Publicité

Conseil de district de Rivière-Noire : Khemraz Ortoo au cœur de soupçons de conflit d’intérêts

Par Fernando Thomas
Publié le: 7 June 2026 à 12:00
Image
conseil district

Le président du conseil de district de Rivière-Noire est visé par une enquête après des accusations de favoritisme liées à des projets immobiliers à Gros-Cailloux et Albion.

Le dossier agite depuis plusieurs semaines les couloirs du conseil de district de Rivière-Noire. Khemraz Ortoo, le président, se retrouve au cœur d’une affaire de conflit d’intérêts et de favoritisme présumés, en lien avec des projets immobiliers à Gros-Cailloux et Albion. La députée Joanna Bérenger a interpellé le gouvernement sur ce dossier mardi. En réponse, le ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, a confirmé qu’une enquête est actuellement en cours afin de déterminer si les accusations formulées reposent sur des éléments fondés.

Au centre des interrogations : un projet immobilier de 25 unités prévu à Gros-Cailloux et une série de lettres de dénonciation adressées à plusieurs institutions publiques, dont la Financial Crimes Commission (FCC), le bureau du Premier ministre et le ministère des Collectivités locales. Dans ces correspondances, les dénonciateurs s’interrogent sur les circonstances ayant entouré l’octroi d’un Building and Land Use Permit (BLUP) pour ce développement, évoquant notamment des liens supposés entre certains acteurs du projet et des responsables locaux. 

Ils soutiennent également que Khemraz Ortoo aurait présidé le Planning and Building Monitoring Committee (PBMC) lors de l’examen de certains dossiers liés au projet immobilier, soulevant ainsi un présumé conflit d’intérêts. À ce stade, aucun document officiel ne permet toutefois d’établir la véracité de ces accusations.

Zones d’ombre

Les dénonciateurs avancent, par ailleurs, plusieurs autres allégations. Un terrain concerné par le projet aurait auparavant appartenu à une autre société avant d’être acquis par le promoteur actuel. Un atelier de réparation de bateaux et de véhicules serait exploité sur le site de manière irrégulière. Certaines parcelles seraient aussi utilisées par des personnes présentées comme proches du président du conseil de district, allèguent-ils.

Le parcours administratif du projet est pour le moins sinueux. Selon le ministre des Collectivités locales, sept demandes distinctes ont été soumises au conseil de district concernant ce développement. Six d’entre elles ont été rejetées en raison de différentes considérations réglementaires et administratives. Une première version du projet, qui prévoyait la construction de 35 unités résidentielles, avait notamment été refusée après que le ministère de l’Environnement a estimé qu’un Preliminary Environmental Report (PER) était requis avant toute approbation. 

Une nouvelle proposition, réduite à 25 unités, a ensuite été soumise et, après obtention des avis techniques nécessaires, approuvée lors d’une réunion du PBMC tenue le 6 octobre 2025. En janvier 2026, cependant, le ministère de l’Environnement a de nouveau indiqué qu’un PER demeurait nécessaire avant le lancement des travaux, empêchant ainsi le démarrage du chantier tant que cette condition n’est pas satisfaite.

Le dossier ne se limite pas à Gros-Cailloux. Certaines des correspondances adressées aux autorités font également référence à un bâtiment commercial situé à Albion. Les auteurs de ces lettres affirment que des irrégularités auraient pu entourer l’octroi de certains permis et évoquent de possibles entorses aux usages prévus pour le terrain concerné. Ils font aussi état d’objections formulées par des résidents de la région et s’interrogent sur le traitement administratif réservé à ce dossier.

Enfin, certaines dénonciations soulèvent des questions concernant le fonctionnement interne du PBMC, notamment à la suite du transfert de plusieurs cadres techniques vers d’autres administrations publiques. Les auteurs estiment que ces mouvements de personnel méritent des explications supplémentaires.

Khemraz Ortoo : « Je n’ai rien à me reprocher »

Contacté au sujet des accusations formulées à son encontre, Khemraz Ortoo rejette catégoriquement toute allégation de favoritisme ou de conflit d’intérêts. « Je suis au courant des lettres qui circulent et je possède même une copie de l’une d’elles. Je n’ai rien à me reprocher. Je fais mon travail en toute droiture et je continuerai à le faire », affirme-t-il. 

Le président du conseil de district de Rivière-Noire souligne que les décisions prises dans le cadre du Planning and Building Monitoring Committee ne reposent pas sur une seule personne. « Le PBMC fonctionne selon les recommandations des responsables techniques. S’il y avait eu une anomalie, elle aurait été signalée bien avant aujourd’hui », soutient-il. 
Khemraz Ortoo assure également qu’il reste disposé à collaborer avec toute institution chargée d’examiner le dossier. « Si la FCC ou toute autre autorité souhaite m’entendre, je suis prêt à fournir toutes les explications nécessaires. Toutes les procédures suivies par le conseil de district respectent les règlements établis. »

Pour lui, certaines accusations pourraient être motivées par des considérations personnelles ou politiques, tout en affirmant accueillir sereinement l’enquête actuellement en cours.

Quelle est votre réaction ?
0
0
Publicité
À LA UNE