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Cinq jours après le drame de Bel-Air - Saahil : «La police a failli dans sa tâche en tardant de venir porter secours à ma mère»

Saahil Les deux fils de la victime ont tenté vainement d’alerter les forces de l’ordre pour empêcher que leur m♪ère ne soit tuée.

Leur père a tué leur mère. Les deux fils se sentent abandonnés, malgré le fait qu’ils aient été placés par la Child Development Unit chez leur oncle à Pailles.

La vie de ces deux frères semble avoir basculé en une fraction de seconde. Saahil se pose toujours des questions sur le choix qu’il a fait le jour du drame. Il se demande s’il a bien fait d’accompagner son frère au poste de police pour chercher de l’aide pour sa mère ou s’il n’aurait pas dû rester chez eux pour la protéger.

« Mo santi mwa perdi e mo tenir sa bann polisye-la pou responsab. Si zot ti fer zot travay bien, zot ti capav inn sov lavi mo mama. Ni zot, ni mo papa mo pa pou pardone », ne cesse-t-il de répéter.

Quant à Nawful, 10 ans, il dira : « Mo anvi demann mo papa kifer linn touy nou mama. »

Il n’y a de pire douleur pour un garçonnet que celle de perdre sa maman, surtout quand il s’agit d’une mère attentionnée, remplie d’amour et de compréhension pour ses enfants. L’histoire de Saahil, 14 ans, étudiant en Grade 9, et de son frère Nawful, qui est encore au cycle primaire, a choqué la population. Si, comme dans beaucoup de foyers, la violence domestique est monnaie courante, depuis le mardi 10 septembre, le récit accablant de ces deux frères laisse à réfléchir sur les dégâts causés par ce fléau social.

Saahil fêtera ses 15 ans le 20 septembre

Depuis mardi, les deux frères sont venus s’installer chez leur oncle Nayaz, 46 ans, à Morcellement Les Guibies, à Pailles. Hier après-midi, nous avons rencontré Saahil qui nous explique que lui et son frère ont le soutien de leurs proches et qu’ils ont reçu la visite d’un psychologue de la CDU. Ils nous confie que le vendredi le 20 septembre il aura 15 ans et que sa mère avait déjà commencé à préparer cet anniversaire. Ils devaient sortir durant le week-end pour acheter des vêtements et d’autres objets en prévision de cet anniversaire.

Sa mère laisse un grand vide dans leur cœur. « Zamé mo pa pou pardonn mo papa.  Li pa fine penss so zenfant kan li fer sa, ki pou lavenir so zenfant », dit Saahil en s’efforçant de retenir ses larmes.

Rappelons que la maman, Shabneez Mohamud, 33 ans, a été tuée, le mardi 10 septembre, à son domicile à Morcellement Roy, Bel-Air, Rivière-Sèche, par son époux Nasureedhin Mohamud, 38 ans, à la suite d’une énième dispute conjugale. La maman a eu le temps de demander à ses enfants d’aller chercher de l’aide au poste de police de la localité. Mais à l’arrivée des policiers, la femme avait déjà rendu l’âme.

Selon certaines sources dignes de foi, les policiers auraient mis plus d’une heure pour répondre à cet appel de détresse.

Profitant de l’absence de ses enfants, Nasureedhin a étouffé son épouse jusqu’à ce qu’elle cesse de respirer. Il a ensuite pris la fuite, avant d’être arrêté par des effectifs de la Criminal Investigation Division de Bel-Air-Rivière-Sèche.

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