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Consommation : ces facteurs qui influeront sur les prix des commodités en 2023

Certes, la hausse des tarifs d’électricité affectera le budget des ménages, mais les consommateurs pourront profiter de certaines baisses des prix à condition que les fournisseurs jouent le jeu. Car, en effet, sur le marché mondial, le coût du fret amorce une courbe baissière tandis que certaines commodités coûtent moins cher. Autre facteur à prendre en considération : la stabilité du dollar.

Fret maritime

Taux de change : le dollar stable rassure, mais l’euro élevé préoccupe 

7 produits importés sur 10 sont achetés en dollar à Maurice. Du coup, quand le billet vert s’est fortement apprécié face à la roupie au cours de ces deux dernières années, les importations ont pris l’ascenseur. Toutefois, en ce début d’année, le dollar reste plutôt stable, indique-t-on dans une agence de changes dans la capitale.

Pour l’économiste, Éric Ng, les prix à l’importation devraient, du coup, se stabiliser d’autant plus, que parallèlement, les coûts de l’énergie et du fret sont en recul. « La possibilité d’une récession mondiale devrait aussi avoir des effets désinflationnistes. Les conditions semblent être réunies pour un recul de l’inflation, mais cela ne se produira pas avant le second semestre (Ndlr : Avec les tarifs d’électricité qui vont grimper le mois prochain, il faudra s’attendre à un impact négatif sur l’inflation au cours du premier semestre) », avance notre interlocuteur.

L’économiste Swadicq Nuthay s’attend à une certaine stabilité des prix des commodités. « À part le baril du pétrole, les autres commodités n’ont pas connu de véritable baisse des prix. C’est pourquoi les prix auront plus tendance à rester stables qu’à baisser », soutient-il. 

Qu’en est-il de l’euro ? La monnaie européenne a tendance à grimper actuellement. « Depuis décembre, l’euro s’est, effectivement légèrement apprécié, soit de l’ordre de 8 % face au dollar », souligne Swadicq Nuthay.

Swadicq Nuthay, économiste

« Le taux d’intérêt tellement bas en roupie a encouragé la spéculation contre la monnaie locale. De même, en tant qu’importateur net, Maurice importe malheureusement plus qu’il n’exporte. En d’autres mots, nous consommons plus que nous produisons, ce qui a également contribué à la volatilité de notre monnaie. Du coup, à travers ses interventions sur le marché des devises et sa politique de resserrement monétaire, la Banque de Maurice a pour objectif de rendre la roupie moins volatile. Il faut dire qu’aujourd’hui, le dollar s’est stabilisé. Cependant, plusieurs facteurs risquent de venir jouer les trouble-fêtes. À titre d’exemple, l’évolution du dollar - qui est la devise de référence à Maurice - face aux autres monnaies, influera sur nos importations. Il faudra aussi surveiller ce que fera la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). Continuera-t-elle à augmenter ses taux ou va-t-elle ralentir la cadence ? Que feront les autres Banques centrales ? Une chose est sûre, la Banque de Maurice va devoir suivre la même tendance ».

 

lévolution du dollar

 

Commodités : entre stabilité, baisse et hausse des prix

La plupart des prix des produits de base, en particulier ceux des matières premières, diminueront en 2023 en raison du ralentissement de la demande mondiale, mais une augmentation limitée de l’offre signifie que les prix resteront élevés. C’est ce qui ressort du dernier « Commodities outlook 2023 » de l’Economic Intelligence Unit (EIU). 

Pour Lawrence Wong, CEO de La Trobe, la demande sur le marché mondial reste assez forte et les prix devraient rester stables. « La stabilité des prix devrait se maintenir au cours de six prochains mois à condition qu’il n’y ait aucun bouleversement », fait-il ressortir. Cela dit, l’ouverture de la Chine, mais aussi une éventuelle récession, devrait influer sur les prix. « En cas de récession, les prix auront tendance à baisser.  Toutefois, la récession étant ce qu’elle est, tout le monde l’a redoute », avance Lawrence Wong. 

