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Clôture de la 11e World Hindi Conference : la présentation d’une série de résolutions

Clôture de la 11e World Hindi Conference Photo souvenir lors de la clôture de la conférence.

Après deux jours d’intenses débats sur comment promouvoir l’hindi dans le monde, la 11e World Hindi Conference s’est clôturée lundi, au centre Swami Vivekananda, avec la présentation de plusieurs résolutions.

La cérémonie de clôture s’est déroulée avec les dignitaires présents pour l’évènement, notamment le ministre mentor sir Anerood Jugnauth, la ministre des Affaires étrangères Sushma Swaraj, le président (intérimaire) de la République Barlen Vyapoory, la ministre de l’Éducation Leela Devi Dookun-Luchoomun, le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo et plusieurs autres dignitaires indiens et mauriciens.

Avec un peu de retard, la cérémonie a commencé avec une chanson par des représentants du Indira Gandhi Centre for Indian Culture suivie d’une autre chanson pour la paix, cette fois, interprétée par le Kendriya Hindi Sansthan of India. Il faut noter que huit sessions parallèles à la conférence mondiale sur l’hindi ont eu lieu ces trois derniers jours au cours desquelles au moins une trentaine de résolutions ont été prises pour l’avancement de cette langue dans le monde.

Ainsi, il a été question de miser sur l’ère numérique pour toucher les populations du monde. On a adopté la résolution de développer un software plus performant avec correction grammaticale pour les textes composés sur différents supports, a dit un des intervenants. Et d’ajouter qu’une formation plus poussée dans les Smart Cities indiennes avec e-mail et SMS en hindi est à l’oeuvre. Des moyens, selon lui, disponsibles qu’en anglais dans la plupart des pays. Également prévues : des formations en cloud computing en hindi.

« Si un Indien ne parle pas hindi, il est une personne muette », a dit le Mahatma Gandhi, qu’a rappelé un des intervenants. Il a poursuivi en indiquant que le souhait est de faire de l’hindi la langue officielle du Lok Sabha (le Parlement indien).

L’enseignement de l’hindi dans les universités américaines pour permettre aux enfants d’expatriés de communiquer lorsqu’ils rendent visite à la famille en Inde, a fait valoir un des conférenciers. « Ils se familiarisent plus facilement avec la culture et la langue ancestrale ( l’hindi pur qui vient du sanskrit). Comme apprendre quand dire ‘Aap’ ou ‘Tum’ », a-t-il déclaré. Connaître l’hindi pourrait être une arme contre des attaques de la culture indienne, a-t-il ajouté.

Le Mauricien Suttyhudeo Tengur, personnalité bien connue chez nous, a proposé des résolutions accueillies avec des applaudissements. Un autre intervenant a souligné l’importance de proposer des publications attrayantes aux enfants et de leur inculquer l’hindi dès leur plus jeune âge. Il a déploré la qualité des publications actuelles et a parlé d’une nécessité de refresh course.


La pensée du président de la République de Maurice

Le président intérimaire de la République de Maurice, Barlen Vyapoory, invité d’honneur à la conférence, a prononcé le discours de clôture. Il a loué ce que l’ancien Premier ministre indien, Atal Bihari Vajpayee, a fait pour l’avancement de l’hindi. La décision du Premier ministre de nommer le Cyber Tower, à Ébène, au nom de l’ex-PM indien est un vibrant hommage. Il a dit que cette conférence est un succès et ne doute pas que tous les objectifs ont été atteints. En même temps, le président a dit apprécier ce qui a été publié dans un quotidien, lundi, par rapport aux vifs propos échangés sur la contribution du cinéma indien. Il abonde dans le sens des «opposants» qui affirment que les films  en hindi de nos jours ne reflètent pas la culture indienne sous son meilleur jour. Il a souhaité que les Nations unies acceptent l’hindi comme langue officielle vu le nombre de personnes qui la parlent, soit plus que la langue russe et arabe.

Présentation des awards

Après la présentation des résolutions, place à la remise des awards, les World Hindi Samman, à des dizaines de personnes, des étrangers comme des Mauriciens, qui ont contribué à l’avancement de l’hindi. Parmi le Dr Uday Narayan Gunjoo ou encore feu l’écrivain Abhimanyu Unnuth (représenté par sa veuve). Des awards reçus des mains de la ministre indienne des Affaires étrangères, du président de la République de Maurice et de la mairesse de la ville de Goa.


SAJ : «Le fait que le Hindi Secretariat a son siège mondial à Maurice dit tout»

Le ministre Mentor sir Anerood Jugnauth a pris la parole, lundi, pour souligner comment les coolies, venus à Maurice sous l’ère coloniale, ont apporté leur culture et se sont battus pour la préserver. Aujourd’hui, leurs descendants, dont lui-même, ont fait d’immenses progrès grâce à l’hindi. Cette langue, a-t-il dit, est l’âme de l’Inde. Il a exprimé sa fierté que rien n’a été négligé à Maurice pour garder cette langue vivante. « Le fait que le Hindi Secretariat a son siège mondial à Maurice en est la preuve. Tout comme on ne peut pas cacher le soleil, on ne peut cacher ce que Maurice a fait pour promouvoir l’hindi », a-t-il fait ressortir. Et d’ajouter  : « Le lien entre l’Inde et Maurice s’est resserré après la tenue de cette conférence mondiale ». Selon SAJ, Maurice fera davantage pour promouvoir l’hindi. « Mon souhait est que cette langue soit davantage apprise et parlée par les générations à venir. J’espère que chacun profitera de cette conférence », a-t-il conclu sous les applaudissements.


Leela Devi Dookun-Luchoomun : «L’hindi a un rôle important à jouer»

Madame la ministre, qu’a apporté cette conférence à l’hindi ?
La conférence a été un succès. Elle a mis en avant le sentiment que l’hindi a un rôle important à jouer. Et, il a été noté que ce sentiment est partagé par plusieurs pays. Avec les discussions intenses qu’on a eues, cela va provoquer une réflexion, pas seulement à Maurice, mais ailleurs et en Inde surtout. On note un grand engouement pour l’hindi à travers le monde. Les personnes honorées aujourd’hui viennent des quatre coins du monde. Cela en dit beaucoup. Aussi intéressant, c’est l’apport de la technologie aux langues en général. Avec l’évolution, on ne prend plus le temps d’apprendre une langue. La traduction est automatique avec les applications disponibles sur les téléphones portables. La technologie aidera à repositionner l’hindi à l’échelle mondiale.

Qu’en est-il du soutien recherché pour que l’hindi soit accepté comme une langue officielle par les Nations unies ?
Je pense que cette requête est légitime, vu le nombre de personnes à travers le monde qui parle hindi. Il n’y a pas que la diaspora indienne qui en a recours. L’hindi est enseigné dans les universités. Non seulement les étudiants développent une connaissance de la langue à l’écrit mais apprennent aussi l’oral.