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Concours de chansons-danses : les seniors enflamment les demies-finales

Dès 9h30, les participants et leurs troupes avant pris d’assaut la salle principale du centre James Burty David.

L’année 2019 s’achève dans la liesse pour les seniors citizens de l’île, avec le concours de chansons-danses séga, francais-anglais et bhojpuri, organisé par le Senior Citizen Council (SCC). La semaine écoulée a vu la dernière étape du concours avec les préliminaires et les demies finales qui se sont déroulés au centre récréatif James Burty David, à Pointe-aux-Sables.

Saris pailletés et bijoux scintillants, ou robes fleuries en soie et chapeaux de paille, comme les années précédentes, les seniors se sont parés de leurs plus beaux atouts pour se mettre en valeur durant ce concours national. C’est un des rendez-vous phares de cette année pour les seniors, qui s’achèvera avec la célébration de la Journée internationale des personnes âgées, qui se tiendra au Centre des conférences international Swami Sivananda, à Pailles. 

Mais c’est sans conteste les concours qui mobilisent davantage les seniors, dont certains estiment que la Journée internationale des personnes âgées, servira de tremplin politique au gouvernement en cette période pré-électorale. Jeudi et vendredi, le centre de Pointe-aux-Sables a accueilli les demi-finalistes du concours, la liste des dix finalistes dans chacun des deux sections, sera connue au début de la semaine prochaine. Mais durant ces deux jours, les participants ont déployé toute leur énergie pour emporter le vote des jurys, dont Arun Devi Chuttoo et Mita Beeharry, des Performing Artistes, désignés par le MGI pour évaluer les participants dans la partie bhojpuri. Même si elles expliquent que les finalistes proviennent majoritairement du milieu du ‘geet gawai’, elles se sont montrées très conciliantes, faisant valoir que le concours est avant tout une occasion festive et collective, qui leur donne une véritable visibilité. « Ces personnes sont les tenants et les derniers passeurs d’une tradition culturelle orale, ces concours ont le mérite de les valoriser », explique les deux artistes du MGI.

Dholok et autres instruments traditionnels

Au centre, durant ces deux jours, les inscriptions au centre ont commencé dès 8h30, avec l’arrivée de cars des quatre coins de l’île, bourrés de dames endimanchées, avec leurs dholok et autres instruments traditionnels. À la réception et l’inscription, des membres du SCC conduits par Ravin Patpur, Administrative Secretary et Bina Seebaluck, son assistante, sont eux rompus à ce type d’activité de grande envergure.  En moins d’une demi-heure, la principale salle du centre a été envahie, à tel point que des chaises additionnelles ont dû être installées pour accueillir les participants et leurs groupes. « Comme d’habitude, certains ne respectent pas les consignes et viennent avec plus de personnes que le nombre indiqué », indique un membre du SCC, pris au dépourvu par la vue d’une telle foule. Avant d’ouvrir la demi-finale, Ravin Patpur, avec son aisance en bhojpuri a vite dissipé les agacements des uns et des autres, faisant prévaloir le plaisir d’une telle activité, les fonctions culturelles, sociales qu’elle remplit.

Saris de la même couleur 

À son discours circonstancié a suivi le passage de  la première troupe, suivie par d’autres. Certaines troupes ont tenté de marquer leur différence au niveau des costumes, en arborant des saris de la même couleur, une autre s’est distinguée en faisant porter à une danseuse un pot sur la tête.  Une autre fois, la sonorisation a joué un mauvais tour à une troupe qui avait pourtant fait l’effort d’offrir un morceau différent des autres.

À l’arrivée, si la demi-finale de 2019 se distingue peu des précédents concours, on retiendra le fait que les participants font toujours preuve de la même détermination avec un véritable sens de rigueur, mais trop aux yeux du jury qui a dû leur demander de faire ressortir un peu de sourire et de joie dans leurs prestations. Il reste à souhaiter que lors de la finale,  à l’Indira Gandhi Centre for Indian Culture, à Phoenix, le 26 septembre 2019,  elles retiendront ce précieux conseil qui est un critère déterminant dans le choix du jury.

Concours de chansons-danses

SCC : une semaine sans répit

Les membres du SCC ont vécu une semaine sans répit, du lundi au vendredi, enchaînant l’organisation des préliminaires et les demies finales et préparant les finales dans les différentes sections, qui se tiendront au Plaza et à l’Indira Gandhi Centre for Indian Culture, cette semaine. Même s’ils ont l’expérience dans l’organisation de ces activités de grande envergure, il est clair que depuis ces dernières années, le personnel semble insuffisant au vu du nombre grandissant d’associations de seniors qui sont toutes affiliées au SCC et qui participent aux activités que celui-ci organise. Dans le même souffle, l’importance que les différents gouvernements accordent au bien-être des seniors de Maurice, le plus marquant étant l’augmentation de la pension universelle en 2014 et les promesses d’une nouvelle hausse avant décembre 2019. Le pays souhaite emboîter le pas aux pays développés, en offrant un meilleur cadre de vie aux seniors.

L’Escalier Elderly Organisation est l’une des nombreuses associations issues de la tradition des ‘geet gawai’.
L’Escalier Elderly Organisation est l’une des nombreuses associations issues de la tradition des ‘geet gawai’.

L’ombre des ‘geet gawai’ sur les concours bhojpuri

À l’instar des autres groupes qui participent aux concours de chants-danses bhojpuri, l’Escalier Elderly Organisation est issue de la tradition des ‘geet gawai’, ces fameuses soirées organisées les vendredis soirs avant les mariages dans les familles ‘hindi speaking’. Pour ce concours, l’association créée en 2013 et qui compte 325 membres, a puisé dans son réservoir de chansons et, selon leur chef de file et principale chanteuse, Jayanti Nunkoo, une seule répétition leur a suffi pour se préparer. 

« Nous sommes un groupe de 9 à 10 dames qui participent aux ‘geet gawai’ depuis des années. Nous avons la maîtrise de ces chansons, ce qui facilité notre participation à tous les concours de chansons et danses bhojpuri », explique-t-elle. Si aucun cachet n’est exigé pour ces fameuses soirées de mariage, en revanche, la tradition veut que les membres de la famille où a lieu le mariage mettent de l’argent dans un ‘lota’ durant cette activité un peu spéciale, elle est réservée aux femmes. Pourquoi cette exclusion? « Parce dans le passé, durant le ‘geet gawai’, les femmes se déguisaient en hommes pour mimer les lunes de miel », explique une femme d’un autre groupe, ces séquences donnant ainsi lieu à certains actes grivois, aidés en cela par quelques verres.  « Il est toujours permis de prendre un verre, reconnait Jayanthi Nunkoo, mais avec modération, car il y va de notre réputation. »

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