Grains secs : les pois du cap et les haricots bientôt plus chers 

Grains secs

À Madagascar, la récolte n’est pas fameuse. « Depuis novembre dernier, nous payons 50 % de plus pour l’achat des pois du cap et des haricots rouges et blancs. Les prix de ces grains secs vont donc grimper », annonce Mohammad Iqbal Hoosseny, directeur de l’Épicerie de l’Est (Best Foods Entreprise). À titre d’exemple, il faudra compter plus de Rs 40 pour un sachet de gros pois. « La récolte est, en effet, moins bonne cette année. Les prix sont en train de grimper sur le marché mondial », renchérit Jayen Veerapen, directeur de J.M.Veerapen Ltd. 

Cependant, les lentilles ou encore le dholl devraient coûter moins cher. « Il y aura une tendance à la baisse d’autant plus que le coût du fret a reculé. Par ailleurs, il y a tellement de compétition sur le marché local que les prix vont automatiquement baisser », indique Mohammad Iqbal Hoosseny. À savoir que le pays s’approvisionne en Inde, Canada, Australie, Madagascar, Russie et Ukraine.

Huile : Entre Rs 2 et Rs 11 moins cher 

smatch huile

Les consommateurs pourront profiter de la baisse des prix des matières premières sur le marché mondial. En effet, à partir de ce lundi 23 janvier, MOROIL revoit à la baisse les prix de ses huiles. « Il y a eu une baisse sur notre dernière cargaison arrivée ce mois-ci. Nous passerons donc la baisse aux consommateurs », indique la direction de MOROIL. 

Ainsi, le prix de l’huile Rani baissera de Rs 2, celui de Moroil Soja de Rs 3,50 alors que le prix du Moroil Tournesol reculera de Rs 11. Cette baisse devrait-elle perdurer ? « C’est difficile à dire ! Le marché est très volatil. On ne peut pas savoir si les prix d’aujourd’hui seront les mêmes demain », avance-t-on chez MOROIL.

Les nouveaux prix 
Rani (pouch) Rs85
Rani (PET) Rs86
Moroil Soya Rs88
Moroil Sunflower Rs97
*Le litre.

Lait : Vers une baisse des prix à partir d’avril

Le lait smatch

 « Les prix du lait sont déjà contrôlés par les autorités. Ainsi, quand le prix monte ou baisse sur le marché mondial, la même tendance est appliquée à Maurice », indique un gros importateur de lait. Il prévoit une baisse des prix à l’arrivée de prochaines cargaisons, soit à partir d’avril. Yusuf Sambon, importateur et directeur des hypermarchés Lolo, abonde dans le même sens. « Les nouveaux stocks coûteront moins cher, car le prix est en train de chuter sur le marché mondial. Une baisse est donc attendue », souligne-t-il.

Riz : Division sur les prix 

riz consommateur

Certains importateurs parlent de baisse de prix pour le riz. C’est le cas de Mohammad Iqbal Hoosseny. « Les prix sont en baisse. La récolte est fructueuse. De plus, la baisse du fret joue aussi dans la balance. D’ailleurs, nous avons déjà appliqué une baisse de Rs 200 à Rs 300 sur un ‘bal’ de riz », indique-t-il. Par contre, d’autres importateurs parlent d’augmentation de prix. « Le marché du riz reste incertain et volatil. Il y a cette crainte que les prix grimpent. Du coup, beaucoup d’importateurs dans le monde ont augmenté leurs stocks, ce qui a conduit à une augmentation spéculative du prix du riz sur le marché mondial », indique Dawood Jhurry, directeur de Succession Dawood Jhurry & Co Ltd. Il prévoit une hausse de 10 % sur le marché local d’ici trois à quatre mois. Pour Mohammad Iqbal Hoosseny, ce sont aux consommateurs de faire le choix. « Le choix leur revient de sélectionner la marque qu’ils préfèrent et où acheter pour bénéficier des meilleurs prix », conclut-il.

 

 

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