Conflit au Moyen-Orient : Maurice redoute les répercussions sur le pétrole, le fret, le commerce et le tourisme
Par
Christina Vilbrin
Par
Christina Vilbrin
Le Moyen-Orient est en ébullition avec les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. Le risque que le pétrole flambe et que les routes commerciales soient bouleversées est réel. À Maurice, carburants, importations et tourisme pourraient subir un effet domino inquiétant.
Avec le conflit déclenché samedi par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz - une voie maritime cruciale pour le pétrole mondial, l’approvisionnement mondial de l’or noir est sérieusement menacé. Les experts du marché estiment que cette situation pourrait faire grimper les prix du baril vers des sommets rarement vus ces dernières années, soit entre USD 100 et USD 150 dollars le baril en cas de guerre prolongée.
À Maurice, la situation est suivie de très près par les autorités. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a, d’ailleurs, déclaré, le dimanche 1ᵉr mars, que « le prix du pétrole augmentera et nous devrons y faire face ». Quant à Alexandre Sanchini, CEO de Blue Ship Capital, il souligne la complexité de la situation. « Il est très difficile de mesurer l’ampleur exacte de l’impact de cette guerre sur le pétrole. Près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole transite par le détroit d’Ormuz. Que l’Iran ferme ou non ce passage, la circulation risque d’être perturbée par les frappes. Les navires éviteront de naviguer sous les missiles », fait-il ressortir.
Du coup, selon Alexandre Sanchini, le prix du baril pourrait fortement augmenter dans les prochains jours. « Il peut grimper avant de rebaisser, mais les prix devraient rester élevés dans les jours à venir », souligne-t-il. Il ajoute : « Cependant, dans le monde occidental, personne n’achète de pétrole iranien, et les États-Unis se sont tournés vers le Venezuela. A priori, cela ne devrait pas poser de problème majeur. La situation reste cependant complexe, notamment dans une région qui abrite de grands producteurs de gaz et dont on ne peut se passer ».
Du côté de la State Trading Corporation, on se montre rassurant : « Nous suivons la situation de près avec le ministère. Cette guerre pourrait affecter l’approvisionnement des carburants dans la région. Cela dit, nos fournisseurs nous ont rassuré qu’ils disposent de réserves et de bateaux qui peuvent continuer à approvisionner la région ».
La réunion du Petroleum Pricing Committee (PPC), prévue ce lundi 2 mars, est donc très attendue. À quoi s’attendre comme décision ? Selon l’observateur économique, Tahir Wahab, la baisse que les Mauriciens attendent depuis longtemps semble compromise. « Je ne pense pas que le Petroleum Pricing Committee appliquera une baisse des prix pour ensuite les augmenter. Les autorités privilégieront sans doute la prudence. Le prix du carburant dépendra, par la suite, de l’évolution et de la durée du conflit », fait-il ressortir.
Au 27 février
Brent : 72,48 dollars (+ 2,45 %)
Baril de West Texas Intermediate : 67,02 dollars (+ 2,78 %)
* Cette hausse résulte des fortes tensions au MoyenOrient, qui ont déjà poussé les cours du pétrole à la hausse avant même les frappes de ce weekend et pourraient continuer à peser sur les prix du baril.
La facture pétrolière de Maurice
*Sur les Rs 73,01 milliards, Rs 66 milliards ont été consacrées à l’achat des produits pétroliers, Rs 2,9 milliards au gaz naturel et manufacturé, et Rs 4,1 milliards à l’approvisionnement d’autres produits.