealings » entre les protagonistes alors qu’un exercice de passation de marchés publics (public procurement) était en cours.
Cet aspect constitue l’un des principaux axes de l’enquête menée par les enquêteurs du Réduit Triangle. Les autorités cherchent notamment à déterminer si certaines communications ont pu influencer ou interférer avec le processus d’attribution du contrat.
Les analyses téléphoniques ont également mis en lumière un autre élément qui retient l’attention des enquêteurs.
Selon les constatations effectuées jusqu’ici, les communications entre les protagonistes auraient pratiquement cessé après les élections générales de novembre 2024, marquées par un changement de régime politique. Les enquêteurs tentent désormais d’établir si cette chronologie présente un lien avec les faits faisant l’objet de l’enquête.
Par ailleurs, les récentes arrestations des deux anciens ministres ne constitueraient pas nécessairement l’aboutissement de cette affaire. Des sources proches du dossier indiquent que d’autres téléphones cellulaires et équipements informatiques doivent encore être examinés afin de déterminer l’étendue exacte des communications et de vérifier l’existence d’échanges supplémentaires.
L’enquête de la FCC sur l’attribution du contrat pétrolier à Mercantile & Maritime Group (MMG) a déjà conduit à plusieurs arrestations depuis 2025. Le 28 avril 2025, Kareena Neisius a été arrêtée puis provisoirement inculpée sous une accusation de « conspiracy to commit money laundering ».
Quelques semaines plus tard, soit le 13 juin 2025, Rajiv Servansingh, ancien directeur général de la State Trading Corporation (STC), a été arrêté à son tour avant d’être provisoirement inculpé sous une accusation de « Public Official Using Office for Gratification » en vertu du Prevention of Corruption Act (POCA). Les enquêteurs lui reprochent d’avoir pris des mesures visant à favoriser l’attribution du contrat pétrolier à MMG.
L’enquête, ouverte en 2025, ne se limite toutefois pas aux conditions d’octroi du marché. La FCC s’intéresse également au rôle de certaines institutions financières qui auraient participé aux transactions liées à cet accord commercial de plusieurs milliards de roupies.
De son côté, MMG continue de contester les allégations formulées dans cette affaire. L’entreprise affirme que les procédures engagées à son encontre sont « politiquement motivées » et soutient que le contrat attribué à sa filiale a permis à Maurice de réaliser des économies substantielles sur ses importations de produits pétroliers.