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« Concurrence déloyale » - Cyril Appajalah : « Certains veulent tuer le business des taxis d’hôtels »

Cyril Appajalah, Deputy Commissioner de la National Transport Authority, est monté au créneau, à l’émission Xplik ou K, sur Radio Plus, pour défendre les droits des chauffeurs taxis d’hôtel. Ces derniers feraient face à une « concurrence déloyale » qui est, selon eux, cautionnée par certains managements de grands hôtels.

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Un tour-opérateur a-t-il le droit de venir prendre des clients dans un hôtel ? Répondant à cette question qui lui était posée par notre collègue Gilbert Bablee, suite à la plainte d’Asraf Ali Ramdin, secrétaire de la General Taxi Owners Union, Cyril Appajalah, Deputy Commissioner de la National Transport Authority (NTA) a déclaré : « La loi prévoit des conditions selon lesquelles tous les tour-opérateurs devraient être attachés à leurs permis. Ils sont tenus de respecter ces conditions. »

Il a ajouté que « certains hôtels font appel à des contract cars pour les louer à des touristes. Et dans ces véhicules, ils installent leurs propres chauffeurs. Donc, ils vendent les services des contract cars aux touristes. C’est quelque chose de très mauvais. C’est une compétition déloyale de leur part. Si seulement les touristes avaient voyagé gratuitement à bord de ces contract cars ! Mais le service est payant. Il faut trouver un moyen pour stopper cela. »

Il suggère ainsi que l’on procède à des vérifications. Ce qui permettra, selon lui, de déterminer dans quelles circonstances des véhicules arrivent aux hôtels, avant d’appliquer les sanctions qu’il faut si ces véhicules opèrent dans l’illégalité.

Cyril Appajalah admet que la NTA « manque d’inspecteurs pour ce type de tâches.  Nous avons huit officiers en formation. Dès qu’ils seront prêts, ils prendront du service pour voir ce qui se passe dans les hôtels. Cela permettra de décanter la situation. Ainsi, tout le monde pourra avoir son gagne-pain sans avoir à tirer le diable par la queue ». Il reconnaît, toutefois, que cette situation est complexe.

Concertation

La NTA accorde des permis à des taxis pour opérer près des hôtels. Gilbert Bablee a demandé à Cyril Appajalah si des taxis basés aux hôtels ont le droit d’aller travailler hors de leurs bases. Il lui a aussi fait demandé s’il n’était pas essentiel qu’il y ait une concertation entre la NTA et les hôtels pour leur dire qu’il y a des taxis basés juste à l’extérieur pour transporter les touristes. N’est-il pas important de leur dire que ces taxis payent une patente, qu’ils ont une base à leur hôtel respectif ? Ne faut-il pas insister qu’on ne peut continuer avec un système où des véhicules opérant pour des tour-opérateurs entrent dans la cour des hôtels pour venir chercher des touristes ?

« Ce qui est sûr, c’est qu’avant d’octroyer ces patentes, très souvent, c’est le management de chaque hôtel qui approche la NTA pour réclamer un service taxi. Cependant, à la suite d’un changement dans le management, on est témoin de différents points de vue. Il ne faut pas généraliser, mais il y a des managements qui veulent tuer le business des taxis d’hôtel. Ils ne peuvent sentir ces taxis-là », a répondu Cyril Appajalah.

Les moyens légaux de la NTA

Le Deputy Commissioner de la NTA a révélé que souvent des réunions tripartites sont organisées entre le managements d’hôtels, des représentants des chauffeurs de taxi et la NTA pour discuter du problème de concurrence déloyale. « Les taximen doivent survivre. Je précise que dans certains hôtels, cela se passe très bien. Le management est très compréhensif. Par contre, dans d’autres... »

Cyril Appajalah souligne que la NTA dispose de moyens légaux, dont le Road Enforcement prévu dans la Road Traffic Act, pour faire respecter certaines conditions légales. Il lance un appel à la bonne volonté de toutes les parties concernées. Dans la foulée, il salue le fait que certains hôtels n’aient pas opposé de résistance à la mise sur pied d’un Taxi Information Desk en leur sein.

Il attire l’attention sur le fait que des taximen opérant hors des bases d’hôtel et des tour-opérateurs ont déposé une motion de Judicial Review auprès de la Cour suprême. De fait, la NTA doit attendre le verdict de la Cour. Entre-temps, a déclaré Cyril Appajalah, les inspecteurs poursuivront leur travail sous la houlette du Chief Road Transport Inspector Rajen Gungabissoon « pour faire comprendre aux hôtels que les taximen ont le droit de survivre dans ce pays ».

 

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