Classement mondial : Port-Louis occupe une très modeste 369e place
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
C’est loin d’être une bonne nouvelle. Madagascar, les Seychelles et La Réunion devancent Port-Louis au classement portuaire 2025. La sixième édition du Container Port Performance Index (CPPI) 2025, publiée par la Banque mondiale, confirme les difficultés structurelles du port de Port-Louis à se hisser parmi les ports performants de l’océan Indien. Selon les données du rapport publié récemment, Port-Louis occupe la 369e position sur 405 ports mondiaux évalués, soit un gain de trois places par rapport à l’édition 2023.
Sur le continent africain, le classement de Port-Louis est aussi particulièrement défavorable. Selon les données du CPPI 2025, parmi les 54 ports africains évalués, Port-Louis occupe la 40e position, se classant derrière des ports comme Toamasina (Madagascar, 225e mondial), Port Victoria (Seychelles, 287e) ou encore Casablanca (Maroc, 365e).
Les cinq ports en tête du classement mondial sont Fuzhou (Chine, 1er), Dalian (Chine, 2e), Salalah (Oman, 3e), Mawan (Chine, 4e) et Chiwan (Chine, 5e). Quatre des cinq premiers sont chinois, confirmant la suprématie des hubs d’Extrême-Orient. Ces ports se distinguent par des temps de rotation des navires constamment courts et une capacité à minimiser les temps non productifs.
Selon ce classement, la progression de Port-Louis demeure marginale. À titre de comparaison, le port de Toamasina (Madagascar) a connu une progression spectaculaire et devance désormais nettement Port-Louis, tandis que les Seychelles poursuivent une amélioration régulière. Le port de La Réunion, malgré un recul en 2025, conserve également une meilleure position que le port mauricien.
Ce n’est pas la première fois que les performances de Port-Louis sont pointées du doigt. En 2022, le port mauricien occupait la 327e place sur 348 ports, et la 372e position en 2023. La stagnation des performances de Port-Louis contraste avec les investissements massifs annoncés et les ambitions affichées de faire de Maurice un hub maritime régional.
Alain Malherbe, directeur d’une agence maritime, connu pour ses analyses régulières de la performance portuaire mauricienne, a réagi vivement sur sa page Facebook, mercredi, à la publication du rapport. Il appelle à une prise de conscience sur les limites de la stratégie actuelle.
« Les chiffres des trois dernières éditions montrent une évolution contrastée dans la région. Madagascar a réalisé une progression spectaculaire et demeure largement devant Maurice. Les Seychelles poursuivent une amélioration régulière. Même La Réunion, malgré un recul en 2025, conserve une meilleure position que Port-Louis. Pendant ce temps, Maurice est pratiquement à l’arrêt. En trois éditions du classement, Port-Louis n’a gagné que trois places, passant de la 372e à la 369e position », avance-t-il.
Pour Alain Malherbe, ce classement devrait susciter une réflexion sérieuse. « Les milliards de roupies qui seront injectés prochainement dans le développement portuaire propulseront-ils réellement Maurice vers un meilleur classement international ? L’histoire récente invite à la prudence. On peut construire les quais les plus modernes, acquérir les meilleurs équipements et investir des sommes considérables dans les infrastructures. Mais ce ne sont pas les infrastructures qui dirigent et exploitent un port, ce sont des femmes et des hommes. »
Des experts du secteur ont déjà souligné que l’implication d’un grand groupe portuaire international dans l’exploitation du terminal pourrait constituer une piste d’amélioration pour Port-Louis. D’ailleurs, le gouvernement travaille dans ce sens.
La Banque mondiale, dans son rapport, souligne que les ports de la région Afrique subsaharienne enregistrent généralement des temps d’escale plus longs en raison de structures commerciales dominées par les importations, de contraintes de capacité et d’une concurrence limitée. Port-Louis, malgré des atouts géographiques indéniables, subit ces contraintes structurelles.
Le rapport 2025 insiste également sur le rôle de la digitalisation dans l’amélioration des performances portuaires, soulignant que la capacité à partager des informations fiables en temps réel améliore la prévisibilité et réduit l’amplification des chocs.