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Compensation salariale : les syndicats rejettent la proposition de Rs 200 du gouvernement

Rs 200. C'est le montant de la compensation salariale que le gouvernement propose aux salariés des secteurs public et privé touchant un salaire mensuel entre Rs 10 200 et Rs 50 000. Ceux qui obtiennent plus de Rs 50 000 par mois n'obtiendront pas de compensation salariale.

L'annonce a été faite aux syndicalistes présents à la réunion du comité tripartite, présidée par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, au Vaghjee Hall, Port-Louis, ce vendredi matin 29 novembre.

Les syndicalistes, qui réclamaient une compensation salariale de  Rs 800 à Rs 1 250, se disent déçus par la proposition de Rs  200.

Selon le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, la somme de Rs 200 comme compensation salariale est «une insulte envers la classe des travailleurs ».

«Avec l’endettement de la population et la dépréciation de la roupie, entre autres, ce montant ne représente rien !», martèle-t-il.

Quant au salaire minimum, il devrait passer de Rs 9 000 à Rs 10 200. Le patronat sera appelé à débourser Rs 9 700 alors que les Rs 500 seront subventionnées par le gouvernement au moyen d'un «top-up» à travers la Negative Income Tax.

Haniff Peerun insiste lui que le nouveau montant du salaire mininum sera de Rs 9 700 et non Rs 10 200.

«Les Rs 500 restantes seront subventionnées par le gouvernement à travers l’argent des contribuables. Pou nou sa Rs 500 pe sorte depi nou pos», déplore Haniff Peerun.

Le président du MLC fait la proposition suivante : «Que le gouvernement vienne de l’avant avec un package et corrige cette injustice qu’il a faite aujourd’hui avec l’annonce du montant de Rs 200».

C’est aussi une «déception totale» pour Clency Bibi. Le président de la General Workers Federation (GWF) intervenait à sa sortie du comité tripartite : «On a imposé un ajustement sans négociation et sans l’accord des syndicats. On rejette totalement le montant proposé de Rs 200. On fait un appel au Premier ministre pour qu’il préside un autre comité tripartite.»

Pour Atma Shanto, «le cabinet ne peut pas ratifier le montant de Rs 200 car il n’y a pas eu de consensus». «Le montant de Rs 200 ne représente rien. On le rejette fermement. Le Premier ministre a le devoir d’établir la justice sociale», affirme le président de la Fédération des travailleurs unis (FTU).

«C’est un chiffre mal calculé»

«Le ministre des Finances vient de dire qu’il accorde une augmentation de 8.5 % pour ceux qui toucheront Rs 10 200. C’est un chiffre mal calculé. Sif-la fos. Li pa 8.5 %. On n’est pas d’accord avec le chiffre qui nous a été proposé. De ce fait, nous avons formulé une motion au ministre des Finances pour qu’il la transmette au Cabinet. Motion dans laquelle on demande la mise sur pied d'un autre comité tripartite, cette fois-ci présidé par le Premier ministre afin de nous donner plus d’éclaircissements», déclare, de son côté, Narendranath Gopee. Le président de la Federation of civil service and other unions (FCSOU) dit «espérer que le gouvernement ne ratifie pas la somme proposée avant les négociations».

Quant à Deepak Benydin, il dit être «déçu» de ce qu’il considère comme des «mix issues» entre le salaire minimum et la compensation salariale. «Nou pa pe dir devide la kes pou la klas travayer. Me fer enn zefor spesial. On demande que le montant de la compensation soit adéquat. Nous avons proposé Rs 600. On fait un appel au Premier ministre pour corriger cette anomalie», affirme le président de la Federation of Parastatal Bodies & Others Unions.

Le gouvernement a ainsi proposé un montant proche de celui que proposait le patronat, soit une somme de Rs 180. La proposition sera portée devant le Conseil des ministres, qui se réunira à la mi-journée ce vendredi. Il incombera au Cabinet d'avaliser cette proposition ou de la revoir. C'est le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui annoncera le quantum de la compensation salariale lors d'une conférence de presse prévue à 15 h au Bâtiment du Trésor, Port-Louis, ce vendredi.

 

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