Explik Ou Ka

Collectivités locales : zoom sur la ville de Quatre-Bornes

Avec environ 85 000 habitants, la ville des fleurs connaît en ce moment des changements majeurs. Dans le cadre des émissions spéciales Explik ou Ka autour des collectivités locales, l’équipe vous propose une incursion à Quatre-Bornes. En poste depuis juin 2019, le maire de la municipalité de Quatre-Bornes, Nagen Mootoosamy, répondait aux questions des auditeurs. Il était l’invité de Ziyad Issack et de Priscilla Sadien, le jeudi 11 février. 

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Nagen Mootoosamy, maire de Quatre-Bornes.

Metro Express, Urban terminal ou encore d’autres grands chantiers sont quelques projets qui retiennent l’attention en ce moment dans la ville des fleurs. « Je dirai d’emblée que toute métamorphose connaît des difficultés, et justement, en ce moment, à Quatre-Bornes, nous sommes en train de transformer la ville et le produit final sera unique à Maurice. Nous avons beaucoup d’ambitions et de projets pour la ville et j’en suis fier. La ville de Quatre-Bornes deviendra une ville modèle », affirme Nagen Mootoosamy. 

Il ajoute qu’il y a, actuellement, plusieurs chantiers à Quatre-Bornes, dont les principaux : le Metro Express et l’Urban Terminal. « Je tiens à préciser que tous ces projets vont redynamiser la ville de Quatre-Bornes. Ce sont des projets qui vont y apporter une masse de personnes et ce sera un plus pour les commerces. La ville se situe au milieu de toutes les autres villes. Tout le monde traversera par Quatre-Bornes de Curepipe à Port-Louis et vice-versa. Des personnes qui ne passaient pas par Quatre-Bornes le feront désormais avec le Metro Express », ajoute-t-il. 

Toute métamorphose connaît des difficultés, et justement, en ce moment, à Quatre-Bornes, nous sommes en train de transformer la ville et le produit final sera unique à Maurice.»

Il tient humblement à présenter ses excuses, dit-il, pour les dommages collatéraux autour de ces chantiers. « Avec un projet de cette envergure, nous savions que nous aurions eu certaines difficultés. Je tiens aussi à remercier les automobilistes : nous avions fait un appel à la courtoisie car nous savions que la police, seule, n’aurait pas pu y arriver. Nous avons besoin du soutien de tout le monde. Je suis content de constater que les automobilistes qui transitent par Quatre-Bornes se montrent patients, ils laissent sortir les voitures, attendent leur tour même quand il n’y a pas de policiers ». 

Il est convaincu que le Metro Express va décongestionner la ville des fleurs. « Beaucoup de gens sont confus et croient qu’en enlevant deux routes, il est impossible que la ville soit moins congestionnée. Cependant, ils oublient de prendre en considération qu’il y a le projet de Hill Crest Interchange qui va aboutir dans les mois à venir. Cet échangeur permettra d’entrer dans la ville de Quatre-Bornes par une deuxième entrée via Hill Crest et c’est de même pour sortir. Nous leur offrons donc une nouvelle option ». 

Pour le maire de Quatre-Bornes, le projet de Metro Express est l’occasion d’améliorer la ville à différents niveaux. « Il faut savoir que nous n’avons pas de fils électriques qui passent sur nos têtes, par exemple, nous avons tout fait passer sous terre. En même temps, nous avons amélioré les drains pour au moins vingt ans. C’est inconcevable d’avoir un joli métro alors que tout ce qu’il y a aux alentours laisse à désirer. Il y aura donc des trottoirs, des fleurs, un projet d’embellissement en général ».


Metro Express : où en est le projet ? 

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Le projet Metro Express dans la ville de Quatre-Bornes se déroule en deux phases, explique le maire. « Le projet 2A concerne la connexion entre Rose-Hill et Quatre-Bornes. Il est prévu que cette partie soit complétée en avril. Le tronçon de la municipalité de Quatre-Bornes à Rose-Hill, sera alors opérationnel ». La partie 2 sera terminée fin 2022, selon lui. Il explique que le métro engendra des modifications sur la route. « Il y aura des feux de signalisation, des panneaux, évidemment, avec de nouveaux systèmes. Nous observerons aussi toutes les mesures sécuritaires. Il y aura certainement du changement au niveau de la route principale, mais la sécurité sera renforcée ». 

