Ciblé par Hans Juliette à Goodlands - La victime : «Lafime pe leve anba, mo lipie vinn rouz…»
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Ciano Jean Noel ne verra plus jamais les après-midi de la même façon. Ce mardi 27 janvier, à la Résidence Sainte-Claire de Goodlands, le jeune homme de 22 ans profite d’un moment de tranquillité devant la porte de son beau-frère.
« Mo ti pe asize deor pe tay seve », se souvient-il. Rien ne laisse présager ce qui va suivre.
Le bruit d’un scooter. Hans Juliette, 25 ans, habitant à quelques mètres, passe à vive allure. Puis, ce geste furtif, presque irréel. « Li’nn pase nek zet enn zafer dan enn touk. Koumadir lasid. » Un liquide jaillit. Quelques secondes à peine, mais suffisantes pour que tout bascule. « Kouma li’nn zet sa lasid la li’nn ale. »
La brûlure est immédiate. « Lafime pe leve anba, mo lipie vinn rouz, mo figir. » La panique le saisit. Le jeune homme se rue à l’intérieur de la maison, le corps en feu. « Lasid mem sa. Li ti pe kime anba. Mo’nn al dan lasal-de-bin zet delo lor mwa. » L’eau froide, encore et encore, pour stopper les brûlures qui rongent sa peau.
Plus tard, à la Mediclinic de Goodlands, le diagnostic tombe. « Lasid-la pa sa pwisan-la, sinon lezo deor », lâche-t-il, conscient d’avoir échappé au pire. Mais pourquoi cette attaque si violente ? Ciano hésite, cherche ses mots. « Li ti rod bat mo tonton, li’nn rezinbe ar mwa, li pe rod vanzans », finit-il par expliquer.
Deux jours plus tard, jeudi matin, l’enquête mène les policiers jusqu’à Hans Juliette. Le jeune homme de 25 ans est arrêté et conduit au poste de police de Goodlands. Mais une fois sur place, selon la version policière, il tente de prendre la fuite. Les policiers se lancent à sa poursuite, le rattrapent.
Ce qui suit, un habitant du quartier le filme depuis sa fenêtre. Les images feront le tour de Facebook en quelques heures. On y voit Hans Juliette au sol, un policier au-dessus de lui, la matraque levée. Un coup. Deux. Trois. Les cris de douleur du jeune homme déchirent l’air. Les coups continuent. Quatre, cinq, six. La matraque s’abat, encore et encore. Quatorze fois au total.
La vidéo embrase les réseaux sociaux. Dans le quartier, les réactions sont partagées entre ceux qui rappellent la gravité de l’attaque à l’acide et ceux qui s’indignent de la brutalité de l’arrestation. Mais pour François, le père de Hans Juliette, il n’y a pas de débat possible. « La police doit faire son devoir et non donner des coups. Ils ont frappé mon fils comme un animal », lâche-t-il, la voix tremblante de colère et de douleur.
Du côté de la police, la cellule de presse affirme que les procédures ont été respectées lors de cette arrestation.