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Condition de l’entente MMM/ PMSD/ Reform Party : Ramgoolam comme candidat à la présidence, sinon rien…

Xavier-Luc Duval, Paul Bérenger et Roshi Bhadain se dissocient de Navin Ramgoolam.

Paul Bérenger, Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain déclarent publiquement pour la première fois qu’ils ne veulent pas faire partie d’une alliance ayant Navin Ramgoolam comme candidat au poste de Premier ministre. En attendant de savoir si celui-ci est prêt à mettre un frein à son ambition personnelle, le MMM, PMSD et Reform Party travaillent sur une alliance à trois.

Paul Bérenger, Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain ont rebattu les cartes et les ont redistribuées. Et la pression est maintenant sur Navin Ramgoolam. En annonçant jeudi matin, lors d’une conférence de presse conjointe à l’hôtel Le Labourdonnais, Port-Louis, qu’ils ne veulent pas de Navin Ramgoolam comme leader d’une grande alliance de l’opposition, les leaders du MMM, du PMSD et du Reform Party ont provoqué un séisme et donné un coup de pied dans la grande entente de l’opposition.

« Il n’y a rien de personnel. Il y avait un sentiment du côté du MMM et du PMSD que nous ne pouvions aller aux élections générales avec Navin Ramgoolam comme éventuel Premier ministre. Cela remonte à avant le 27 janvier », affirme Paul Bérenger qui, tout comme Xavier-Luc Duval, précise qu’il n’y a rien de personnel contre Navin Ramgoolam.

C’est à cette date, lors d’une réunion entre Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval, Arvin Boolell et Paul Bérenger, que le leader des Mauve et celui des Bleus ont expliqué leur position. C’était avant la démission de Nando Bodha du gouvernement le 5 février. « Nous avons fait d’autres propositions », affirme Paul Bérenger qui n’a pas voulu les dévoiler.

Le Défi Quotidien peut affirmer que la principale proposition faite à Navin Ramgoolam est un poste de président de la République en cas de victoire aux prochaines élections générales. Mais pas selon une formule à la 2e République comme pour les élections générales de 2014 qui voulait envoyer Navin Ramgoolam au Réduit avec des pouvoirs accrus après des changements à la Constitution. Cette fois-ci, la proposition, qui reste toujours ouverte d’ailleurs, est une responsabilité de Chef de l’État avec les mêmes pouvoirs qu’ont eue les Présidents depuis l’avènement de la République en 1992.

« Pas d’ingérence dans les affaires du PTr »

Cependant, et cela, Paul Bérenger le précise bien dans sa conférence de presse, « nous ne nous ingérons pas dans le leadership de son parti. Nous parlons de la candidature au poste de Premier ministre dans une éventuelle alliance. Nous souhaitons d’ailleurs que le Parti travailliste soit dans l’alliance qui ira aux élections municipales et aux élections générales ».

Xavier-Luc Duval renchérit : « ce n’est pas de toute gaieté et même avec un certain regret que nous faisons cette conférence de presse sans le Parti travailliste. Nous avons essayé tout ce qui était possible pour amener une réaction positive de leur côté concernant les appréhensions que nous constatons sur le terrain. Il y a une grande demande pour un changement et c’est du devoir de l’opposition de présenter une équipe qui incarne ce changement ».

Le leader du PMSD prend pour exemple l’Inde où Sonia Gandhi était leader de l’United Progressive Alliance qui remporta les élections en 2004, mais décida de placer Manmohan Singh au poste de Premier ministre.

Libre à Navin Ramgoolam de rester le patron de son parti, mais de proposer un autre nom comme éventuel Premier ministre. Il faut que ce soit quelqu’un qui peut convaincre et séduire.

Mardi dernier, Xavier-Luc Duval a rencontré Navin Ramgoolam et Arvin Boolell pour leur annoncer la position de son parti. « La balle est maintenant dans le camp de Ramgoolam et du PTr. Nous nous attendons à des signes positifs de leur part et c’est pourquoi on ne fait pas de ‘move’ pour le moment concernant le poste de leader de l’opposition ».

Roshi Bhadain abonde dans le même sens. « Ce n’est pas à nous d’entrer dans le fonctionnement d’un parti. On souhaite que le Parti travailliste soit avec nous et que les décisions qui peuvent être prises à l’intérieur même du parti soient prises ».

Mais qui pour présenter comme challenger de Pravind Jugnauth si le Parti travailiste n’est pas dans l’équipe ? Ce ne sera pas Paul Bérenger, avoue le leader du Reform Party. 

Boolell reste leader de l’opposition, pour le moment

Même si Nando Bodha peut incarner un challenger direct pour Pravind Jugnauth, au niveau du PMSD, du MMM et du Reform Party, l’on n’en est pas là. Pour l’instant, il n’est même pas question de lui confier la responsabilité de leader de l’opposition. « Il vient de quitter le gouvernement. C’est prématuré de parler de cela », déclare Paul Bérenger. « Nous ne voulons blesser personne. Arvin Boolell est le leader de l’opposition et nous souhaitons qu’il continue. Nous laissons le temps faire son travail », précise encore le leader des Mauves. Mais, sera-t-il toujours leader de l’opposition à la reprise des travaux parlementaires le 23 mars ? La question reste ouverte.  « Nous lui donnons le temps de réfléchir. On peut dire que c’est une mise à l’épreuve », confie-t-on dans les quartiers du MMM.

