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Congé de maternité d’un an : la petite enfance face au casse-tête de la réforme

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 24 June 2026 à 12:00
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enfant

Le Budget 2026-2027 introduit le congé de maternité de douze mois et un congé menstruel. Ces mesures de soutien aux femmes suscitent déjà des interrogations dans la petite enfance.

Présenté comme une avancée majeure pour les femmes et les familles, l’allongement du congé de maternité à douze mois suscite déjà des interrogations parmi les professionnelles de la petite enfance. Si elles reconnaissent l’importance d’accorder davantage de temps aux mères auprès de leur enfant, plusieurs d’entre elles s’inquiètent des conséquences que cette mesure pourrait avoir sur l’adaptation des enfants, l’organisation des crèches et la gestion du personnel.

Annoncée dans le Budget 2026-2027 par le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, la réforme prévoit un congé de maternité porté à un an. Les six premiers mois seront rémunérés à plein salaire, tandis que les six mois suivants, facultatifs, seront accordés à demi-salaire. Le gouvernement a également annoncé l’introduction d’un congé menstruel d’un jour payé par mois pour les femmes souffrant de symptômes sévères tels que la dysménorrhée ou certaines migraines associées.

Forte de plus de 45 ans d’expérience à la tête de la crèche et école de Bethléem, Sylvette Paris-Davy estime que cette prolongation du congé de maternité nécessitera un important travail d’accompagnement auprès des parents. Elle rappelle qu’autour du huitième mois survient une étape déterminante du développement de l’enfant, souvent appelée « angoisse du huitième mois », période durant laquelle le bébé développe un attachement plus marqué à sa mère et distingue davantage les personnes familières de son entourage.

Selon elle, les parents devront être préparés à cette étape afin d’éviter que la séparation ne soit vécue difficilement par l’enfant. Elle plaide ainsi pour la mise en place de programmes de sensibilisation destinés aux jeunes mères afin de les aider à mieux comprendre les besoins émotionnels de leur enfant durant cette période.

Répercussions

À la Kiddy Nursery and Daycare de Quatre-Bornes, Haresha Teelwah entrevoit pour sa part des répercussions directes sur le fonctionnement même des crèches. Sa structure accueille actuellement des enfants dès l’âge de quatre mois. Avec un congé de maternité prolongé à douze mois, elle estime que les sections destinées aux moins d’un an pourraient progressivement disparaître.

Cette évolution n’est pas sans risque, selon elle. Haresha Teelwah explique qu’un enfant d’un an est déjà davantage conscient de son environnement, ce qui peut rendre son adaptation à la vie en collectivité plus complexe. Elle souligne qu’un enfant qui ne se sent pas en confiance peut refuser de manger ou éprouver davantage de difficultés à s’intégrer. Aujourd’hui, l’accueil dès quatre mois permet, selon elle, une transition progressive grâce aux activités d’éveil, aux jeux et aux interactions avec d’autres enfants.

La responsable de la crèche s’interroge également sur la viabilité financière de la mesure pour les employeurs. Elle juge difficile de rémunérer une salariée pendant douze mois. Elle formule aussi des réserves concernant le congé menstruel, estimant que cette absence supplémentaire pourrait compliquer davantage l’organisation des entreprises.

Des préoccupations que partage Hugette Jeanneton, directrice de l’école Cadet-Rousselle à Tyack depuis plus de quatre décennies. Elle s’interroge sur la manière dont les établissements devront gérer le remplacement des employées en congé de maternité prolongé. Selon elle, ces remplacements représentent un coût additionnel important, dans un contexte où le recrutement de personnel qualifié est déjà difficile.

Au-delà de leurs différences d’approche, les trois professionnelles convergent sur un point : si l’objectif de soutenir davantage les mères fait consensus, les modalités d’application de ces nouvelles mesures soulèvent encore de nombreuses questions sur leurs effets à long terme pour les familles, les structures d’accueil et les employeurs.

La période d’angoisse

L’angoisse de séparation est une étape reconnue du développement de l’enfant. Apparaissant entre 6 et 9 mois, elle peut se prolonger jusqu’à 18 mois. Le bébé prend alors conscience que sa figure d’attachement peut s’absenter, ce qui déclenche une peur de l’abandon. Les signes sont manifestes : pleurs au départ du parent, refus des inconnus, agitation ou troubles du sommeil. L’enfant peut aussi refuser de s’alimenter avec une personne extérieure, illustrant son besoin de sécurité affective. Cette phase normale marque une avancée cognitive majeure : la permanence de l’objet (les personnes existent même hors de vue). Elle s’avère essentielle pour construire l’autonomie. Les spécialistes conseillent de rassurer le nourrisson par des rituels de séparation cohérents et un environnement stable. Étape universelle et transitoire, cette période prépare l’enfant à gérer les séparations futures grâce au lien de confiance.

(Source : Internet)

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