L’Urban Terminal 

Selon le maire, le projet d’Urban Terminal est en bonne voie. « Nous discutons encore de certaines modalités. Nous avons l’ambition de venir avec des développements au-dessus du marché, à la Newton House et à la gare de bus pour donner un renouveau à la ville. Il faudra bien sûr attendre l’avis du promoteur qui pourra nous dire si d’un point de vue technique c’est possible. Nous voulons aussi construire des passerelles. Nous avons d’autres idées, comme avoir une salle de conférences, par exemple. Nous voulons faire de Quatre-Bornes une ville du futur ». Le budget n’est pas encore connu pour le moment, ni le promoteur. Le projet sera finalisé très prochainement. 

Le Newton Square 

Les commerçants de Newton Square ont été sommés d’évacuer les lieux. La maire explique qu’ils ont été informés de ce qui se fait. « Je crois dans le dialogue et je peux vous dire que nous avons eu une première réunion avec tous les commerçants afin de les écouter. Nous avons pris note de toutes leurs appréhensions, leurs propositions et nous allons en discuter avec toutes les personnes concernées. Je ne veux pas que qui que ce soit perde son emploi et nous allons devoir trouver une formule pour venir en aide à ces personnes ». Il avoue cependant que pour le moment, il n’y a pas de plan de relocalisation. « Nous allons en discuter. Ce sont des citadins de Quatre-Bornes et en tant que maire, c’est mon devoir de m’en occuper ».

Le marché de Quatre-Bornes 

Certaines doléances ont été rapportées, dont une chaleur insupportable en ce moment. Le maire concède qu’il y a certains problèmes. « Il y en a partout. Dans toutes les maisons, par exemple, il se peut qu’un appareil ne fonctionne pas, mais il est vrai que pour le remplacer ou le réparer, c’est bien plus facile quand il n’y a pas les procédures imposées sur une mairie pour le faire. Une fois que nous recevons les plaintes, nous faisons en sorte de trouver des solutions le plus vite possible ». En ce qui concerne la chaleur, il avance que cela avait été pris en considération au moment de la construction du marché. « Nous avons fait des ouvertures sur tous les côtés. Sans vouloir blâmer qui que ce soit, nous voyons qu’au marché de légumes, par exemple, les lieux sont bien aérés, cependant du côté des vêtements, ce n’est pas le cas. Souvent, malheureusement, les vêtements sont exposés en hauteur et cela empêche une bonne ventilation. Il ne faut pas dépasser une certaine hauteur. Nous ne sommes pas répressifs, mais il faut que tout le monde comprenne ». 

Quant aux toilettes payantes, il explique que cela fait suite à certaines incivilités. « Quand quelque chose est gratuit, certaines personnes ne prennent pas la peine de l’utiliser comme il se doit. Quelques personnes ne manqueront pas de le casser. Chaque semaine, de manière répétitive, nous recevons des plaintes qui dénoncent que les toilettes sont sales ou les robinets cassés, et nous dépensons beaucoup d’argent pour les toilettes publiques. Ce n’était pas possible de continuer ainsi, surtout que la ville de Quatre-Bornes est très fréquentée par les touristes ». À savoir que le montant à payer est de Rs 10, mais qu’un tarif spécial a été approuvé pour les maraîchers, soit une somme de Rs 25 pour la journée. Le maire estime que les habitants sont satisfaits de ces toilettes.  


Les projets de drains dans la ville 

Le maire explique que des travaux de drains sont entrepris de façon continue. « Le nettoyage se fait sur une base régulière. À ce jour, nous avons complété 90% du nettoyage de drains dans la ville. Le Premier ministre a dit qu’il faut utiliser les fonds à bon escient. Les caisses de la municipalité ne sont pas remplies, donc nous avons une somme que nous pouvons utiliser pour ces travaux, même si avec la pandémie nous avons diminué les dépenses. Par exemple, nous avons coupé tous les frais de voyages. Nous devons travailler de manière plus efficiente ».

