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Compensation salariale : les attentes des familles mauriciennes

Que ce soit pour les familles au bas de l’échelle, de la classe moyenne ou encore celles qui sont les plus aisées, une hausse salariale apportera toujours un soulagement.  Dans le contexte économique actuel,  une compensation salariale est plus que jamais nécessaire. Qu’attendent les ménages?  Témoignages.

La famille Appalasawmy de Beau-Bassin : des projets incomplets à cause de l’inflation 

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Les Appalasawmy sont d’avis que ceux qui touchent au-delà de Rs 50 000 doivent obtenir eux aussi une compensation salariale. 

La famille Appalasawmy compte actuellement plusieurs projets en attente. Si leurs rêves n’ont pas été réalisés pour l’heure, c’est principalement en raison de la constante hausse des prix.  Le père de la famille, Shiva Appalasawmy, Factory Manager pour le groupe Chartreuse, dit faire des efforts additionnels pour joindre les deux bouts. 

«  J’ai contracté un prêt bancaire pour la construction de ma maison, mais les travaux ne sont pas encore complétés », déplore-t-il.  En effet, cet habitant de Beau-Bassin affirme que l’emprunt n’est pas suffisant pour terminer les travaux. «  Avec les prix des matériaux, entre autres, qui ne cessent d’augmenter, la maison est prête à 80 % », avance-t-il.  Shiva Appalasawmy doit aussi attendre pour faire l’acquisition d’une autre voiture après que la précédente a été complètement endommagée lors d’un accident.  «  Ainsi, je  préfère mettre les projets en suspens, en attendant que ma situation financière se stabilise », dit-il.  Sa femme travaille dans la fonction publique. Elle contribue également au budget ménager. « Nous contribuons tous deux au budget, toutefois, il faut toujours faire des choix pour que nous ne nous retrouvions pas endettées davantage », dit notre interlocuteur.  Par ailleurs, leur fille âgée de 22 ans envisage de poursuivre ses études tertiaires. 

Selon lui, ce ne sont pas seulement les familles au bas de l’échelle qui souffrent de la flambée des prix. «  Même ceux qui touchent au-delà de Rs 50 000 sont affectés.  Et c’est triste que depuis quelques années, ces salariés ne perçoivent pas de compensation salariale », déplore-t-il. Ainsi, il fait un appel à l’État d’annoncer une compensation pour ceux touchant au-delà de Rs 50 000 également. 


Alexandre Isabelle de Rose-Belle : lutte pour répondre aux besoins de sa famille

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Pour Alexandre Isabelle, une compensation de Rs 1 000 serait insuffisante. 

À l’âge de 20 ans, Alexandre Isabelle a la responsabilité de sa famille sur ses épaules.  Ses parents étant séparés, il doit s’occuper de ses deux sœurs âgées de 15 ans et de cinq ans respectivement et aussi de son frère âgé de 18 ans.  Cependant, en tant que  maçon, c’est un véritable casse-tête de trouver un équilibre entre les dépenses mensuelles et les revenus.

« Je travaille avec un contracteur depuis quelque temps. À la fin du mois, j’arrive à toucher un salaire variant entre Rs 20 000 et Rs 22 000. Cependant, c’est loin d’être suffisant pour mes dépenses et les besoins de ma famille », confie-t-il. Avec la cherté des denrées alimentaires, dit-il, la situation devient encore plus difficile. «  Après avoir fait les courses, payer les factures et la location, il ne me reste rien à la fin du mois. Ainsi, la question de faire des économies ne se pose même pas », avance le jeune homme.

Selon lui, une personne doit toucher au moins Rs 28 000 par mois pour pouvoir vivre décemment.  «  Ainsi, même si le gouvernement accorde une compensation salariale de Rs 1 000 aux ceux au bas de l’échelle, ce ne sera jamais suffisant. Cependant, toute augmentation sur le salaire apportera un soulagement », avance cet habitant de Rose-Belle.  Il a une fiancée et espère pouvoir trouver un logement social pour fonder une famille. «  Je me suis déjà inscrit pour un bail et je suis en attente d’une réponse. J’espère que mon rêve d’avoir ma propre maison deviendra bientôt une réalité », indique-t-il.


Nazillah Lagan de Providence : la priorité est l’éducation des enfants 

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Nazillah Lagan est en faveur d’une hausse salariale de Rs 1 000.  

Mariée et mère de trois filles âgées de 24, 20 et 18 ans respectivement, Nazillah Lagan avance que dans ce contexte économique dominé par une baisse du pouvoir d’achat, il y a un besoin d’établir des priorités. Cette habitante de Providence, Quartier-Militaire, occupe le poste de superviseuse dans le supermarché SaveMart à Mont-Ida.  Son époux, Azad Meeroa travaille dans un atelier spécialisé dans les travaux d’aluminium.

