Contrat pétrolier de Rs 30 Md : Pravind Jugnauth devra s’expliquer sur le choix de MMG sans appel d’offres
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La responsabilité de l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth est passée à la loupe dans le cadre de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission (FCC) sur l’attribution, en 2023, d’un contrat de fourniture de carburant « White Oil » en faveur de Mercantile & Maritime Co. Ltd (MMG), dirigée par le Pakistanais-Canadien Murtuza Ali Lakhani.
Ce contrat, d’un montant de USD 691 426 680,75, soit environ Rs 30 milliards, a permis à MMG de fournir du carburant au marché mauricien entre le 1er août 2023 et le 31 juillet 2024.
L a FCC cherche à déterminer si Pravind Jugnauth, ainsi que les anciens ministres Maneesh Gobin et Alan Ganoo, auraient joué un rôle dans l’attribution de ce contrat pétrolier en faveur de MMG. Ce qui amènerait à établir si un délit de Public Official Using Office for Gratification, en vertu de la Prevention of Corruption Act, a été commis.
L’enquête de la FCC franchira une étape clé cette semaine avec la convocation et l’interrogatoire Under Warning de Pravind Jugnauth, probablement ce lundi, ainsi que de ses deux anciens collaborateurs, l’ex-Attorney General Maneesh Gobin et l’ancien ministre du Transport Alan Ganoo.
La commission veut établir le rôle joué par ce trio dans l’attribution à MMG de ce contrat d’un montant de Rs 30 milliards. Cette enquête avait déjà conduit, à la mi-juin, à l’arrestation et à l’inculpation provisoire de deux anciens ministres du gouvernement sortant, Renganaden Padayachy et Soodesh Callichurn, pour infraction à la section 7 de la Prevention of Corruption Act (POCA), toujours dans le cadre de cette affaire.
Au cœur de l’enquête de la FCC se trouve une réunion présidée par l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth au Prime Minister’s Office (PMO). Des représentants de la State Trading Corporation (STC) avaient été convoqués à cette réunion, à laquelle étaient également présents certains ministres.
Lors de cette réunion, le PDG de MMG, Murtuza Ali Lakhani, avait fait une présentation afin d’expliquer l’offre proposée par sa société. Par la suite, le contrat portant sur la fourniture de produits pétroliers au pays, d’un montant de Rs 30 milliards, avait été attribué à MMG, une compagnie domiciliée à Bahreïn. Pourtant, la STC était en possession d’une offre de la compagnie omanaise OQ Trading, qui proposait un tarif plus avantageux.
Les éléments recueillis par la FCC démontrent également que MMG ne figurait pas parmi les soumissionnaires lors de l’exercice d’appel d’offres, auquel six compagnies avaient participé. L’exercice d’appel d’offres avait par la suite été annulé et le contrat finalement attribué à MMG.
Les enquêteurs de la FCC, qui ont déjà interrogé 53 personnes dans le cadre de cette affaire aux ramifications internationales, devront désormais déterminer le rôle joué par l’ancien Premier ministre dans l’obtention de ce contrat pétrolier en faveur de MMG.
En juin 2025, la FCC avait procédé à l’arrestation de Rajendra (Rajiv) Servansingh, âgé de 71 ans, ancien directeur général de la State Trading Corporation (STC). Il fait l’objet de poursuites en vertu de la Prevention of Corruption Act, étant accusé d’avoir utilisé sa position pour favoriser le groupe Mercantile & Maritime Group (MMG) dans l’attribution du contrat d’importation de carburants. La directrice locale de Mercantile & Maritime Group (MMG), Kareena Neisius, avait également été arrêtée par la FCC dans le cadre de cette enquête.
Le Mouvement Socialiste Militant (MSM) s’interroge sur la publication, dans les médias, d’éléments présentés comme étant liés aux interrogatoires à venir de son leader et de son secrétaire général par la Financial Crimes Commission (FCC).
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par le MSM, vendredi 24 juillet. Le parti dit s’étonner que des questions ou des éléments sur lesquels les enquêteurs souhaiteraient obtenir des explications soient déjà connus de la presse, alors que les interrogatoires n’ont pas encore eu lieu.
Le MSM se demande ainsi s’il s’agit d’une enquête menée dans le respect des procédures ou d’une « opération destinée à orienter l’opinion publique ». Il relève également l’absence de réaction officielle de la FCC concernant les informations publiées dans les médias.
Selon le parti, si ces informations sont inexactes, la FCC devrait les démentir. Dans le cas contraire, elle devrait expliquer comment elles ont pu être rendues publiques avant que les personnes concernées ne soient entendues.
Le MSM estime par ailleurs que la FCC ne devrait pas communiquer de manière sélective sur certaines enquêtes. Il réclame ainsi des explications sur les circonstances entourant la diffusion de ces éléments.
À noter qu'hier , la FCC avait émis un communiqué dans lequel elle démentait tout agenda politique derrière les convocations, affirmant que celles-ci découlaient uniquement de l'évolution de son enquête.