Compétitivité du centre financier - Jyoti Jeetun : «Le gouvernement ne portera pas atteinte à la compétitivité du secteur financier»
Par
Kinsley David
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Kinsley David
Face aux inquiétudes des opérateurs sur la hausse du coût des affaires, Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la Planification économique, défend l’approche du gouvernement et privilégie le dialogue avec l’industrie. Invitée dans « Au Cœur de l’Info », elle s’est également expliqué sur les amendements concernant les Waqfs et a rejeté les critiques sur l’absence de consultations.
Pour Jyoti Jeetun, la hausse du coût de faire des affaires ne peut être analysée indépendamment des autres facteurs qui déterminent l’attractivité de la juridiction mauricienne. « Le cost of doing business est un facteur parmi beaucoup d’autres qui déterminent la compétitivité d’un centre financier », explique-t-elle. La ministre reconnaît toutefois les préoccupations exprimées par les opérateurs et assure qu’elle privilégie la concertation. « Depuis mon premier jour, mon approche a toujours été d’être à l’écoute et de travailler en collaboration avec l’industrie et l’ensemble des stakeholders, qu’ils soient grands, moyens ou petits. »
Elle regrette néanmoins que certaines critiques concernant les mesures annoncées aient été portées sur la place publique. « Au lieu de travailler ensemble pour trouver des solutions, certains choisissent de s’exprimer dans la presse. C’est un choix », avance-t-elle.
Face aux inquiétudes sur la compétitivité de Maurice, Jyoti Jeetun estime qu’une comparaison avec les autres centres financiers est nécessaire. « Il faut faire un benchmarking avec des juridictions comme Dubaï, Singapour et d’autres centres financiers. Nous devons mesurer l’impact de nos décisions et faire attention à préserver notre compétitivité. »
Elle se veut néanmoins rassurante quant aux intentions du gouvernement. « C’est un secteur qui fonctionne bien et la dernière chose que souhaite le gouvernement est de porter atteinte à sa compétitivité. » Le rôle de la ministre est d’écouter les préoccupations des opérateurs et de rechercher des solutions qui pourront ensuite être présentées au ministère des Finances.
Concernant le dossier des Waqfs, la ministre réfute catégoriquement les accusations d’absence de concertation. « J’ai entendu dire qu’il n’y avait pas eu de consultations. Rien n’est plus faux », avance-t-elle.
Elle rappelle que Maurice doit se préparer pour les prochaines évaluations internationales et éviter de se retrouver de nouveau sur la liste grise. Les amendements envisagés s’inscrivent, selon elle, dans un exercice de mise en conformité du cadre législatif avec les recommandations internationales concernant notamment les organisations à but non lucratif. « Il est extrêmement important que Maurice ne retourne pas sur la liste grise, comme c’était le cas il y a quelques années. »
Selon Jyoti Jeetun, les discussions sur les amendements ont commencé bien avant leur présentation et plusieurs consultations ont été menées avec les parties concernées. Pour la ministre, l’enjeu reste de trouver un équilibre entre les préoccupations exprimées localement, le respect des standards internationaux et la préservation de la réputation de Maurice comme centre financier.