Ensemble, le MMM et le PMSD sont numériquement plus forts que le PTr seul. Ils peuvent donc choisir un nouveau leader de l’opposition.
Est-ce que Nando Bodha veut le poste ? De sources sûres, nous apprenons que celui-ci a fait savoir qu’il ne s’attend à rien de particulier. Mais, si nécessaire, « il est prêt à en assumer la responsabilité », confie-t-on dans son entourage.

Une alliance MMM/PMSD/Reform Party

Pour le moment, et ce en attendant le Parti travailliste, l’on parle d’une alliance MMM/PMSD/Reform Party pour les élections municipales. Les trois leaders sont aussi ouverts au fait d’embarquer des organisations citoyennes. « Nous sommes ouverts d’esprit », dit Paul Bérenger.

« Pour les élections municipales, qui peuvent arriver très vite, nous voulons une équipe soudée et unie et qui peut transformer les villes en municipalités dignes de ce nom. Nous allons venir avec un programme avant-gardiste », souligne Xavier-Luc Duval. « On doit créer une synergie entre nous et ce sera bien vite fait. On a une motivation formidable » se réjouit Roshi Bhadain.

Les rapports de force au sein de l’opposition

Le Parti travailliste est la formation comptant le plus grand nombre de députés au sein de l’opposition. Mais, ensemble, le MMM et le PMSD, qui travaillent activement sur les modalités d’une alliance, en embarquant le Reform Party, qui ne compte pas de députés, peuvent compter sur 14 députés. Nando Bodha, qui a démissionné du gouvernement le 5 février dernier, n’a pas encore indiqué s’il reste en indépendant ou s’il offrira son soutien à un camp ou l’autre.

Avec leur majorité, le MMM et le PMSD peuvent ambitionner de reprendre le poste de leader de l’opposition qui est occupé par Arvin Boolell depuis les dernières élections générales. Idem pour le poste de Whip de l’opposition actuellement entre les mains de Shakeel Mohamed.

  • PTr : 12 (Stéphanie Anquetil, Patrick Assirvaden, Farhad Aumeer, Arvin Boolell, Fabrice David, Mahend Gungapersad, Eshan Juman, Ranjiv Woochit, Ritish Ramful, Shakeel Mohamed, Osman Mahomed, Michael Sik Yuen)
     
  • MMM : 9 (Aadil Ameer Meea, Rajesh Bhagwan, Paul Bérenger, Joanna Bérenger, Karen Foo Kune, Arianne Navarre-Marie, Franco Quirin, Reza Uteem, Deven Nagalingum)
     
  • PMSD : 5 (Salim Abbas Mamode, Patrice Armance, Xavier-Luc Duval, Richard Duval, Khushal Lobine)
  • Indépendant : 1 (Nando Bodha)

Navin Ramgoolam :  « C’est mon problème »

Interrogé par la presse jeudi à l’issue d’une réception pour marquer le 61e anniversaire de l’empereur du Japon, organisée à la résidence de l’ambassadeur japonais à Maurice, Kawaguchi Shuichiro, à Floréal, Navin Ramgoolam botte en touche. « Je viens de dire ça à quelqu’un, du gouvernement qui plus est. Ça fait sept ans que je ne suis pas au Parlement, mais malgré ça, c’est moi qui fais la une. Le focus est sur moi. »

À une journaliste lui disant que le MMM/PMSD/Reform Party ne veut pas de lui comme candidat au poste de Premier ministre dans une grande alliance de l’opposition, il répond : « ce n’est pas votre problème. C’est mon problème… »


Patrick Assirvaden : « Nous analysons… »

« Nous analysons… et nous suivons les réactions des uns et des autres. On est à l’écoute de ce que disent les gens », affirme le président du Parti travailliste. La situation a exigé l’organisation d’un bureau politique et d’une réunion du comité exécutif au siège des rouges à Port-Louis prévu pour ce mardi afin de décider de la marche à suivre.

Alan Ganoo : « Nous nous y attendions »

La situation au sein de l’opposition est loin d’étonner Alan Ganoo, ministre des Affaires étrangères et du Transport. « Au sein du gouvernement, nous nous attendions que cette alliance basée sur l’envie de déstabiliser le gouvernement allait exploser. Cette alliance fourre-tout ne pouvait tenir », dit-il, en ajoutant que « c’est le peuple qui jugera qui est l’équipe la plus sérieuse. En ce qui nous concerne, c’est le travail qui nous intéresse. Nous avons encore quatre ans devant nous et nous sommes sereins ».

Pour Alan Ganoo, l’entente de l’opposition était « un front décousu ». Pour lui, « le challenger de Pravind Jugnauth sur la scène politique, c’était Navin Ramgoolam. Il y a plusieurs aspirants candidats au poste de Premier ministre. Ils se sont débarrassés de l’un d’eux. D’autres vont passer à la trappe, car maintenant que Paul Bérenger a débauché Nando Bodha, il n’a plus besoin de Navin Ramgoolam ». 

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