Commission d’enquête sur la drogue : les cartes SIM des étrangers entre les mains des trafiquants
Par
Ashwin Kanhye
Par
Ashwin Kanhye
Elle figurera parmi les recommandations de Paul Lam Shang Leen. Les cartes SIM, figures incontournables du trafic de drogue, connaîtront des modifications lors de l’enregistrement et après le départ des étrangers.
Il existe bel et bien une mauvaise utilisation des cartes SIM. Telles sont les conclusions de Paul Lam Shang Leen après les travaux de la Commission d’enquête sur la drogue. Ce sont les cartes SIM utilisées par les touristes et travailleurs étrangers qui atterrissent dans les mains des trafiquants ou de leurs complices.
« The itemized bills obtained from the service providers, in respect of cell phones and SIM cards secured from prisoners, contained many mobile numbers which are registered on the name of foreigners, mainly Bangladeshi Nationals. Most of these foreigners had more than ten SIM cards registered on their names and many had already left the country, but their SIM cards are still active », souligne la Commission. Qui plus est, elle précise :
« According to information received, these SIM cards had been sold expensively to drug traffickers to be used on black phone as to remain incognito, whilst contacting their confederates in prisons or at large. »
La Commission souhaite que les opérateurs téléphoniques apportent un changement lors de l’enregistrement et après le départ des étrangers.
Recommandation : il faut un formulaire d'inscription pour une carte SIM. Plusieurs cartes SIM ne pourront être enregistrées sur un seul formulaire. Si un client achète deux cartes SIM, il devra remplir deux formulaires. La Commission réclame une restriction sur le nombre de cartes SIM vendues aux étrangers et elles doivent être renouvelées durant leur séjour à Maurice, au cas contraire elles seront invalidées. Le Passport & Immigration Office (PIO) doit veiller que les cartes SIM soient détruites, une fois que ces étrangers quittent le territoire mauricien. Le PIO sera invité à travailler avec les opérateurs téléphoniques.
Par ailleurs, une carte SIM d’un attaché d’une ambassade étrangère à Maurice a été régulièrement en communication avec le prisonnier Louis Jimmy Marthe, impliqué dans plusieurs trafics de drogue. Les renseignements obtenus par la commission des fournisseurs de service démontrent qu’il y a eu plusieurs appels téléphoniques internationaux dans le cadre du trafic de drogue. Plusieurs numéros internationaux ont été découverts dans l’annuaire téléphonique des prisonniers.
La Commission recommandera plusieurs changements dans divers secteurs, notamment à Rodrigues où un plant de gandia avait été trouvé dans l’enceinte de l’aéroport. Des recommandations seront également faites dans le milieu scolaire où 46 cas de consommation ont été recensés dans 25 collèges de 2014 à 2016. Le département des Bois et Forêt devra aussi se renforcer pour combattre les cultivateurs de gandia. Les 113 officiers du Forestry Service ne suffisent pas à parcourir et contrôler 21 000 hectares de forêts. 80 % des plantations de gandia se trouvent dans la forêt et les champs de canne. Le volet de la réhabilitation des toxicomanes sera abordé dans le rapport.
Du 4 novembre 2015 au 14 mars 2018, Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs, Sam Lauthan et Ravin Domun, ont auditionné 317 personnes à Maurice et à Rodrigues. Les auditions étaient particulièrement animées avec les dépositions des politiciens La partie réservée aux avocats était également mouvementée, surtout l’audition de Me Raouf Gulbul. Les condamnés Peroomal Veeren et Siddick Islam avaient eux aussi attiré la foule. Le témoin mystérieux avait gardé tout le monde en haleine lors de ses trois auditions.