Commerce : appel à une libéralisation de l’importation des pièces et médicaments
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
La Dealers in Imported Vehicles Association plaide pour la libéralisation de l’importation parallèle des pièces détachées, des médicaments et d’autres produits afin de stimuler la concurrence et réduire les prix.
Le président de la Dealers in Imported Vehicles Association, Zaid Ameer, accompagné d’une dizaine de membres de l’association, a rencontré, il y a quelques jours, le ministre du Commerce pour défendre une révision de la politique d’importation à Maurice. Au cœur des discussions: la libéralisation de l’importation parallèle des pièces détachées, mais aussi des médicaments et de certains produits de consommation courante.
Selon Zaid Ameer, le modèle actuel favorise des situations de monopole sur plusieurs segments du marché, ce qui pénalise directement les consommateurs. L’association plaide ainsi pour l’ouverture du marché à des circuits d’importation alternatifs, déjà en vigueur dans plusieurs économies développées. « Nous demandons une révision de la position du gouvernement concernant l’importation parallèle des pièces détachées, des médicaments et des produits de consommation », affirme Zaid Ameer. Il cite notamment plusieurs exemples internationaux. « Ce modèle existe déjà à Singapour, à Dubaï et en Angleterre. Cela apporte davantage de concurrence et permet aux consommateurs de réaliser jusqu’à Rs 2 000 d’économies », dit-il.
Le président de l’association insiste particulièrement sur les différences de prix observées sur certains produits essentiels, notamment les pièces automobiles et les médicaments. Il dénonce des marges importantes qui, selon lui, ne se justifient pas toujours par les coûts réels d’importation ou de distribution. Il évoque par exemple des pièces automobiles dont les prix peuvent varier fortement selon les circuits d’approvisionnement. « Une pièce vendue à Rs 3 900 peut être proposée jusqu’à Rs 20 000 dans certains cas », souligne-t-il, en appelant à une meilleure régulation des prix par l’introduction de la concurrence. Il cite également le cas de certains médicaments dont le prix aurait fortement augmenté au fil des années, passant de quelques dizaines de roupies à plus de mille roupies aujourd’hui.
Pour Zaid Ameer, le problème principal réside dans la structure du marché, qu’il qualifie de trop concentrée. Selon lui, certaines importations seraient contrôlées par un nombre limité d’acteurs, ce qui limite la concurrence et entraîne une hausse artificielle des prix. « Quand on parle de monopole, le consommateur est désavantagé », fait-il ressortir, estimant que l’ouverture à l’importation parallèle permettrait de rééquilibrer le marché.
L’association indique avoir déjà soumis un rapport aux autorités et attend désormais une décision politique. « Le ministre du Commerce nous a fait comprendre que les propositions seront examinées plus en détail. Le dossier sera discuté au Conseil », explique-t-il.
Le président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), Suttyhudeo Tengur, accueille favorablement l’idée de l’importation parallèle. « Tant qu’il y a une plus grande variété de produits à des prix compétitifs sur le marché, c’est dans l’intérêt des consommateurs », soutient-il. Il est d’avis que cette approche devrait s’appliquer aux produits de consommation, aux médicaments et aux pièces automobiles. « L’importation parallèle apportera certainement des bénéfices aux consommateurs. Donc, il faut laisser les marchés libres », ajoute-t-il.
Cependant, il reconnaît que la réforme pourrait rencontrer des résistances. « L’idée ne va pas plaire aux gros acteurs du secteur privé qui détiennent le monopole », souligne-t-il, évoquant aussi un possible lobbying contre le projet. Selon lui, « si le gouvernement veut soulager la population face à la vie chère, il doit laisser le marché libre ». Par ailleurs, Suttyhudeo Tengur insiste sur la nécessité d’un encadrement : « Il faut s’assurer que les normes soient respectées et mettre en place un cadre légal avec une autorité compétente pour surveiller ces importations. »