Climat - Vassen Kauppaymuthoo : «La hausse de la température de la mer accentue la forte chaleur»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 9 février 2026 à 14:30
Image

La forte chaleur qui s’installe depuis plusieurs jours à Maurice commence à produire des effets sur le quotidien de la population. Températures élevées, humidité persistante et nuits difficiles composent un cocktail éprouvant, pour les personnes et pour les infrastructures. Cette situation, loin d’être anodine, suscite des inquiétudes croissantes chez les professionnels de la santé et les experts du climat et les autorités appellent à la vigilance.

Selon l’océanographe Vassen Kauppaymuthoo, la chaleur de ces derniers jours résulte de la combinaison de plusieurs facteurs météorologiques et océaniques. Elle s’explique notamment par la présence de zones de basses pressions, favorisées par la hausse de la température de l’eau de mer. « Le mois de février est connu pour être le mois le plus chaud de l’année, riche en systèmes de basses pressions et en phénomènes cycloniques. C’est aussi pour cette raison qu’on observe généralement peu de vent durant cette période », explique-t-il. Une situation qui limite le brassage de l’air et accentue la sensation de lourdeur, en particulier durant la nuit.

Humidité élevé

L’océanographe attire également l’attention sur un phénomène connu sous le nom de ‘wet-bulb effect’, qui accentue la sensation de chaleur ressentie par le corps humain. « Cet effet se produit lorsque la température réelle, par exemple 33 °C, est combinée à un taux d’humidité élevé, donnant l’impression qu’il fait plutôt 38 °C », précise-t-il. Ce ressenti extrême complique la régulation thermique du corps et peut avoir des conséquences directes sur la santé. Les personnes travaillant à l’extérieur, dans des conditions extrêmes, sont particulièrement exposées et doivent redoubler de vigilance. L’océanographe se veut toutefois modérément rassurant, espérant une amélioration progressive des conditions climatiques au cours de la semaine prochaine.

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à la prudence et rappellent l’importance d’adopter les bons réflexes afin d’éviter des complications médicales parfois graves. Selon Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé publics, le mois de février est traditionnellement le plus chaud de l’année. Ce qui rend la période actuelle particulièrement sensible. « Comme nous le savons, le mois de février est le mois le plus chaud de l’année et la forte chaleur qui persiste ces derniers jours peut avoir des conséquences sur notre santé si nous ne faisons pas attention », avance-t-il.

Le médecin insiste particulièrement sur les risques liés à la déshydratation, un phénomène souvent sous-estimé. Lorsque les températures augmentent, le corps transpire davantage afin de réguler sa température, entraînant une perte d’eau, mais aussi de sels minéraux essentiels. « Il est bien important de bien s’hydrater en buvant beaucoup d’eau, car lorsqu’il fait chaud, nous transpirons et nous perdons de l’eau, mais aussi des sels minéraux. Il est donc essentiel de remplacer cette eau », précise-t-il.

Au-delà de l’hydratation, le Dr Fazil Khodabocus rappelle que certaines précautions simples peuvent faire toute la différence en période de fortes chaleurs : planifier ses sorties, éviter les déplacements inutiles aux heures les plus chaudes, porter des vêtements légers en coton, utiliser un chapeau et appliquer une crème solaire.

Les coups de chaleur figurent parmi les dangers les plus sérieux associés à ces conditions climatiques. Ils peuvent provoquer des étourdissements, de la confusion, des maux de tête intenses, voire une perte de connaissance. « Il faut absolument éviter les coups de chaleur, surtout chez les patients cardiaques ou diabétiques. Les coups de chaleur peuvent être dangereux et nécessitent, dans la plupart des cas, une admission à l’hôpital. »

Quelle est votre réaction ?
0
0
0
Publicité
À LA UNE
defi quotidien