«  Deux filles poursuivent leurs études à l’Université, alors que la dernière est en HSC. Même si notre budget ménager demeure restreint avec la hausse des prix, nous nous assurons que nos enfants ne manquent de rien pour leurs études », avance Nazillah Lagan. Cette dernière soutient qu’elle attend les promotions de la fin du mois pour faire les courses. «  Mon époux et moi faisons de sorte que nous ne dépensons pas nos revenus sur les achats inutiles », dit-elle.  Par ailleurs, le couple a un projet de construction qui est en cours. «  Ainsi, nous restons très vigilants sur nos dépenses », soutient notre interlocutrice.  Celle-ci est d’avis qu’avec la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat, une compensation salariale de Rs 1 000 permettra les ménages à sortir la tête de l’eau.


La famille Busguth de Flic-en-Flac : le plus gros fardeau est la cherté du carburant  

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Les Busguth s’attendent à une compensation entre Rs 500 et Rs 700.

Malgré la flambée des prix,  Nitin Busguth et sa femme Nirushka Busguth parviennent à joindre les deux bouts à la fin du mois grâce à une bonne planification des dépenses. Propriétaire d’une pharmacie, Nitin Busguth avoue que les affaires ont été assez difficiles depuis l’arrivée de la pandémie de la Covid 19.  « D’abord, les prix des médicaments ont connu des hausses vertigineuses alors que nous travaillons sur une marge de profit fixe. Du coup, cela impacte négativement sur nos revenus », déplore-t-il. En même temps, dit-il, les prix des produits de consommation continuent de grimper. Mais il avoue qu’avec la contribution de sa femme Nirushka au budget ménager, la situation devient plus facile à gérer. «  Ma femme travaille dans le secteur offshore.  Nous collaborons  pour planifier notre budget ménager et financer nos dépenses courantes », affirme-t-il.  Leur fille Ahana âgée de 10 ans fréquente une école primaire privée.  « Au début de l’année, nous allouons déjà un budget important pour ses études. Ce budget comprend les frais d’école et les matériels scolaires pour toute l’année. Ainsi, nous n’avons pas à nous soucier de ce niveau », explique notre interlocuteur. 

Toutefois, il soutient que le plus gros fardeau est la cherté du carburant.  « Cela pèse lourd dans notre budget mensuel et, par conséquent, on est obligé à faire des choix et dépenser judicieusement », dit Nitin Busguth. D’ailleurs, il soutient que sa femme et lui privilégient les promotions que proposent les grandes surfaces lorsqu’ils font leurs courses.  En tant qu’employeur lui-même, il est d’avis que chaque employé a droit à une compensation salariale raisonnable compte tenu du contexte économique actuel. « J’emploie cinq personnes et je sais que payer une compensation salariale sera difficile, mais c’est nécessaire. Je pense qu’un montant variant entre Rs 500 et Rs 700 serait approprié pour faire face au coût de la vie », recommande-t-il.


La famille Ramoo de Petit-Verger, St-Pierre : hausse de Rs 2 000, voire plus sur le budget ménager 

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Les Ramoo sont en faveur d’une compensation salariale  considérant tous les éléments qui impactent le coût de la vie. 

La famille Ramoo, composée de trois membres, vit à Petit-Verger, St-Pierre. La fille Reecha raconte que récemment, ses parents ont dû se réinventer. Ils ont ouvert une nouvelle enseigne dédiée à l’agroalimentaire. « En attendant que les affaires démarrent, je m’occupe des dépenses. Il faut dire qu’avec l’ascension des prix, un planning stratégique est nécessaire. De plus, il faut savoir choisir », dit la jeune femme. Elle est actuellement employée comme Marketing and Communications Specialist dans une firme privée. 

Selon elle, le budget du ménage a augmenté de Rs 1 000 à Rs 2 000, voire plus. Avec la cherté de la vie, Reecha Ramoo est d’avis qu’il faut faire des sacrifices. « Une simple sortie peut être de l’ordre de Rs 4 000 et Rs 5 000, si l’on tient compte du coût de l’essence, de la nourriture ou d’autres achats. Et si l’on parle de la vie quotidienne, même aller au bureau tous les jours coûte cher, notamment à cause du prix de l’essence », déplore notre interlocutrice.  Selon elle, il arrivera un moment où un seul emploi ne suffira plus à absorber les coûts.  « Il faudra alors penser à trouver un autre moyen de revenu subsidiaire », dit-elle.

La jeune femme pense que la compensation salariale doit prendre en compte tous les éléments qui impactent le coût de la vie et refléter réellement l’augmentation qui affecte la vie de tous au quotidien. « Surtout le prix du carburant, qui malgré la baisse des prix au niveau du baril, reste cher à Maurice. Cela impacte la majorité des secteurs d’activité », conclut-elle.

 

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