Consultations budgétaires : À la rescousse de la classe moyenne

Le PM Pravind Jugnauth s'est montré très réceptif aux doléances des dirigeants syndicaux.

Le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth a donné, jeudi, le coup d'envoi des consultations prébudgétaires avec une rencontre avec les représentants syndicaux. Il s’est montré très réceptif à leurs doléances et a promis de les consulter de nouveau si le besoin se fait sentir. 

Les dirigeants syndicaux ne cachent pas leurs inquiétudes face à ce qu'ils considèrent comme « une paupérisation constante de la classe moyenne  » à Maurice. Ils estiment qu'à travers les divers budgets, les différents gouvernements ont pris des mesures fiscales qui ont favorisé les plus riches (investisseurs, compagnies) et les plus démunis de la société, mais ont plus ou moins délaissé la classe moyenne. Ils se plaignent que c'est cette dernière qui subit le plus le poids de la fiscalité, dont les différentes taxes (impôt sur les revenus, Taxe à Valeur Ajoutée, taxe sur l'essence et autres). De surcroît, avec l'érosion constante du coût de la vie, plusieurs familles de la classe moyenne sont classées aujourd'hui comme pauvres. 

Avec ses revenus moyens, selon les dirigeants syndicaux, la classe moyenne doit trouver ses propres financements à travers des emprunts bancaires pour la construction de leur maison et l'éducation de leurs enfants, entre autres. Ils souhaitent que des mesures urgentes soient prises pour donner à la classe moyenne un nouveau souffle. Les dirigeants syndicaux sont d’avis que cela pourrait se faire à travers une refonte de notre système de taxation. 

Rashid Imrith, président de la All Employees Confederation propose que les salariés touchant jusqu'à Rs 30 000 par mois soient exemptés du paiement de l’impôt sur les revenus. De plus, il propose l'introduction d'un barème de taxation à trois niveaux pour les salariés. C'est-à-dire, que les premiers Rs 20 000 soient frappées d'une taxe de 5 %, 10% pour les salaires se situant entre Rs 20 000 et Rs 30 000 et 15 % pour les salaires dépassant les Rs 30 000. De plus, il réclame une exemption de la taxe sur les remboursements des congés de maladie qui n'ont pas été utilisés pour éviter le double paiement de la taxe sur ces rémunérations. 

De son côté, le président de la National Trade Unions Confederation (NTUC), Radhakrishna Sadien prône plusieurs mesures fiscales pour venir en aide à la classe moyenne. En premier lieu, il propose une révision du plafond de l'exemption de la taxe sur les revenus (Income exemption treshhold). Voir tableau plus loin.

La confédération syndicale propose une nouvelle exemption fiscale pour les contribuables qui ont des dépendants à leur charge comme suit : Rs 175 000 pour le premier, Rs 125 000 pour le second et Rs 100 000 pour le troisième. 

Exemption fiscale pour les études supérieures

Radhakrishna Sadien estime que l’exemption uniforme de Rs 135 000 représente une carence, car elle ne prend pas en considération les pays où sont situées les institutions supérieures. Il souhaite que les autorités fassent une distinction entre les études universitaires qui se font à Maurice et à l'étranger, d’où sa demande pour que l'exemption fiscale sur les études qui se font à Maurice soit de Rs 150 000 et Rs 350 000 pour les parents, dont les enfants étudient à l'étranger.  

Radhakrishna Sadien souhaite que l'exemption fiscale sur l'assurance médicale passe à Rs 20 000 pour une personne qui n'a aucun dépendant à sa charge ou avec un dépendant et Rs 14 000 si elle a deux dépendants ou plus  à sa charge. 

Il demande aussi que le plafond pour le Taxable lumpsum passe de Rs 2 M à Rs 2,5 M pour soulager les fonctionnaires et autres citoyens qui ont énormément contribué à la richesse du pays.

Le président syndical propose que la pension de vieillesse passe à Rs 8000 suivant l'introduction du salaire minimal. Il attire l'attention que certaines vieilles personnes ne dépendent que sur cette pension de l'État pour vivre. 

La CSG-Solidarité, qui a pour président Clency Bibi, insiste pour que la pension de vieillesse soit toujours payable à l’âge de 60 ans, car selon lui, les bénéficiaires ont déjà contribué à leurs pensions à travers les différentes taxes qui leur ont été imposées. La CSG-Solidarité défend même l’idée que les travailleurs de la construction et du secteur agricole puissent prendre leur retraite à l’âge de 55 ans vu la nature de leur travail. 

TVA

La NTUC souhaite qu'il y ait un barème gradué de la Taxe à Valeur Ajoutée allant de 5 % à 15 % sur les différents produits dans le commerce. Radhakrishna Sadien trouve « inacceptable » qu'une taxe de 15 % frappe tous les citoyens indistinctement. Il estime que ce sont les consommateurs de la classe moyenne et les plus démunis de la société qui sont les plus touchés par cette taxe.

Pensions 

Rashid Imrith de la All Workers Confederation réclame des mesures pour éliminer toutes formes de discrimination entre les fonctionnaires recrutés à partir du 1er janvier 2013 de manière qu'ils bénéficient du même traitement que ceux recrutés avant cette date. 

De son côté, Radhakrishna a plaidé pour les fonctionnaires qui travaillent au-delà de 60 ans suivant l’extension de l’âge de la retraite. Il trouve que la formule proposée par le PRB ,soit un « one-off payment » de « 2 % of the annual pensionable emolument for each completed year of pensionable service » n’est pas en leur faveur, car finalement, ils ne touchent que 0,16 % de leurs salaires mensuels. À la place, il propose que les fonctionnaires qui étaient en service au 30 juin 2008 et qui ont déjà complété leurs 33,3 années de service et sont appelés à travailler jusqu’à l’âge de 65 ans, bénéficient de leurs pensions intégrales pour le nombre de mois additionnels qu’ils sont appelés à travailler au-delà de ces 33,3 années de service. 

Célibataires  Rs 335 000
Contribuable avec 1 dépendant Rs 460 000
Contribuable avec 2 dépendants Rs 525 000
Contribuable avec 3 dépendants Rs 570 000 
Retraité/handicapé sans dépendant Rs 380 000
Retraité/avec un dépendant Rs 505 000

 

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