Economie

Construction: les quincailliers prient pour le démarrage des grands chantiers

Le secteur de la quincaillerie attend l’ouverture des grands chantiers gouvernement-privé pour booster les affaires. La baisse des prix des barres de fer et des ouvertures métalliques fin 2015 n’a eu aucun impact sur leurs revenus, affirment les quincailliers. « Nous sommes toujours en attente de ces grands projets annoncés par le gouvernement », déclare la directrice d’une quincaillerie, à St-Pierre. « Ces projets apporteraient une bouffée d’oxygène à notre business, explique notre intervenante, puisque, d’une part, il n’y a même plus de petits projets résidentiels et d’autre part, le secteur est miné par la concurrence. Le marché est déjà arrivé à saturation. » Un discours que tiennent tous les opérateurs, aux quatre coins du pays. Un quincaillier de Goodlands affirme que « les gens ne construisent plus comme avant. Soit ils sont plus prudents et craignent des jours difficiles, soit ils sont encore trop endettés pour contracter d’autres emprunts». Un autre qui tient commerce à St-Pierre explique, pour sa part, qu’il doit composer avec des concurrents opérant dans un petit périmètre. « Si le gouvernement ne va pas de l’avant avec ses projets, ce sera une année très difficile pour moi », confie-t-il. Le président de l’Association des entrepreneurs, Gérard Uckoor, ne cache guère son scepticisme. « La baisse des prix des barres de fer et des ouvertures métalliques n’est qu’une goutte d’eau. Pour une construction qui avoisine les Rs 3 millions, la baisse des prix des barres de fer ne représente qu’environ Rs 10 000 », fait-il ressortir. Dans son rapport publié fin 2015, Statistics Mauritius indique une légère baisse du coût des constructions, attribuée à la réduction du prix de certains matériaux. Un baisse qui n’a pas vraiment eu d’incidence en raison de la cherté de la main-d’œuvre et du prix du ciment. À ce jour, Gérard Uckoor n’entrevoit aucune lueur d’espoir pour le marché de la construction. « Cette situation dure depuis l’année dernière. Si, dans les prochains mois, aucun projet n’est concrétisé, nous assisterons à des licenciements en masse », prévient-il. Pourtant, nuance le président de l’Association des entrepreneurs, le gouvernement et le secteur peuvent déjà initier des microprojets dans la construction, sans attendre le lancement des fameuses villes intelligentes. « Rien qu’à Port-Louis, il y a un certain nombre d’immeubles en bois qui doivent être démolis. Dès lors, on pourrait aménager des espaces commerciaux destinés aux Portlouisiens et à ceux qui travaillent dans la capitale. Ce sont là des projets à court terme alors que les Smart Cities ne verront le jour que dans un avenir lointain. Il faut rapidement lancer des projets pour les petits entrepreneurs car ce sont eux qui sont les plus gros employeurs et ils paient mieux que les grosses boîtes », souligne Gérard Uckoor.
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