Consultation Article IV : le FMI plaide pour le ciblage face aux contraintes budgétaires
Par
Fabrice Laretif
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Fabrice Laretif
En mission à Maurice, le Fonds monétaire international recommande des aides ciblées et temporaires pour préserver le pouvoir d’achat, tout en appelant à renforcer la discipline budgétaire et la gestion des dépenses publiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 4 mai, sa mission à Maurice dans le cadre de la consultation au titre de l’article IV pour 2026. Conduite par Mariana Colacelli, la délégation a séjourné dans le pays du 22 avril au 4 mai afin d’évaluer la situation économique et les orientations de politique publique. Une conférence de presse tenue hier au Hennessy Park Hotel, à Ébène, a marqué la fin de la mission.
Dans ses conclusions préliminaires, le FMI met en avant une amélioration attendue des finances publiques au cours de l’exercice 2025-26. Le déficit budgétaire primaire, hors subventions, devrait reculer à 3,5 % du PIB, contre 6,5 % l’année précédente. Cette évolution s’explique en partie par une progression des recettes, soutenue notamment par la contribution équitable. Malgré cela, la dette publique devrait se maintenir à un niveau élevé, autour de 88 % du PIB à la fin juin 2026.
Dans ce contexte, l’institution insiste sur la nécessité de reconstituer des marges budgétaires. Elle recommande une mobilisation accrue des recettes, ainsi qu’une meilleure maîtrise des dépenses courantes, en particulier celles liées aux retraites et aux transferts hors budget. Le FMI souligne également l’importance d’un cadre budgétaire fondé sur des règles et d’une gouvernance renforcée.
La question du pouvoir d’achat reste centrale. Face à la hausse des prix et à un espace budgétaire limité, le FMI préconise des mesures de soutien ciblées et temporaires. Celles-ci devraient prioritairement bénéficier aux ménages les plus vulnérables, tout en évitant une pression durable sur les finances publiques. Selon la mission, cette approche permettrait de concilier protection sociale et discipline budgétaire dans un environnement économique contraint.
Les discussions politiques ont porté principalement sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur Maurice et la réponse politique à y apporter, le rétablissement de la marge de manœuvre budgétaire, le renforcement du cadre de politique monétaire et le maintien de la stabilité financière.
Le FMI estime que l’orientation de la politique monétaire à Maurice demeure globalement appropriée, tout en appelant à une vigilance accrue face aux anticipations d’inflation. L’institution insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance de la Banque de Maurice et de renforcer son cadre d’action. Concernant la Mauritius Investment Corporation (MIC), le FMI salue la restitution des fonds non utilisés à la Banque centrale et les projets de désengagement progressif. Il note également la publication du rapport annuel et l’orientation visant à réduire l’implication de la Banque centrale.
Le FMI souligne l’importance de réformes structurelles pour soutenir une croissance durable à Maurice. L’institution met l’accent sur la compétitivité, le renforcement de l’offre de main-d’œuvre et l’amélioration des compétences. Elle insiste aussi sur le rôle du soutien à l’investissement privé et sur la nécessité de renforcer la résilience face au changement climatique. Parallèlement, la réduction des déséquilibres extérieurs et budgétaires demeure un objectif à moyen terme. Le FMI identifie comme priorités l’amélioration de la gouvernance, ainsi que le respect rigoureux des normes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.