Questions des auditeurs  

Neermala : « À la rue Anthelme, il y a un canal et nous avons peur de tomber dedans ou qu’une voiture ne soit prise au piège. Cela nous inquiète beaucoup ». 
R : « Nous pouvons effectuer une visite pour voir ce que nous pouvons faire de différent et comment le sécuriser ». 

Devi : « Nous avons un problème concernant le yoga dans les centres, car il y a beaucoup de participants, soit 40 ou parfois 60 personnes. Ce n’est pas possible de faire du yoga avec autant de personnes, nous ne pouvons pas respirer. Sinon, en ce qui concerne les drains, à Résidence St Jean, je vois que certaines personnes ont planté dans un canal. Quand nous portons plainte, les inspecteurs ne viennent pas faire des visites. Les gens font ce qu’ils veulent, ils garent leurs voitures n’importe où. Je ne comprends pas comment des personnes obtiennent des permis pour faire ce qu’elles veulent. Je demande aussi au maire de voir du côté de Belle-Rose car certains habitants ne nettoient pas leur cour et les lieux sont infestés de rats ». 
R : « Nous délivrons tous les permis, mais il y a toujours des critères à respecter. Il y en a moins dans les endroits résidentiels, mais il y a des permis résidentiels comme pour un salon de coiffure, car c’est bénéfique pour les riverains et nous donnons la chance à ces habitants. Nous n’allons pas donner des permis de concasseuse ou de chantier. Nous faisons beaucoup de vérifications avant d’octroyer un permis. La demande doit être affichée et les habitants auront l’occasion de venir de l’avant pour contester l’activité proposée et nous prenons une décision par la suite ». 

Hossen : « J’habite près de l’école St Jacques et nous voyons que les voitures roulent trop vite à cet endroit. Nous demandons que des ralentisseurs y soient installés. Il y a aussi un drain qui fait beaucoup de bruits lorsque les voitures passent ». 
R : « En ce qui concerne les ralentisseurs, il faut faire une demande à la Traffic Management and Safety Unit et pour le drain, nous ferons le nécessaire ». 

Ismaël : « Un grand hall a été construit à Palma, mais jusqu’à ce jour, il est fermé. Et le centre social de Palma, qui devait être en rénovation, est toujours dans le même état ». 
R : « Nous avons eu beaucoup de difficultés avec la pandémie pour importer des équipements. Je peux vous assurer que cela sera fait d’ici le mois prochain ».


Inondation et accumulation d’eau à Résidences Martial : Rs 114 millions pour l’agrandissement du Canal anglais 

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« C’est ce canal qui empêche la ville d’être inondée», insiste Bobby Hurreeram, ministre des Infrastructures nationales, lors d’un site visit, mardi.

Afin de soulager les habitants qui souffrent de problème d’accumulation d’eau et d’inondation lors des grosses averses, plus de Rs 114 M ont été investies pour des travaux d’agrandissement du Canal anglais à Résidences Martial, à Port-Louis. Les travaux ont commencé en décembre dernier et prendront fin en novembre.

Il y a eu une visite des lieux, le mardi 16 février, à Canal anglais. Le vice-Premier ministre, Anwar Husnoo, le ministre des Infrastructures nationales, Bobby Hurreeram, et le Private Parliamentary Secretary, Ismael Rawoo, étaient présents. 

Ils ont fait ressortir que l’évacuation de l’eau de pluie à travers un meilleur système de drainage était essentielle pour la région, qui fait souvent face aux inondations. 

Bobby Hurreeram a souligné que ce projet est important pour la ville de Port-Louis. « C’est ce canal qui empêche la ville d’être inondée. Avec ces travaux, l’eau pourra être canalisée vers des rivières en cas de fortes pluies », indique le ministre des Infrastructures publiques. 

C’est la compagnie GIBB (Mauritius) Ltd qui a été recrutée comme consultant le 2 juillet 2019. L’appel d’offres a été lancé en août 2020 et c’est Super Builders Co. Ltd qui a été retenu en octobre 2020. Les travaux ont démarré le 1er décembre dernier et seront complétés le 30 novembre.

 

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