Contrat de Rs 8,5 M de MK à Grant Thornton : Sattar Hajee Abdoula désigné comme principal acteur des négociations
Par
Ledweena Ramasawmy-Mohun
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Ledweena Ramasawmy-Mohun
Soupçonné de blanchiment après l’attribution d’un contrat suspect de Rs 8,5 millions par Air Mauritius, le CEO de Grant Thornton, Sattar Hajee Abdoula, réclame l’annulation de son accusation provisoire.
Des témoins auraient formellement identifié Abdul Sattar Adam Ali Mamode Hajee Abdoula comme le plus concerné et le plus impliqué dans les négociations entre Air Mauritius et la société d’audit Grant Thornton, dont il est le Chief Executive Officer (CEO). C’est ce qu’a déclaré, mardi 23 juin 2026, le Chief Investigator (CI) Bholah de la Financial Crimes Commission (FCC) devant le tribunal de Port-Louis, dans le cadre des débats entourant la motion déposée par l’accusé lui-même en vue d’obtenir l’annulation de l’accusation provisoire de blanchiment d’argent pesant contre lui.
Abdul Sattar Adam Ali Mamode Hajee Abdoula, 66 ans, avait été arrêté le 19 novembre 2025 par la FCC. Il lui est reproché d’avoir été en possession d’une somme de Rs 3 696 000, qui aurait été créditée sur le compte bancaire de sa société auprès d’AfrAsia Bank. La FCC soupçonne que ces fonds seraient issus d’activités illicites. Les faits allégués remonteraient au 31 mars 2020, à Port-Louis.
Répondant aux questions de Me Fayyaad Arzamkhan, le CI Bholah, enquêteur principal dans cette affaire, a précisé que la FCC avait reçu des informations faisant état d’un contrat attribué à Grant Thornton dans des conditions irrégulières : la procédure d’appel d’offres n’aurait pas été respectée, et un paiement aurait été effectué sans que le service correspondant ne soit rendu à Air Mauritius. Il s’agissait d’un contrat d’une valeur de Rs 8,5 millions, dont Rs 3 696 000 avaient été versées au titre de « services consultatifs ».
L’enquêteur a indiqué que des témoins ont confirmé qu’Abdul Sattar Adam Ali Mamode Hajee Abdoula était impliqué aussi bien dans la rédaction dudit contrat que dans les négociations qui l’ont précédé. Élément aggravant dans le dossier : deux semaines seulement après l’attribution de ce contrat, Air Mauritius était placée sous administration judiciaire. L’enquête a par ailleurs établi que la somme de Rs 3 696 000 n’a jamais été remboursée à la compagnie aérienne, alors que les prestations de Grant Thornton n’avaient pas été menées à leur terme.
Le CI Bholah a également signalé qu’une possibilité d’infraction pour fraude est envisagée, en sus de l’accusation de blanchiment. L’enquête demeure en cours : si la FCC a déjà réuni des preuves documentaires, elle se trouve actuellement en phase de récupération de preuves numériques, à la suite de l’examen des appareils électroniques du CEO de Grant Thornton. Les débats doivent reprendre le 8 juillet 2026.