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Collision mortelle avec un camion : Yassen Inty rêvait encore de slalom…avant que la route ne l’emporte

Par Reshad Toorab
Publié le: 12 July 2026 à 19:30
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yasseen
Au volant de sa Honda EK3, Yassen vivait pleinement sa passion pour le sport automobile.

Quelques heures avant l’accident qui lui a coûté la vie, Muhammad Yassen Inty préparait encore son prochain slalom. Derrière le passionné de sport automobile, ses proches se souviennent d’un fils attentionné, d’un frère complice et d’un homme toujours prêt à aider.

Vendredi matin, Muhammad Yassen Inty avait encore des projets plein la tête. À 35 ans, il pensait déjà à son prochain rendez-vous avec ce qui le faisait vibrer depuis toujours : le sport automobile. Quelques jours plus tôt, il avait partagé, sur sa page Facebook La Course de champions, l’annonce d’une compétition de slalom prévue le 19 juillet au stade Anjalay Coopen, à Belle-Vue, un événement qu’il attendait avec impatience. Quelques heures plus tard, sa famille apprenait sa disparition…

Le drame s’est produit vers 13 heures, sur la NTR Quay D, à Fanfaron. Yassen circulait à motocyclette, lorsqu’une collision est survenue avec un camion. Il a été tué sur le coup.

Rien, pourtant, ne laissait présager que cette journée deviendrait celle d’une douleur immense pour la famille Inty. Avant de se rendre à la prière, Yassen était rentré chez lui à Calitus Road, Le Hochet, Terre-Rouge. Un détail anodin allait prolonger de quelques minutes son échange avec son père, Solayman, 67 ans. La bonbonne de gaz étant vide, il avait décidé d’aller en acheter une afin de pouvoir prendre sa douche. « Li dir mwa : “Papa, mo pou al aste gaz parski mo pa pou gagn delo so pou begne” », raconte son père.

Pendant que Solayman se rendait à la mosquée, Yassen est allé acheter la bonbonne de gaz, est revenu chez lui, puis a repris la route. 

Peu après, son père recevait l’appel qui allait bouleverser la famille. « Mo finn gagn nouvel ki Yaseen finn gagn enn grav aksidan. Cela a été vraiment dur… » Selon ses proches, Yassen se dirigeait probablement vers son lieu de travail, chez Engen à Quay D, où il occupait le poste de Machine Operator, lorsqu’il a été victime de l’accident.

Au domicile familial, il laisse derrière lui une absence que ses parents, Solayman et Nasreen, 63 ans, ainsi que sa sœur Aanesa, 31 ans, peinent encore à accepter. « Mon fils était quelqu’un d’exceptionnel. Il était respectueux et il avait un grand coeur. Il était toujours prêt à aider les gens », confie son père.

Solayman décrit un fils attaché aux siens, discret mais profondément apprécié par ceux qui avaient croisé son chemin. Un homme qui trouvait aussi son équilibre dans une autre grande famille : celle des passionnés de mécanique et de sport automobile. « Mo garson ti touzour okipe avek preparasion so loto avek so bann kamarad ki pasione par lakours otomobil », raconte-t-il. C’était un univers dans lequel il avait construit des liens, des souvenirs et des amitiés.

Une passion qui remontait à l’enfance

Depuis son plus jeune âge, Yassen vivait au rythme des moteurs. Il avait commencé par les rallyes moto avant de se tourner vers les voitures. Avec ses amis, il passait de nombreuses heures à préparer sa voiture et à participer aux compétitions.
Sa Honda EK3 était bien plus qu’une voiture. C’était le fruit de nombreuses heures passées à préparer, ajuster et perfectionner une machine qui lui ressemblait, privilégiant l’authenticité plutôt que la recherche de puissance.

Malgré les contraintes financières liées au sport automobile, il n’avait jamais abandonné cette passion. Quelques heures seulement avant sa disparition, il préparait encore son prochain défi.

Pour sa sœur Aanesa, certains souvenirs de cette journée resteront gravés à jamais. « Avant de quitter la maison vendredi matin, il avait donné un nouveau T-shirt à maman pour qu’elle me le remette. Il lui avait aussi offert un chocolat avant de partir », raconte-t-elle.

Aanesa était au travail lorsqu’elle a remarqué plusieurs appels manqués de ses parents. Lorsqu’elle a rappelé son père, celui-ci lui a demandé de rentrer rapidement : son frère avait eu un accident. Peu après, un ami de Yassen l’a également contactée. Elle s’est immédiatement dirigée vers le lieu indiqué, mais la route était déjà bloquée. « On m’a demandé d’aller à l’hôpital Jeetoo. C’est à la morgue que j’ai compris que j’avais perdu mon frère pour toujours », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, la famille Inty tente d’apprendre à vivre avec cette absence brutale. Pour ses proches, Yassen restera avant tout un homme attaché aux siens, un frère complice, un fils attentionné et un passionné qui trouvait dans les moteurs une source de bonheur.

Vendredi dernier, sur une route de Fanfaron, une famille a perdu un fils, un frère et un ami. Mais pour ceux qui l’ont connu, Muhammad Yassen Inty restera surtout celui qui, quelques heures avant de disparaître, préparait encore une prochaine course avec la même passion qui l’avait accompagné toute sa vie.

Commentaires déplacés : la famille appelle au respect

Après l’accident, certains commentaires publiés sur les réseaux sociaux ont également profondément blessé les proches de la victime. Aanesa souhaite rappeler l’importance du respect envers les familles endeuillées. « Li blesan kan dimounn poste bann komanter san pans la fami. Sirtou pou mo mama, sa fer bokou lapenn », dit-elle.

Elle lance un appel à davantage de retenue : « Si sa dram-la ti ariv zot ou enn mamb zot fami, zot ti pou konpran nou soufrans. »

Le chauffeur du camion placé en détention

La collision n’a laissé aucune chance à Yassen. À l’arrivée des secours, le médecin du Samu, le Dr Arassen, n’a pu que constater le décès du motocycliste sur place. L’autopsie pratiquée par le Dr Chamane, Principal Medical Officer, a attribué la cause du décès à de graves traumatismes crânio-cérébraux (craniocerebral injuries).

Le chauffeur du camion, un habitant de 9e Mille, Triolet, âgé de 49 ans, a été soumis à un alcootest qui s’est révélé négatif. Il a été placé en détention dans le cadre de l’enquête. 

Les policiers disposent également d’images provenant d’une caméra du réseau Safe City, qui a capté partiellement la scène avant l’impact. Ces éléments devront permettre aux enquêteurs d’établir les circonstances exactes de l’accident.

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