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Conflit autour de l’élevage de bœufs en milieu résidentiel - L’éleveur : «Mo pe gagne mo lavi» 

bœufs

On aura tout vu. Après l’élevage de poules ou de chiens sur les toits des maisons, c’est maintenant au tour des bœufs de faire leur apparition en milieu résidentiel. 

Le cas est soulevé par M. Dawood, un habitant de Pamplemousses, dont le voisin immédiat a commencé à élever ces quadrupèdes dans sa cour. Avec pour résultat, dit-il sur l’antenne de Radio Plus, que la vie est devenue impossible pour lui-même et les autres habitants du quartier. Il a pris les devants pour alerter les autorités mais sans succès.

Tout a commencé il y a un mois lorsque le voisin a fait venir les premiers bœufs. À ce jour, on en compte une demi-douzaine dans son étable. Une mauvaise odeur a commencé à flotter dans l’air et du coup, les mouches ont également fait leur apparition. 

« Il ne s’agit pas de mouches ordinaires, mais on les appelle ‘mouche bœuf ‘. Li diferan ek lezot. Li poz lor ou, li pik ou li pou sous ou disan kouma enn pikir », explique M. Dawood.

Un résident : «To pe ran mo lavi amer»

Dans un premier temps, M. Dawood a tenté de raisonner son voisin avec qui il entretient, dit-il, de bonnes relations. Celui-ci s’est montré rassurant en lui disant qu’il élevait les bêtes pour le qurbani, une fête musulmane. 

Mais les activités chez le voisin n’ont fait que s’intensifier : « Mo pe gagn mo lavi », a-t-il expliqué. 

« To pe ran mo lavi amer », a répliqué M. Dawood.

Sifflement d’une broyeuse

Les autres inconvénients posés par de telles activités se présentent sous la forme de bruits. Le voisin a, en effet, fait venir un appareil qu’il utilise pour broyer des feuilles de cannes et autres herbes servant de nourriture aux bestiaux. 

Il s’en sert à tout moment de la journée. « Pena timetable », dira M. Dawood. Et à ce titre, « il n’est plus possible de regarder la télévision lorsque l’appareil émet des sifflements. » 

« Les bêtes se mettent aussi de la partie en poussant leur beuglement et là aussi à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. » Il y a eu de nouvelles tentatives pour ramener le voisin à la raison. Cependant, celui-ci a rétorqué : « gete ki to pou fer ! » 

En tant que voisin le plus proche et le plus exposé à cet élevage, M. Dawood a alerté les autorités : le conseil de district de Pamplemousses, le ministère de la Santé, le département de l’Environnement de la Police. Sans aucun effet concluant. « Zot pas boul ! »

Une question a cependant été soulevée : un opérateur qui veut se lancer dans un élevage n’a-t-il pas besoin d’un permis délivré par le conseil de district ? On lui a répondu que c’est seulement lorsqu’on élève un nombre de dix-huit bêtes qu’un tel permis est requis. Ce qui ne s’applique pas pour le voisin de M. Dawood qui possède un nombre bien inférieur de bœufs.

En poursuivant sa campagne, M. Dawood devait apprendre que l’élevage n’est pas autorisé dans un rayon de 200 mètres autour d’un lieu résidentiel. 

Un cas classique de trouble du voisinage

Me Punchoo, avocate, a pris contact avec la rédaction pour dire que dans ce cas, le recours à une injonction de la cour est possible en attendant qu’un ‘main case’ soit entendu pour obtenir l’arrêt des activités. Une action rapide s’impose sous peine de voir la cour ne pas émettre un tel ordre. Il s’agit d’un cas classique de trouble du voisinage, a expliqué l’avocate.

L’inspecteur Vishwanaden Amasay de la Police de l’Environnement s’est engagé à examiner le dossier de la plainte pour décider de la marche à suivre.

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